Vue sur l'archipel de Fam, depuis le viewpoint de Piaynemo. (Raja Ampat, Papouasie Occidentale, Indonésie, janvier 2015)
Vue sur l'archipel de Fam, depuis le viewpoint de Piaynemo. (Raja Ampat, Papouasie Occidentale, Indonésie, janvier 2015)

Raja Ampat : infos pratiques pour organiser son voyage

#Indonésie

  Indonésie : Bangka [Sulawesi] + Rao [Halmahera] + Raja Ampat [Papouasie] - juillet 2019

Je croule sous les mails me demandant des infos pour plonger à Raja Ampat ! Alors, j’ai tout compilé ici dans cet article. Mais attention, un voyage à Raja Ampat exige de se comporter en visiteur respectueux et responsable. Le tourisme, en plein essor dans la région, met en péril l’un des plus magnifiques réservoirs de biodiversité de la planète.

COVID-19. Quand pourra-t-on voyager en Indonésie au départ de la France  ? À la date où j’édite ces lignes, les touristes étrangers ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire indonésien et aux dernières nouvelles, les frontières de l’Indonésie ne rouvriront pas avant 2021. Le gouvernement indonésien préfère pour l’instant miser sur le tourisme intérieur  : Bali a rouvert le 31 juillet aux visiteurs des autres provinces (ou aux étrangers se trouvant déjà sur le territoire), Raja Ampat le 22 août.

1. Une région à préserver

Raja Ampat signifie « les Quatre Rois ». Composé de quatre îles principales (Waigeo, Batanta, Salawati, Misool) et d’une multitude d’îlots couverts de jungle, c’est un archipel situé dans l’extrême est de l’Indonésie, dans le Triangle de Corail de la zone Indo-Pacifique.

Ci-dessus, le « viewpoint » spectaculaire sur les îlots de Fam, emblématique des paysages de Raja Ampat… On aperçoit Otto, mon super guide de plongée papou, et ma binôme Sarah.

La nature y est encore relativement préservée, car ces îles sont lointaines et isolées, encore peu connues (même si c’est de moins en moins vrai). L’archipel de Raja Ampat est exceptionnel, pour sa beauté et sa biodiversité, sur terre comme en mer.

Mais le développement touristique de la région s’est accéléré ces dernières années, avec des conséquences désastreuses sur l’environnement. Présenté comme une « destination de rêve » aux touristes privilégiés que nous sommes, Raja Ampat est d’abord et avant tout un trésor naturel, qu’il faut préserver, protéger. Or il faut bien avoir conscience que chacune de nos visites a un impact sur cet écosystème unique et fragile…

Je vous invite à lire cet état des lieux dressé en 2020 par l’organisation non-gouvernementale (ONG) The Sea People – Orang Laut, qui détaille les dégâts causés notamment aux récifs coralliens par un développement touristique trop rapide et non-viable à Raja Ampat  : Récifs en péril

Snorkeling dans les eaux turquoise de Raja Ampat, devant le Kri Eco Resort. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)
Snorkeling dans les eaux turquoise de Raja Ampat, devant le Kri Eco Resort. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)
Vue sur l'archipel de Fam, depuis le viewpoint de Piaynemo. (Raja Ampat, Papouasie Occidentale, Indonésie, janvier 2015)
Vue sur l’archipel de Fam, depuis le viewpoint de Piaynemo. (Raja Ampat, Papouasie Occidentale, Indonésie, janvier 2015)

Mise à jour [2017]. Les craintes que je formulais ci-dessus ont trouvé une triste illustration avec un accident survenu le 4 mars 2017 dans les eaux de Raja Ampat : un gros navire de croisière touristique britannique, genre « immeuble flottant », le Caledonian Sky, a dévasté une petite portion d’un spot connu des plongeurs sous le nom de Cross Over, devant la côte nord-est de l’île de Kri… 😡 Ce genre de navire n’a rien à faire ici  ! Pour en savoir plus, je vous renvoie sur les liens ci-dessous  :

→ Indonésie : un navire endommage des récifs exceptionnels [fr]

→ Cruise Ship hits Crossover Reef : The Impact on the Reef [en]

→ Saving Raja Ampat waters with tourism [en]

Je suis pour ma part retournée en juillet 2017 à Raja Ampat, et j’ai plongé sur le site en question. Les dégâts, juste devant la plage (comment peut-on oser venir si près de la côte avec un si gros bateau  ?) ne concernent heureusement qu’une toute petite zone. Mais sous l’eau, l’endroit où le bateau a raclé et fracassé le récif, à quelques mètres de profondeur, est désormais tout gris et jonché de coraux morts. Le contraste est saisissant avec les récifs frétillants de vie tout autour.

