Partout des couleurs et de la vie ! Que c'est beau, Cabilao ! (Philippines, février 2019)
Partout des couleurs et de la vie ! Que c'est beau, Cabilao ! (Philippines, février 2019)

Les belles surprises de Cabilao, petit joyau corallien

#Philippines

  Philippines : Cabilao + Balicasag [Panglao-Bohol] - février-mars 2019

Faire des bulles le long de tombants coralliens débordant de vie et de couleurs, quel bonheur  ! Aux Philippines, l’île de Cabilao est un vrai petit joyau sous-marin.

Cabilao, une petite île tranquille

Je vous ramène en février 2019, aux Philippines. Pour ce séjour, je n’ai que que deux semaines devant moi et j’ai décidé de consacrer la première à Cabilao, qui me fait de l’œil depuis pas mal d’années…

Cabilao, c’est une toute petite île de moins de 8 kilomètres carrés. De forme triangulaire, elle est située sur la côte nord-ouest de Bohol, dans le détroit de Cebu. C’est là  :

Cabilao vue du ciel. C'est l'île triangulaire, au premier plan. (Philippines, février 2019)
Cabilao vue du ciel. C’est l’île triangulaire au premier plan. (Philippines, février 2019)
Les sites de plongée de Cabilao. (Philippines, février 2019)
Les sites de plongée de Cabilao. (Philippines, février 2019)

Cabilao compte cinq villages et moins de 5 000 habitants, vivant principalement de la pêche, de l’agriculture et du tourisme. Contrairement à d’autres îles proches de Bohol, elle n’est pas reliée par un pont, si bien que l’endroit est resté assez tranquille.

Il y règne une ambiance paisible qui tranche avec la frénésie touristique d’Alona Beach sur Panglao, non loin de là, qui m’avait fait fuir lors de mon tout premier séjour aux Philippines en 2008

À part plonger, il n’y a pas grand-chose à faire sur Cabilao… Il y a un grand lac intérieur qui peut faire l’objet d’une balade, des tas de petites routes où il est facile de circuler à scooter, quelques hébergements touristiques et une poignée de resorts de plongée.

C’est l’île parfaite pour rompre avec l’agitation du monde… 👌

Ci-dessus  : l’une des petites routes de Cabilao, faciles à parcourir en scooter. Au petit port de Talisai, sur la côte sud-est, on est accueilli par les Dix Commandements. (Philippines, février 2019)

Des bangkas (ou bancas), bateaux traditionnels philippines à balanciers, font office de "ferry" entre Bohol et Cabilao. (Philippines, février 2019)
Des bangkas (ou bancas), bateaux traditionnels philippines à balanciers, font office de « ferry » entre Bohol et l’île de Cabilao. (Philippines, février 2019)
Les passagers de la bangka-ferry viennent de débarquer. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Les passagers du bangka-ferry viennent de débarquer à Talisai, sur la côte sud-est de l’île. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Sous le ciel gris, le lac et sa mangrove ont une allure un peu mélancolique. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Sous le ciel gris, le lac et sa mangrove ont une allure un peu mélancolique. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Le ponton sur le lac est plus que branlant... (Cabilao, Philippines, février 2019)
Le ponton sur le lac est plus que branlant… (Cabilao, Philippines, février 2019)
Le lac est un but de balade populaire. Je prends la pose avec un groupe d'étudiantes philippines venues comme moi se promener et admirer la vue. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Le lac est un but de balade populaire. Je prends la pose avec un groupe d’étudiantes philippines venues comme moi se promener et admirer la vue. (Cabilao, Philippines, février 2019)
La petite route à l'arrière du resort. (Cabilao, Philippines, février 2019)
La petite route à l’arrière du resort. (Cabilao, Philippines, février 2019)

Plonger sans trop de plongeurs autour de soi…

Après avoir fureté sur internet et lu des comptes rendus sur les forums de plongeurs (je vais souvent farfouiller sur Plongeur.com et Scubaboard.com pour préparer mes séjours), j’ai opté pour le Cabilao Sanctuary et son centre de plongée Cabilao Divers (situés juste à côté d’un autre resort souvent favorablement recommandé aussi, le Polaris).

Je me félicite d’avoir opté pour le premier (et je n’ai pas d’actions chez eux).

