Les voir évoluer ainsi, tout près, c'est un spectacle extraordinaire... (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les voir évoluer ainsi, tout près, c'est un spectacle extraordinaire... (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

Les majestueuses raies-mantas de Sangalaki (et l’atroce piqûre de la raie pastenague)

  Bornéo [Malaisie et Indonésie] - juillet 2009

J’ai quitté Derawan et son archipel aujourd’hui. J’y ai réalisé ce rêve que j’avais depuis le début de ce périple indonésien à Bornéo : nager avec des raies-mantas, dans les eaux de Sangalaki !

De gracieuses géantes

Je vous livre quelques images de ces instants magiques… Ces gracieuses géantes sont puissantes, rapides. Il faut palmer sec pour ne pas les perdre de vue !

Les voir évoluer ainsi, tout près, c'est un spectacle extraordinaire... (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les voir évoluer ainsi, tout près, c’est un spectacle extraordinaire… (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

Au ras de la surface ou plus en profondeur, elles semblent plus aériennes qu’aquatiques. Elles planent et fendent l’onde d’un battement de nageoire, tendue comme une aile.

On peut facilement aller à leur rencontre, simplement en palmes-masque-tuba (PMT ou « snorkeling » en anglais), ou en plongée avec bouteille. J’ai testé avec bonheur les deux…

😉

Ajout du 25 octobre 2009 : j’ai publié un nouveau post sur les raies-mantas de Sangalaki, avec la vidéo montée → Excursion à Sangalaki. Je vous la remets ci-dessous aussi :

Nager avec les mantas en snorkeling

La première fois, c’était à partir d’un gros bateau doté de puissants moteurs, affrété par des pilotes et mécaniciens de la MAF (Mission Aviation Fellowship). C’est une organisation américaine chrétienne qui a des bases et des avions partout dans le monde. De vrais missionnaires, qui n’oublient pas de dire le bénédicité avant d’avaler leur nasi goreng (riz frit à l’indonésienne). Ils rallient par les airs les populations isolées, à des fins humanitaires et religieuses.

Basés à Tarakan, ils étaient tout un petit groupe, venus passer le week-end sur l’île de Derawan, avec femmes et enfants. Paul et Becky, mes compagnons de route anglais, sont tombés sur eux le jour de notre arrivée sur l’île. Les Américains nous ont gentiment proposé de profiter de leur bateau pour un trip snorkeling à Sangalaki. On a évidemment sauté sur l’occasion !

Je fais peu de snorkeling, et ce n’est pas du tout la même sensation qu’en plongée. Je suis moins bonne nageuse que plongeuse, et je me sens toujours un peu « nue », vulnérable, sans ma combinaison ni mon détendeur, à évoluer ainsi en surface, ballotée comme un petit bouchon par la houle. Nettement moins confortable pour les photos…

Les raies mantas sont faciles à observer en snorkeling. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les raies mantas sont faciles à observer en snorkeling. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

C’est un drôle de truc que de se jeter à l’eau, comme ça, juste avec son tuba, pour approcher les ailerons noirs qu’on voit jaillir dans l’écume entre deux vagues.

Mais alors… Quand on met la tête dans l’eau, quel spectacle ! Un vrai ballet.

Le tout, c’est de réussir à tenir le rythme, entre les voltes des mantas. Je vous livre ci-dessous des petites séquences vidéos brutes, que vous puissiez apprécier le « vol » majestueux de la bête.

Quand l’une d’elles décide de vous conserver dans la courbe de sa trajectoire et approche bien en face, gueule béante, tout à son festin de plancton, un petit frisson vous parcourt l’échine. Vous buvez la tasse dans votre tuba et cessez de palmer pour ne pas rompre le charme.

La belle poursuit son élan et vous esquive tout en souplesse, sans effort, vous offrant son ventre laiteux en guise d’au revoir.

Plusieurs raies mantas virevoltent près de la surface. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Plusieurs raies mantas virevoltent près de la surface. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les raies mantas nagent, gracieuses, juste sous la surface. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les raies mantas nagent, gracieuses, juste sous la surface. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
La bouche grande ouverte, elle filtre l'eau pour se nourrir de plancton. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
La bouche grande ouverte, elle filtre l’eau pour se nourrir de plancton. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les raies mantas passent et repassent... (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Les raies mantas passent et repassent… (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

Rencontre avec les mantas en plongée

La deuxième rencontre, plus furtive, s’est faite en plongée, quelques jours plus tard. J’étais sous l’eau en palanquée avec un moniteur de… ski, Philippe, et son fils Julien (je n’ai jamais rencontré autant de Français durant ce voyage qu’à Derawan !).