2. Un peu de géographie

Vous avez du mal à situer Raja Ampat ? L’archipel fait partie de la province ou région appelée Papouasie Occidentale (ou Papua Barat en indonésien). C’est là :

C'est où, Raja Ampat ?

Petit rappel historico-politique : la moitié ouest de l’île de Nouvelle-Guinée, autrefois colonisée par les Néerlandais, a été annexée par l’Indonésie dans les années 1960. Les Indonésiens se sont comportés en envahisseurs et l’armée a commis des massacres. De nos jours, un mouvement séparatiste papou continue de mener des actions et les autorités indonésiennes n’hésitent pas à réprimer brutalement toute manifestation, même pacifique. Des émeutes ont éclaté au mois d’août 2019 en Papouasie Occidentale, à Manokwari, Sorong et Fakfak, notamment, après l’arrestation à Java d’étudiants papous indépendantistes, sur fond de tensions racistes : le gouvernement indonésien a alors coupé internet en Papouasie et envoyé un millier de soldats en renfort… En 2017, soit près de vingt ans après la tuerie de Biak (1998), les militaires et policiers indonésiens ont procédé à des arrestations de masse à Nabire et Sentani, tandis qu’une pétition pour la Papouasie Occidentale tentait la même année de faire entendre la voix des Papous sur la scène internationale. Je referme la parenthèse, mais quand on va là-bas en tant que touriste, il faut avoir conscience que la région est instable et pas tout à fait un « paradis » pour tout le monde…

La plupart des voyageurs accèdent à Raja Ampat via l’aéroport de Sorong, en face des îles. La ville compte environ 220 000 habitants, c’est un port minier et industriel, sans grand charme, où est bien visible l’un des fléaux qui touche particulièrement les eaux indonésiennes : la pollution par le plastique. (Sur ce thème, je vous invite à lire cet article, publié par Tara Expéditions après une escale de la goélette scientifique à Sorong fin décembre 2017 → Indonésie : l’océan suffoque sous le plastique)

Sorong est située sur le « bec » de la pointe occidentale de la partie indonésienne de la Papouasie, joliment surnommée « Péninsule de la tête d’oiseau » (Bird’s Head Peninsula en anglais) en raison de sa forme.

Quand on arrive à Sorong en avion, ça ressemble à ça :

La baie de Sorong, vue par le hublot de l'avion. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)
La baie de Sorong, vue par le hublot de l’avion. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)
Au-dessus de l'eau mangroveuse de la baie de Sorong, de nombreuses maisons sur pilotis. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)
Au-dessus de l’eau mangroveuse de la baie de Sorong, de nombreuses maisons sur pilotis. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)

À Wasai, sur Waigeo, la grande île au cœur de l’archipel de Raja Ampat, au large de Sorong, un second aéroport a été inauguré en mai 2012 (lire aussi ici : Raja Ampat gets a new airport). Dès 2014, il était apparemment possible de faire la traversée Sorong-Wasai par la voie des airs, via de petits coucous à hélices affrétés par la compagnie locale Susi Air. Mais en 2016, on m’a rapporté que l’aéroport Marinda de Wasai n’était pas vraiment opérationnel et ne servait que rarement, lors de visites officielles…

Wings Air (filiale de Lion Air) a tenté de lancer un vol Manado-Wasai, mais l’aéroport de Sorong ayant été agrandi et modernisé, celui de Wasai ne semble pas destiné à devenir la nouvelle porte d’entrée aérienne à Raja Ampat (ouf). La liaison de Wings Air appelée « Manado – Raja Ampat » que j’ai déjà aperçue sur les écrans d’information à l’aéroport a cumulé retards et/ou annulations depuis son lancement, et il semble même (info de 2018) qu’elle soit plus ou moins suspendue…