Je découvre que la clientèle y est plutôt familiale, si bien qu’il y a peu de plongeurs aussi mordus que moi (comprendre : enchaînant trois plongées par jour). Nous sommes donc très peu nombreux sur le bateau pour les sorties d’exploration (la plupart des autres clients font des baptêmes ou des formations) et par conséquent toujours en tout petit comité sous l’eau… 👌

Pour une plongeuse photographe comme moi (comprendre : qui ne supporte pas les grosses palanquées qui font fuir les poissons), c’est l’idéal. J’avoue, j’ai pris un malin plaisir à observer, de loin, les groupes qui s’entassaient chaque matin sur les bateaux du resort voisin.

Deux jeunes instructeurs français très sympas gèrent le centre Cabilao Divers durant mon séjour. Ils comprennent très bien mes attentes et j’apprécie la façon dont ils organisent les sorties : choix des sites presque à la carte au jour le jour (en fonction des conditions), palanquées de taille réduite et réparties par niveaux… Et, régulièrement, j’ai un des guides philippins, connaissant parfaitement les récifs de Cabilao, pour moi toute seule. Le luxe absolu à mes yeux  ! 🤗

Pour le reste, tout roule aussi. Il y a des chambres pour tous les budgets, une chouette petite piscine pour le dessalage post-plongée, une jolie terrasse face à la mer pour admirer le soleil couchant et le personnel est adorable. Détail qui ne gâche rien  : le management étant français, la bouffe servie au resto s’en ressent agréablement.

Les deux super guides philippins qui bossaient au Cabilao Dive Center pendant mon séjour. (Philippines, février 2019)
Les deux super guides philippins qui bossaient au Cabilao Dive Center pendant mon séjour. (Philippines, février 2019)
Jamais je n'ai réussi à porter moi-même mon appareil-photo jusqu'au bateau... Il y a toujours une main serviable qui se précipite pour m'aider. (Philippines, Cabilao, février 2019)
Jamais je n’ai réussi à porter moi-même mon appareil-photo jusqu’au bateau… Il y a toujours une main serviable qui se précipite pour m’aider. (Philippines, Cabilao, février 2019)
La terrasse était en train d'être repeinte, durant mon séjour. (Cabilao, Philippines, février 2019)
La terrasse était en train d’être repeinte, durant mon séjour. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Le resort est tourné vers l'ouest, les couchers de soleil sont chaque soir somptueux. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Le resort est tourné vers l’ouest, les couchers de soleil sont chaque soir somptueux. (Cabilao, Philippines, février 2019)
La jolie petite piscine, un peu allongée et déformée par le mode panoramique de l'iPhone. (Cabilao, Philippines, février 2019)
La jolie petite piscine, un peu allongée et déformée sur cette photo par le mode panoramique de mon iPhone. (Cabilao, Philippines, février 2019)

Ma « maison » pour la semaine, un bungalow tout simple… (Cabilao, Philippines, février 2019)

Le soir venu, les bernard-l’hermite sont en vadrouille et les geckos ont les yeux plus gros que le ventre… (Cabilao, Philippines, février 2019)

Du corail en pleine forme

Franchement, je m’attendais à des plongées au minimum « sympas » à Cabilao, mais je m’aperçois bien vite qu’on est carrément un cran au-dessus…

Dès la première plongée, au bien nommé Gorgonian Wall, je suis conquise. 😲 Il y a quelque chose de grisant et d’émouvant tout à la fois à contempler un paysage sous-marin aussi beau. J’en verserais presque une petite larme dans mon masque…

La bonne santé du corail, exubérant, varié, dense, fait tellement plaisir à voir !

Partout des couleurs et de la vie ! Que c'est beau, Cabilao ! (Philippines, février 2019)
Partout des couleurs et de la vie  ! Que c’est beau, Cabilao  ! (Philippines, février 2019)

Pour les photos d’ambiance au grand angle, j’ai donc de quoi bien m’amuser… Je découvre avec émerveillement d’énormes gorgones orange et roses, d’immenses tables d’Acropora s’étageant par paliers, des coraux mous pourpres et jaunes à profusion, d’impressionnantes éponges barriques… Et à chaque plongée ou presque, on croise une ou plusieurs tortues  ! Jour après jour, je suis subjuguée par les tombants coralliens de Cabilao. Devant ces parois verticales débordant de vie, le plus délicat à gérer, c’est la lumière du soleil pour les photos sous-marines, car celui-ci n’est pas toujours positionné à l’endroit idéal – selon l’orientation des sites, l’heure dans la journée, le sens du courant… Oui, j’ai de gros problèmes dans la vie… 😂

Côté photo macro, la petite faune habituelle sous ces latitudes présente ici une riche diversité d’espèces, que l’on soit mordu de nudibranches (limaces de mer), d’hippocampes pygmées, d’antennaires (aussi appelés poissons-crapauds ou grenouilles), de délicats poissons-fantômes ou de hideux poissons-scorpions… 😍 Impossible de s’ennuyer  ! Outre les tombants, il y a aussi quelques sites plus orientés « muck-dive » (plongée pour observer la petite faune planquée dans le substrat) sur fond de sable, avec herbiers et débris coralliens.

