Sangalaki Island. Bornéo, Indonésie, juillet 2013.
L'île de Sangalaki. (Bornéo, Indonésie, juillet 2013)

Sangalaki et Maratua : tristesse et déception

  Bornéo : Indonésie + Malaisie - juillet 2013

Tout n’est pas que fonds multicolores, dans l’archipel de Derawan… Autrefois réputées, les îles de Sangalaki et Maratua ne sont plus, en 2013, les fabuleux spots de plongée qu’elles étaient.

Sangalaki sans les raies-mantas

Il y a quatre ans, en juillet 2009, j’avais accompli une première fois le long voyage jusqu’à l’archipel de Derawan, sur la côte orientale de Bornéo, pour voir les raies mantas de l’île de Sangalaki.

La rencontre avec ces gracieuses géantes, à l’époque, était quasiment certaine, en snorkeling (palmes-masque-tuba) comme en plongée-bouteille. Je peux en témoigner, du moins pour la période de juillet, quand j’y étais. Les raies mantas vivaient là, autour de l’île.

Raie manta à Sangalaki (Bornéo, Indonésie, juillet 2009).
Raie manta à Sangalaki (Bornéo, Indonésie, juillet 2009).

D’autres voyageurs m’avaient fait rêver et m’avaient décidée à entreprendre le périple :
→ Rêves de mantas

Ayant suivi leurs traces, j’ai moi aussi conservé un souvenir ébloui de Sangalaki. Le spectacle était magique. J’en ai parlé ici, dans ces posts, publiés en 2009 :
Les raies mantas de Sangalaki
Excursion à Sangalaki

Hélas, en 2013, il n’y a plus rien à voir. Les mantas de Sangalaki ont disparu.

😢

Sangalaki Island. Bornéo, Indonésie, juillet 2013.
L’île de Sangalaki. (Bornéo, Indonésie, juillet 2013)
Sangalaki Island. Bornéo, Indonésie, juillet 2013.
Sangalaki Island. Bornéo, Indonésie, juillet 2013.

J’avais déjà quelques craintes, en préparant ce nouveau voyage de 2013 dans l’archipel de Derawan…

J’étais tombée sur divers comptes rendus de plongeurs, sur internet, disant que Sangalaki ne présentait plus guère d’intérêt. Les chanceux ayant récemment rencontré une raie manta là-bas sont plutôt rares.

Sous l'eau à Sangalaki. Bornéo, Indonésie. Juillet 2009.Lors de ce séjour de juillet 2013, je n’ai fait qu’une sortie à Sangalaki. Mais même si j’en avais fait dix, je ne crois pas que j’aurais rencontré de raies mantas. Nos guides du Derawan Dive Lodge n’étaient pas trop pressants pour nous y emmener, sachant bien que nous serions déçus…

Nous avons en effet erré près d’une heure au-dessus du sable, des petites patates de corail et des débris de corail mort, en vain.

Je me suis donc contentée de « promener » mon 7D sous l’eau, pour pas grand-chose. Et faute de mantas, j’ai servi de modèle à un autre photographe sub – Bambang, un Indonésien très sympa, venu passer quelques jours de vacances dans le coin, avec sa femme et des amis.

Que s’est-il passé en quatre ans ? Pourquoi n’y a-t-il plus de raies mantas ? Nos dive-guides restaient évasifs au début, prétendant qu’on pouvait encore voir des raies mantas, quand il y avait du plancton… (Sauf que la dernière fois qu’ils en avaient vu une, cela remontait à près d’un mois et c’était depuis le pont du bateau.) Bref, ils ont fini par convenir que les mantas du coin avaient vraisemblablement toutes été pêchées, ou presque.

En fait, les raies mantas (et mobulas) sont victimes du récent engouement du marché chinois pour leurs branchies, qui sont considérées désormais comme un mets de choix – prétendument bénéfique pour la santé – au même titre que les ailerons de requins…

Petit résumé explicatif à lire sur 20minutes.fr :
Le soupe de raie manta pourrait causer l’extinction de l’espèce
Pour en savoir plus, vous pouvez visiter ces pages sur le site Mantatrust.org (en anglais) :
Gill Plate Trade
Manta Fisheries
À lire aussi, cet article récent sur le site Stopsharkfining :
Manta Rays in Trouble from Overfishing

C’est une chose de lire des articles sur l’extinction en cours des raies mantas. C’en est une autre d’en faire l’expérience concrète, à ma modeste échelle de touriste-plongeuse, sur le site de Sangalaki…

😠

Maratua Channel

Non loin de l’île de Sangalaki, l’archipel de Maratua est vraiment magnifique.

Je n’ai fait que prendre quelques photos de loin, depuis le bateau. Villages traditionnels avec maisons sur pilotis, va-et-vient des petites barques de pêche sur les flots azur… La vie semble bien paisible, ici.

Archipel de Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Archipel de Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Archipel de Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Archipel de Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Archipel de Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Mais j’ai été déçue par les fonds sous-marins de Maratua. On y trouve beaucoup de corail mort et assez peu de vie – à l’exception notable du bien nommé Turtle Point, où l’on rencontre à coup sûr et en grand nombre des tortues, parfois très grosses.

La fameuse passe de Maratua, traversée par un courant très fort – en principe gage de vie sous-marine abondante et de bancs de poissons frétillants – ne mérite plus son surnom de « Big Fish Country ».

En cause, la pêche à la dynamite – encore pratiquée aujourd’hui. Plusieurs fois, lors de nos plongées à l’île voisine de Kakaban, nous avons entendu des explosions sous l’eau…

Lors de ce séjour de 2013, j’ai fait six plongées à Maratua, très inégales et jamais exceptionnelles…

Parmi les belles rencontres : un minuscule banc de barracudas à queue jaune dont j’ai réussi à faire quelques photos (ci-dessous) ; un banc de barracudas un peu plus gros mais aperçu de trop loin, dans le bleu ; et un imposant banc de perroquets à bosse, dont j’ai capté tant bien que mal la progression en vidéo, dans un brouillard de sable et de débris soulevés par leur razzia sur le récif (je ne vous la mets pas ici, la qualité est vraiment pourrie).

Barracudas à queue jaune. Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Barracudas à queue jaune. Maratua, Bornéo, Indonésie. Juillet 2013.

Mais lors de nos plongées, pas de requins, pas de bancs de carangues, pas de tourbillons de poissons – rien d’exceptionnel question « gros ».

Bref, une grosse déception – y compris pour nos guides, qui semblait espérer mieux. Les rencontres spectaculaires sont peut-être encore possibles à Maratua, mais il faut sans doute avoir plus de chance que je n’en ai eu…

Je vous recopie ci-dessous ce que j’ai noté dans mon carnet de plongée, lors de mon ultime immersion au Maratua Channel : « Décevant. Rien. On est resté longtemps à attendre dans le courant froid, avec nos crochets, de voir quelque chose… Rien de rien. Juste une tortue en fin de plongée. »

Conclusion

Certes, je suis contente d’être retournée à Derawan, pour les tortues, pour l’incroyable lac aux méduses de Kakaban, et son tombant plein de vie.

Mais à des plongeurs en quête de sensations fortes et de grand spectacle, je dirais que Sangalaki et Maratua ne valent sans doute plus la peine d’accomplir un si long périple.

La pêche à la dynamite et la surpêche ont déjà causé de gros dégâts dans cette zone. Et ça ne va vraisemblablement pas s’arranger dans les années à venir…

😔

  Bornéo : Indonésie + Malaisie - juillet 2013

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