En revanche, l’aéroport de Sorong, lui, s’est métamorphosé : il a été complètement refait à neuf et agrandi ! Résultat  : l’archipel, qui était longtemps resté à l’écart du tourisme dit « de masse », voit le nombre de visiteurs étrangers et indonésiens croître d’année en année. D’une douzaine de liveaboards (croisières-plongées) au début des années 2010, on est ainsi passé à plus d’une centaine en 2019… 😱

C’en est fini de la relative tranquillité et de la préservation de Raja Ampat…

3. Je ne ne suis pas une agence de voyage

Je me permets un petit avertissement amical, avant d’aller plus loin : je reçois énormément de messages de la part de gens qui me prennent, à tort, pour une agence de voyage ou l’agent d’un tour-opérateur… Certains m’envoient même des demandes de réservation ! ! ! 😂 C’est fou…

Pour dissiper tout malentendu, sachez donc que je blogue pour le plaisir sur mes voyages et mes plongées (cliquez ici pour en savoir plus sur moi et sur ce site), mais que je ne vends rien ni n’organise rien.

Je ne peux donc absolument pas répondre à la place des hôteliers, des tour-opérateurs, des centres de plongée : si vous avez un renseignement à demander sur leurs prix, leurs prestations, etc., demandez-le leur directement en leur envoyant un e-mail, à eux !

Ayez aussi bien conscience que tout change très vite en Papouasie occidentale, qui est en plein développement touristique. La première publication de cet article date de 2013, mais je continue de le mettre à jour au fil des années qui passent et de mes nouveaux voyages à Raja Ampat (je l’ai encore actualisé en juillet 2020).

Et puis prenez le temps de mener vos propres recherches… Nous vivons une époque formidable, où chacun a désormais accès à un outil gratuit, drôlement efficace, mis à jour en temps réel, qui s’appelle Google. 😜

Des plongeurs à la rencontre d'un banc de barracudas au site Blue Magic, à Raja Ampat. (Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016.)
Des plongeurs à la rencontre d’un banc de barracudas au site Blue Magic, à Raja Ampat. (Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016.)

4. Mes voyages à Raja Ampat

Je n’ai donc pas la prétention d’offrir ici le guide « ultime » sur Raja Ampat… Comme je disais plus haut, les choses changent tellement vite, là-bas ! D’ici peu de temps, vu l’affluence croissante de plongeurs et de touristes, locaux et internationaux, rien ne sera plus tout à fait pareil. J’ai déjà observé des changements notables, entre mes premiers voyages de 2012 et les derniers en date (décembre 2018 et juillet 2019)…

J’ai déjà publié pas mal d’articles sur ce blog. Vous pourrez toujours les retrouver ici, sur Petites Bulles d’Ailleurs, au bout de ces liens :

→ Voyage Raja Ampat + Bali : mars 2012

→ Voyage Alor + Raja Ampat : juillet 2012

→ Voyage Raja Ampat : janvier 2015

→ Croisière Banda + Raja Ampat : octobre-novembre 2015

→ Voyage Komodo + Raja Ampat : juillet 2016 

→ Voyage Sulawesi + Raja Ampat : juillet 2017

→ Voyage Raja Ampat : décembre 2018

Un raie-manta passe juste au-dessus de ma tête, au site Blue Magic... (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, janvier 2015)
Une raie-manta passe juste au-dessus de ma tête, au site Blue Magic… (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, janvier 2015)