Je vous livre ci-dessous une petite sélection d’images, qui donnent un bon aperçu de ce à quoi l’on peut s’attendre en plongée à Cabilao.

Contrejour sur une double éponge barrique hérissée de protubérances. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Contrejour sur une double éponge barrique hérissée de protubérances. (Cabilao, Philippines, février 2019)

Le long des tombants, on peut admirer d’imposantes gorgones, roses, jaunes orange… (Cabilao, Philippines, février 2019)

Passion gorgones… (Cabilao, Philippines, février 2019)

Dérivante le long du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Dérivante le long du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
D'immenses tables de corail dur Acropora s'étagent le long du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
D’immenses tables de corail dur Acropora s’étagent le long du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Cette spectaculaire colonie d'Acropora a envahi tout l'espace sur cette portion du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Cette spectaculaire colonie d’Acropora a envahi tout l’espace sur cette portion du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Ambiance au sommet du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Ambiance au sommet du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Une imposante gorgone orange vif étend ses ramifications dans le courant. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Une imposante gorgone orange vif étend ses ramifications dans le courant. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Enchevêtrement de coraux, sur le sommet du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Enchevêtrement de coraux, sur le sommet du récif. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Toujours très photogéniques, les syngnathes arlequins ou poissons-fantômes (ghost pipe-fish, en anglais), vont souvent par deux, la tête en bas. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Toujours très photogéniques, les syngnathes arlequins ou poissons-fantômes (ghost pipe-fish, en anglais), vont souvent par deux, la tête en bas. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Les très recherchées crevettes de Coleman (Periclimenes colemani), espèce nommée ainsi en l'honneur du naturaliste australien Neville Coleman (1938-2012). On les trouve en couple, vivant en symbiose avec le redoutable oursin de feu qui les protège de ses piquants urticants. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Les très recherchées crevettes de Coleman (Periclimenes colemani), espèce nommée ainsi en l’honneur du naturaliste australien Neville Coleman (1938-2012). On les trouve en couple, vivant en symbiose avec le redoutable oursin de feu qui les protège de ses piquants urticants. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Un syngnathe, aussi appelé aiguille de mer ou pipe-fish en anglais, en chasse sur le substrat sableux. C'est un cousin des hippocampes. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Un syngnathe, aussi appelé aiguille de mer ou pipe-fish en anglais, en chasse sur le substrat sableux. C’est un cousin des hippocampes. (Cabilao, Philippines, février 2019)

Un mignon hippocampe pygmée bargibanti, cramponné à sa branche de gorgone aux polypes pourpre et un hippocampe pygmée denise. (Cabilao, Philippines, février 2019) Lire aussi → Timide comme un hippocampe pygmée

L’apogon doré, gueule fermée puis ouverte, révélant ses œufs qu’il couve dans sa bouche… C’est ce qu’on appelle l’incubation buccale. (Cabilao, Philippines, février 2019)

Ci-dessus, portrait en plan serré d’un poisson scorpion, et un nudibranche (limace de mer) qui se prend pour un taureau… (Cabilao, Philippines, février 2019)

Trop mignon, ce petit poisson-grenouille (antennaire) écarlate. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Trop mignon, ce petit poisson-grenouille (antennaire) écarlate. (Cabilao, Philippines, février 2019)
Ce poisson-grenouille géant est trop grand pour tenir dans le cadre de mon objectif macro... (Cabilao, Philippines, février 2019)
Ce poisson-grenouille géant est trop grand pour tenir dans le cadre de mon objectif macro… (Cabilao, Philippines, février 2019)
Un poisson-clown surveille ses œufs, qu'il vient "aérer" régulièrement avec ses nageoires. (Philippines, Cabilao, février 2018)
Un poisson-clown surveille ses œufs, qu’il vient « aérer » régulièrement avec ses nageoires. (Philippines, Cabilao, février 2018)

Quant aux requins marteaux qui évoluaient autrefois dans les eaux de Cabilao (et que certains tour-opérateurs de plongée osent encore parfois mentionner voire mettre en photo, pour appâter le client), pas la peine d’espérer en voir. Ils ont été massivement pêchés en 1999-2000 et leur population ne s’est jamais reconstituée. D’ailleurs, je n’ai pas vu de gros poissons dans les parages…

Les sites de Cabilao ont donc tout pour plaire aux plongeurs zens et contemplatifs, plutôt orientés « bio » (biologie), sachant apprécier la splendeur du corail et la profusion de petites bêtes aussi étranges que fascinantes. Mais ce n’est clairement pas un coin pour les amateurs de « gros » (même si, comme à Balicasag, pas très loin de là, on n’est pas à l’abri de croiser par hasard un bon gros requin-baleine de passage).