Nous avons croisé d’un peu trop loin, hélas, la route d’une énorme manta, toute noire, celle-ci. En vrai diable de mer, « cornes » roulées, elle n’a pas dévié de sa trajectoire, et poursuivi, impassible, son lent vol dans le bleu…

Nous avons eu de la chance de pouvoir admirer les raies mantas. Elles sont, paraît-il, moins nombreuses que par le passé. La semaine précédente, des touristes sont allés plusieurs fois sur le site sans en apercevoir une seule.

Piqûre de stingray

Enfin, cette si belle première journée à Sangalaki s’est achevée dans la douleur, pour moi. Une stingray (autrement dit, une bête raie pastenague à pois bleus très commune dans ces eaux tropicales, cousine miniature mais venimeuse des inoffensives grandes raies-mantas), planquée dans le sable, en bord de plage, m’a planté son aiguillon empoisonné dans le pied gauche alors que je regagnais le bateau.

J’avais pourtant mes bottillons de plongée et je marchais prudemment. Le dard est passé sur le côté du pied, près du petit orteil, juste au-dessus de la gomme de ma semelle.

Les gars qui gardent l’île depuis que le resort de Sangalaki est fermé ont apporté un baquet d’eau chaude pour soulager l’atroce douleur (ah… voilà qui me rappelle mes cours de Rescue).

Seul remède pour apaiser la douleur d’une piqûre de stingray : de l’eau très chaude. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Seul remède pour apaiser la douleur d’une piqûre de stingray : de l’eau très chaude. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Juste sous le petit orteil gauche, on aperçoit la piqûre laissée par le dard de la raie. Le côté gauche de mon pied est un peu enflé. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Juste sous le petit orteil gauche, on aperçoit la piqûre laissée par le dard de la raie. Le côté gauche de mon pied est un peu enflé. (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

Ensuite, j’ai serré les dents sur le bateau jusqu’au retour à Derawan. Ça ne se voit pas du tout sur la photo ci-dessous, mais j’ai mal, vraiment très mal.

Je fais la brave au milieu de tous ces Américains pleins de sollicitude, et je trouve même la force de grimacer un sourire et de lever les doigts comme les Indonésiens chaque fois qu’ils se font prendre en photo, mais ce retour a été une torture.

Je sais, ça ne se voit pas sur cette photo où je fais la brave, mais j’ai mal. Très mal… (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Je sais, ça ne se voit pas sur cette photo où je fais la brave, mais j’ai mal. Très mal… (Sangalaki, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

J’ai été l’attraction du jour, au village. Une gentille dame m’a transportée sur sa moto jusqu’au petit dispensaire, où le médecin, une jeune femme parlant parfaitement anglais, s’est occupée de moi.

Eau chaude, piqûre anesthésiante, incision pour nettoyer proprement l’intérieur de la plaie. Médocs pour éviter l’infection et interdiction d’aller dans l’eau pendant trois jours, le temps de cicatriser…

Convalescence… au sec !

Trois jours de repos forcé, donc, à regarder les tortues depuis le ponton, sans ploufs ni snorkeling… quel supplice !

Je suis obligée de rester au sec pendant trois jours pour que le pied cicatrice, et de me contenter d'admirer les tortues du ponton... (Derawan, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)
Je suis obligée de rester au sec pendant trois jours pour que le pied cicatrise, et de me contenter d’admirer les tortues du ponton… (Derawan, Bornéo, Indonésie, juillet 2009)

Mais je m’en tire bien. Mon pied a désenflé et repris un aspect normal. Marjolijn, une jeune Hollandaise qui fait ici sa thèse de doctorat (elle étudie les tortues de Derawan et nettoie même les bords de plage encombrés de déchets) a eu moins de chance que moi.

Il lui est arrivé la même mésaventure avant-hier. Sauf que le médecin n’était pas là. Et c’est l’assistant, moins doué, qui lui a charcuté le pied, avec moins de précautions. Sa blessure avait plus vilaine allure que la mienne… Les piqûres de raies pastenagues sont banales ici, ça arrive très souvent, aux îliens comme aux touristes.

Je lui ai filé ce qu’il me restait de compresses stériles. Nous avons tous pioché dans nos petites pharmacies de voyage pour lui permettre de désinfecter et calmer la douleur en attendant. J’espère qu’elle se remettra aussi vite que moi ! Finalement, c’est plus dangereux qu’il n’y paraît, les plages tropicales…

Ajout du 26.08.2009 : Marjolijn raconte, sur son blog, son calvaire… Mal soignée, elle s’est retrouvée avec une infection carabinée → About infections and stingrays

🙄

  Bornéo [Malaisie et Indonésie] - juillet 2009

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