5. Quand aller plonger à Raja Ampat ?

  • D’octobre à avril : c’est la période considérée comme optimale pour la plongée. Elle correspond à la mousson du nord-ouest. Cette saison est parfois qualifiée de « sèche » par les tour-opérateurs, mais en réalité, elle est « humide » aussi, en particulier en décembre et en janvier. On peut plonger toute l’année dans le nord de Raja Ampat, mais sur cette période d’octobre à avril, il y a moins de vent et de houle que pendant la mousson du sud-est (de mai à septembre). Il est donc plus facile de naviguer et c’est la haute saison touristique pour les croisières-plongée. C’est une période où le plancton prolifère : la visibilité sous l’eau est donc moins bonne, mais c’est aussi la saison où on a le plus de chance rencontrer des raies mantas, en particulier les immenses raies océaniques, et de les voir former un incroyable ballet au célèbre site Manta Sandy (hélas, depuis 2015, on les y voit moins souvent, le trop grand nombre de bateaux et de plongeurs les a fait fuir).
  • Bon à savoir pour mai-juin : comme c’est un peu la période creuse touristique, c’est le bon plan pour les plongeurs d’y aller à ce moment-là, car les resorts proposent régulièrement des discounts intéressants sur leurs packages.
  • De mai à septembre  : on est sous l’influence de la mousson du sud-est, parfois qualifiée de saison « humide », mais en réalité, question pluie, la différence n’est pas très marquée avec la saison dite « sèche » d’octobre à avril. La vraie différence entre les deux saisons vient du fait qu’entre mi-juin et mi-septembre il peut y avoir de gros coups de vent et que la mer peut alors être très agitée… Si on est basé à terre dans l’archipel nord, sur une île, ça ne pose pas trop de problème d’aller plonger sur des sites proches. Mais les sorties sur des sites plus éloignés seront très dépendantes du temps et de la houle. C’est pour ça qu’il n’y a pas ou peu de croisières organisées pendant cette période, qui mérite donc plutôt le nom de « saison venteuse ». En revanche, la partie sud de Raja Ampat (Misool et alentours) étant beaucoup plus exposée aux vents que l’archipel nord, il est difficile voire exclu d’y naviguer et d’y plonger à cette période (le magnifique Misool Eco Resort ferme d’ailleurs pendant nos vacances d’été). Les raies-mantas se font plus rares en cette saison, car il n’y a plus autant de plancton près de la surface, mais la visibilité sous l’eau m’a semblé globalement meilleure (allez voir la vidéo que j’ai faite ici en juillet 2016).
  • Alors, quand est-ce qu’il fait beau  ? Quelle que soit la saison, le ciel est très changeant, alternant entre le grand soleil, le gris et la pluie, de façon à peu près égale, pour ce que j’ai pu en juger lors de mes différents séjours (en décembre, en janvier, en mars, en juillet), que l’on soit sous l’influence de l’une ou l’autre mousson. Les averses sont souvent très localisées. Il n’est pas rare d’observer un gros nuage déverser des rideaux de pluie sur une île en face à quelques kilomètres de distance seulement, alors qu’il fait grand soleil sur l’île où l’on est, par exemple… La température de l’air est stable (25°C la nuit, 30°C le jour), celle de l’eau est constante, autour de 28°C. On est au niveau de l’équateur, donc, en gros, il fait toujours chaud et humide. Le climat est réellement « équatorial » toute l’année, sans grosse variation saisonnière, hormis le vent dont je parlais plus haut. Après, la météo n’est pas une science exacte non plus… En plus, le climat se détraque. On peut tomber sur une semaine pourrie. Ou plusieurs jours de vrai beau temps d’affilée. Ou pas.
Panorama depuis la plage du Sorido Bay Resort, sur l'île de Kri. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016)
Juillet 2016. Sur l’île de Kri, grand ciel bleu… En face, de gros nuages gorgés de pluie… (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie)
Grand beau temps sur l'île de Kri ! Raja Ampat, Indonésie, mars 2012.
Grand beau temps sur l’île de Kri ! (Raja Ampat, Indonésie, mars 2012.)
Une averse soudaine vient tout embrumer... Raja Ampat, Indonésie, mars 2012.
Une autre jour, une averse soudaine vient tout embrumer… (Raja Ampat, Indonésie, mars 2012.)

6. Comment aller à Raja Ampat  ?

ÉTAPE 1  : s’envoler pour l’Indonésie

Pour aller à Raja Ampat, il vous faudra d’abord organiser votre voyage jusqu’en Indonésie, ou bien jusqu’à un pays voisin disposant de liaisons pratiques pour l’Indonésie (Bangkok en Thaïlande, Kuala Lumpur en Malaisie, ou bien Singapour, par exemple).