Des aires marines protégées

Bon à savoir  : il faut s’acquitter d’une petite taxe quotidienne pour pouvoir plonger à Cabilao, car l’île bénéficie de deux aires marines protégées (AMP). Une chance pour le corail et les poissons du coin. C’est sans doute grâce à elles que les récifs sont restés si beaux…

Les AMP sont en effet très efficaces pour préserver ou régénérer localement un écosystème sous-marin, que ce soit en Asie ou en Méditerranée. En plus, elles profitent aux eaux avoisinantes, les aidant à se repeupler, à s’enrichir en espèces et en biomasse  : c’est « l’effet réserve ». De quoi donner un vrai coup de pouce à la nature  ! Malheureusement, cela reste une goutte d’eau dans l’océan, face à ces trois pratiques très destructrices que sont la pêche à la dynamite, la pêche industrielle et la pêche aux ailerons de requins…

En Asie en particulier, la pêche à la dynamite a détruit quantité de récifs en quelques décennies. Bien qu’illégale désormais et très dangereuse, elle est encore pratiquée dans certains coins près des hauts-fonds coralliens. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois, en Indonésie et aux Philippines, notamment, d’entendre des explosions sous l’eau, lors de plongées… Terrifiant. Le son se propage sous l’eau sans qu’on puisse en identifier la direction ni la distance.

En haute mer, ce sont les navires-usines de la pêche industrielle, ceux de la Chine en tête, qui sont les plus dévastateurs. Ils continuent de vider littéralement l’océan, épuisant les stocks de poissons qui ne peuvent se reconstituer, sans parler de leurs innombrables prises dites « accessoires » (dauphins, tortues, et autres espèces commercialement inexploitables).

Enfin, il y a aussi le juteux shark-finning, c’est-à-dire la pêche aux ailerons de requins, destinée au marché asiatique, désastreuse pour les populations de squales, qui sont des prédateurs indispensables à l’équilibre des écosystèmes marins… Un océan sans requins, c’est la vie terrestre qui est menacée.

À ma modeste échelle de touriste plongeuse, j’ai eu la chance de découvrir de nombreux sites protégés, réserves et parcs marins, offrant des récifs magnifiquement préservés et pleins de vie. À Cabilao donc, ainsi qu’à Tubbataha et Balicasag aux Philippines, mais aussi à Sipadan en Malaisie, à Komodo et Raja Ampat en Indonésie…

Sur les forums de plongeurs ou de voyageurs, je lis parfois des commentaires de gens outrés de devoir payer une taxe pour accéder à certaines de ces aires marines protégées, en Asie ou ailleurs – certains se félicitant même d’avoir réussi à éviter de la payer… Pas de quoi se vanter. Une partie des sommes perçues sert à impliquer les populations locales dans la conservation de leur environnement et de leurs ressources halieutiques. Mais la sensibilisation et la bonne volonté ne suffisent pas. Sans moyens financiers, impossible de protéger une zone maritime du braconnage, du bétonnage, de la surexploitation ou de la pollution…

Ça frétille sur le récif... (Cabilao, Philippines, février 2019)
Ça frétille sur le récif… (Cabilao, Philippines, février 2019)

Mes précédents voyages plongée aux Philippines

Après Cabilao, j’ai choisi de rester dans le coin et de consacrer la deuxième partie de mon séjour aux sites de plongée accessibles à la journée au départ de Panglao  : en particulier l’île de Balicasag et le somptueux récif de Doljo. Je vous raconte ça dans un prochain post…

Ce séjour de février-mars 2019 est déjà mon cinquième voyage aux Philippines. Comme je l’écris souvent à ceux qui me demandent des conseils d’itinéraire, impossible de découvrir les multiples facettes de cet immense archipel et ses innombrables sites de plongée en une seule fois… Il faut faire des choix. Pour vous inspirer, voici mes précédents périples  :

  Philippines : Cabilao + Balicasag [Panglao-Bohol] - février-mars 2019

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