  • PRIX. Comptez 450€ à 900€ (selon promos, compagnies et saisons) pour un vol sec A/R Paris-Jakarta (du moins telle était la fourchette des tarifs, avant le Covid-19).

En Indonésie, Raja Ampat fait partie de la province désormais appelée Papua Barat (Papouasie Occidentale), comme je l’expliquais plus haut, anciennement Irian Jaya (nom d’abord donné par les Indonésiens). C’est loin, très loin, dans l’extrême est du pays (l’Indonésie s’étire sur trois fuseaux horaires, c’est immense). Le trajet ne peut donc absolument pas se faire d’une traite

  • TEMPS DE TRAJET. Comptez au minimum deux jours (vols Paris-Jakarta, puis Jakarta-Sorong, puis la traversée en bateau) pour rallier l’archipel depuis l’Europe. Soit, en comptant l’aller puis le retour, quatre jours cumulés ! Un très long voyage… Pour que ça vaille la peine, prévoyez de rester suffisamment de temps à Raja Ampat et/ou combinez le séjour avec d’autres destinations en Indonésie.
Vive le hublot pour admirer la Papouasie d'en haut ! Vol Lion Air, juillet 2012.
Vive le hublot pour admirer la Papouasie d’en haut ! Vol Lion Air, juillet 2012.

ÉTAPE 2 : organiser le trajet jusqu’à Sorong

Sorong, en Papouasie Occidentale, est la porte d’entrée pour l’archipel de Raja Ampat. Pour rallier Sorong depuis la capitale indonésienne Jakarta, il y a plusieurs possibilités (j’ai mis à jour les infos en août 2019) :

  • VOLS DIRECTS. La durée d’un vol Jakarta-Sorong est d’environ 4 heures. Avant le Covid-19, trois compagnies proposaient des vols directs : Batik Air (filiale de Lion Air), Garuda Indonesia, et, depuis septembre 2019, AirAsia (lowcost malaisienne qui a des filiales dans toutes l’Asie du Sud-Est). Xpress Air qui a été la pionnière sur cette liaison n’opère plus. Les vols directs de Nam Air (filiale de Sriwijaya), lancés en 2015, n’existent plus depuis fin 2018 (Garuda a racheté Sriwijaya / Nam Air via sa filiale Citilink et reprend peu à peu leurs liaisons). J’ai déjà volé plusieurs fois sans souci avec toutes les compagnies que je cite (réservations faites sur leurs sites internet depuis chez moi en Bretagne avec ma carte bancaire française sans problème). Vérifiez bien, quand vous réservez, que vous choisissez un vol direct (dans la liste, figurent aussi les vols avec escale).
  • VOLS AVEC ESCALE. Lion Air, Batik Air, Sriwijaya Air et Garuda font la liaison domestique Jakarta-Sorong avec escale, le plus souvent sur l’île de Sulawesi, soit à Manado (la grande ville du Nord), soit à Makassar (la grande ville du Sud, appelée aussi Ujung Pandang).

Makassar et Manado sur l’île indonésienne de Sulawesi sont en effet les deux principaux « hubs » aériens pour Sorong. Ces aéroports sont faciles à rejoindre depuis l’Indonésie en vols domestiques, que ce soit depuis la capitale Jakarta donc, ou bien depuis Bali (aéroport de Denpasar).

On peut aussi rejoindre Makassar et Manado en vols internationaux depuis les hubs aériens des pays voisins : par exemple Kuala Lumpur en Malaisie, ou bien encore Singapour.

Je vous mets ci-dessus une carte récupérée sur le site du resort Papua Paradise, qui résume bien les trajets possibles jusqu'à Sorong via Manado ou Makassar (cliquez pour l'agrandir).
Je vous mets ci-dessus une carte récupérée sur le site du resort Papua Paradise, qui résume bien les trajets possibles jusqu’à Sorong via Manado ou Makassar (cliquez pour l’agrandir).
J'aime les compagnies qui sont sympas avec le barda des plongeurs... Ci-dessus la capture d'écran du site de Sriwijaya Air.
J’aime les compagnies qui sont sympas avec le barda des plongeurs… Ci-dessus une capture d’écran du site de Nam Air / Sriwijaya Air.

Comment trouver les vols intérieurs ?

Très pratique pour faire ses petites recherches : le site Nusatrip.com (c’est un peu l’équivalent de Skyscanner pour les vols domestiques en Indonésie). On peut aussi y réserver ses billets, mais pour ma part, que ce soit en Indonésie ou en France, je préfère toujours aller ensuite sur le site de la compagnie repérée et réserver directement à la source plutôt que de passer par un intermédiaire.

Je vous mets ci-dessous les liens vers les sites des différentes compagnies aériennes, où on peut vérifier les horaires, les disponibilités et réserver son billet en ligne avec une carte bancaire, y compris depuis la France (ce qui n’était pas toujours possible il y a quelques années). Je les ai tous testés au moins une fois avec succès.

  • Vol Jakarta-Sorong direct : les seules liaisons sans escale sont opérées par Batik Air, Garuda Indonesia et AirAsia.
  • Vol Jakarta-Sorong avec escale : la Garuda et Lion Air / Batik proposent des liaisons, il y a un stop à Manado ou Makassar généralement, parfois Ambon ou autre… Sriwijaya Air propose aussi des vols avec escale.
  • Vols pour Makassar ou pour Manado : au départ de Jakarta, Bali-Denpasar, Kuala Lumpur, Singapour : on trouve plein de possibilités sur les sites des compagnies Air AsiaGarudaSriwijaya AirLion AirSilk Air (filiale de Singapore Airlines), etc.
  • Vols Manado-Sorong  : la Garuda a désormais une liaison, qui s’ajoute à celles de Lion Air (ou sa filiale Wings ou la compagnie associée Batik).
  • Vols Makassar-Sorong  : j’ai pour ma part déjà volé avec Sriwijaya Air et avec Garuda… Vérifiez désormais les offres existantes chez Lion / Batik aussi… Les gens qui tiennent hôtels et resorts à Raja Ampat sont généralement bien au courant des évolutions des liaisons aériennes, renseignez-vous auprès d’eux.
Un avion de la Garuda, sur le tarmac de l'aéroport de Makassar. (Sulawesi, Indonésie, janvier 2015)
Un avion de la Garuda, sur le tarmac de l’aéroport de Makassar. (Sulawesi, Indonésie, janvier 2015)

⚠️ Attention, il y a souvent des changements dans les horaires et les connexions des vols intérieurs. À l’époque où j’ai publié ce post, la compagnie Batavia Air a fait faillite (j’ai dû m’asseoir sur mon billet et trouver un autre vol) et la compagnie Xpress Air a annulé ses vols (avant de les reprendre, puis de les supprimer à nouveau)… Vérifiez toujours la veille du départ si vous le pouvez que les horaires sont bien restés les mêmes (il m’est arrivé une fois d’avoir un décollage AVANCÉ d’une heure, sans être prévenue !). Sachez aussi que des retards d’une à deux heures sont souvent la norme en Indonésie.

⚠️ Source de confusion pour beaucoup de voyageurs : Makassar est souvent désignée par son autre nom, Ujung Pandang, sur les sites de réservation en ligne. Pensez-y quand vous faites vos recherches…

⚠️ Notez qu’il vous faudra peut-être prévoir une nuit à Makassar ou à Manado. Bon à savoir : il y a un Ibis Budget dans l’aéroport de Makassar, pour grappiller quelques heures de sommeil, avant le décollage à l’aube de la plupart des vols pour Sorong. J’y ai dormi plusieurs fois…

⚠️ Si vous ne vous sentez pas de réserver vous-même les vols intérieurs, ou si le site web de la compagnie aérienne qui vous intéresse n’est pas accessible pour une raison mystérieuse, ou s’il n’y a pas moyen de payer en ligne par carte bancaire depuis la France – il y a parfois des bugs ou des problèmes de sécurité sur les sites indonésiens – vous pouvez toujours demander à l’hôtel ou à la structure de plongée qui vous accueillera de s’occuper de réserver les vols intérieurs pour vous ou de vous communiquer le contact d’un agent local. Sinon, on peut réserver ses vols indonésiens sur le site Nusatrip.com, dont je parlais plus haut (je n’ai pas testé moi-même). Vous trouverez plus bas des liens vers les resorts à plongeurs de Raja Ampat. Ils ont tous une page explicative « How to get there » indiquant les vols pour Sorong et les trajets possibles pour organiser votre voyage. Enfin, si vous n’avez pas du tout envie de vous occuper de tout ça, le plus simple est de vous tourner vers un tour-opérateur de plongée, qui vous organisera l’ensemble du voyage et du séjour selon vos souhaits.

7. N’oubliez pas le permis

Il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour visiter le parc maritime naturel de Raja Ampat. Jusqu’en décembre 2019, ce permis coûtait pour les étrangers 1 million de roupies indonésiennes (environ 60 € ou 70 dollars). Depuis le 20 décembre 2019, le tarif est passé à 700 000 roupies, selon ce document émis par le bureau officiel KKP, ce que confirme sur sa page « Raja Ampat Marine Park entry permit » l’excellent site Stay Raja Ampat, qui est une précieuse source d’informations touristiques à jour sur la région. Ce permis est valable un an de date à date.

(Lors de mon tout premier passage en 2012, ce « fee » était initialement de 500 000 roupies indonésiennes, il est passé à 1 million de roupies le 1er février 2015, et vient donc d’être revu à la baisse, en ce mois de décembre 2019, à 700 000 roupies…)

On vous donne une carte en plastique indiquant cette période de validité, avec votre nom et numéro de passeport inscrits au verso et, pour les plongeurs, un badge en plastique à accrocher à la stab.

Raja Ampat fee entrance tag (2012).
Raja Ampat fee entrance tag (2012).
  • Si vous avez organisé votre voyage à Raja Ampat avec une structure de plongée officielle (un resort), pas la peine de vous en soucier. Les resorts l’achètent à l’avance pour leurs clients (les homestays, eux, ne sont pas autorisés à le faire et ne peuvent pas rendre ce service). Le montant est alors ajouté ou inclus à votre note et le permis vous est remis par le personnel de l’hôtel lors de votre check-in.
  • Si vous êtes un voyageur indépendant prévoyant de loger en homestay : il y a eu plusieurs changements, ces dernières années… Le permis est désormais délivré à Wasai (sur l’île de Waigeo). Avant 2018, on pouvait se le procurer à Sorong près de l’aéroport, puis de janvier 2018 à décembre 2019, on pouvait le retirer à l’embarcadère de Wasai en débarquant du ferry venant de Sorong. Mais ce bureau annexe a fermé, semble-t-il (en tout cas pour l’instant) et il faut aller dans les locaux officiels UPTD KKPK, situés un peu plus loin à Wasai… Je vous remets ci-dessous le lien du site Stay Raja Ampat qui compile toutes ces infos, et qui est régulièrement mis à jou, au fur et à mesure de l’évolution de la situation…

→ Raja Ampat Marine Park Entry Permit

⚠️ Petit conseil : retirez bien le permis dans un bureau officiel, et ne l’achetez surtout pas en ligne ni à des personnes qui pourraient vous aborder et vous le proposer à la sortie du ferry. Vous risquez de payer plus cher et de vous faire remettre un permis non-valable… Bref, attention aux arnaqueurs !

Ce droit d’entrée est destiné à financer les actions de conservation dans la zone maritime protégée et à alimenter un fonds communautaire (70 %) et à contribuer au développement de la région (30 %). Ci-dessous, un petit graphique indiquant où va l’argent :

Permis pour Raja Ampat : où va l'argent (Source : Kabupaten Raja Ampat / StayRajaAmpat)
Permis pour Raja Ampat : où va l’argent (Source : Kabupaten Raja Ampat / StayRajaAmpat)

PAS BESOIN DE SURAT JALAN. Enfin, je le précise ici car on me pose souvent la question (info valable à ce jour, à ma connaissance) : non, vous n’avez pas besoin d’un autre permis appelé Surat Jalan, pour simplement aller jusqu’à Sorong ou Wasai et faire du tourisme dans l’archipel de Raja Ampat. Le Surat Jalan n’est requis que pour circuler ailleurs dans l’immense Papouasie, notamment dans des zones jugées « sensibles » par le gouvernement qui ne tient pas trop à ce que des journalistes, en particulier, s’intéressent de trop près à la région… À lire sur le sujet, cet article (de 2015) de Human Rights Watch :
→ Indonésie : lever les entraves à l’accès à la Papouasie

8. Les resorts de plongée

Petite précision : quand j’utilise le mot « plongée » ici, je parle de plongée sous-marine avec bouteille, pas de baignade avec palmes-masque-tuba, appelée PMT en français ou snorkeling en anglais, qui peut quasiment se pratiquer partout…

Donc, si on veut pratiquer la plongée sous-marine dans de bonnes conditions de confort et de sécurité à Raja Ampat, en étant basé à terre, il est préférable de s’adresser à l’un des resorts (centre de plongée + hébergement) du coin.

Par rapport aux croisières-plongées, c’est l’option qui a ma préférence : d’une part, les guides des resorts de plongée connaissent souvent bien mieux les sites que ceux des bateaux de croisière. D’autre part, les structures basées sur place sont généralement plus impliquées dans les programmes de conservation et plus concernées par la protection de la zone que les opérateurs de croisière, qui, eux, ne font que passer…

Il est temps de s’équiper pour aller plonger ! (Raja Ampat, juillet 2012.)
Il est temps de s’équiper pour aller plonger ! (Raja Ampat, juillet 2012.)
Des guides de plongée en or. (Raja Ampat, juillet 2012)
Lius et Nathan, des guides de plongée en or. (Raja Ampat, juillet 2012)
Les mêmes, Lius et Nathan, six années après la photo précédente ! Je leur ai demandé de reprendre quasiment la même pose... (Raja Ampat, décembre 2018)
Les mêmes, Lius et Nathan, six années après la photo précédente  ! Je leur ai demandé de reprendre quasiment la même pose… (Raja Ampat, décembre 2018)
Otto connaît tous les sites comme sa poche. C'est sans doute le plus expérimenté des guides de plongée de la région. (Raja Ampat, juillet 2017)
Otto connaît tous les sites comme sa poche. C’est sans doute le plus expérimenté des guides de plongée de la région. (Raja Ampat, juillet 2017)

Attention, les resorts de plongée à Raja Ampat ne sont pas bon marché et de manière générale, les prix pratiqués dans l’archipel pour les prestations touristiques n’ont rien à voir avec le reste de l’Indonésie.

Du coup, de nombreux touristes limités par leur budget choisissent de plonger avec les « homestays », ces hébergements simples et bon marché tenus par des locaux (souvent de simples paillotes avec un matelas et une moustiquaire). Soyez vigilants : ils sont de plus en plus nombreux à proposer de la plongée-bouteille dans leurs activités, mais sans forcément avoir ni les autorisations ni les compétences ni du matériel en bon état… Les resorts de plongée, eux, disposent en principe d’équipements et de compresseurs entretenus, de guides formés, de bateaux adaptés et de moniteurs certifiés pour les formations (PADI, CMAS, SSI, etc.).

Je ne saurais donc trop vous recommander la prudence, si vous décidez de plonger avec un homestay. Mieux vaut venir avec son propre équipement, vérifier l’état du compresseur et surtout être un plongeur autonome, voire aguerri, ayant l’expérience des courants. Si vous lisez l’anglais, je vous invite à lire les avertissements à ce sujet sur le site StayRajaAmpat, qui vont dans le même sens → Diving with Raja Ampat homestays

En alternative aux resorts, il y a le petit centre de plongée situé sur l’île d’Arborek qui permet de plonger à moins cher et qui fonctionne pour l’hébergement avec les homestays de l’île (voir aussi leur page Facebook). L’Arborek Dive Shop a très bonne réputation. Je ne l’ai pas testé moi-même, mais tout le monde m’en a dit du bien, tant des touristes plongeurs que le personnel de différents resorts à Raja Ampat. Le centre d’Arborek est tenu par deux passionnés, Githa (que j’ai rencontrée) et Acel, et il participe à des programmes de conservation.

Pour ma part, en tant que plongeuse photographe, j’ai adoré le confort, le service et le cadre du magnifique Sorido Bay Resort, où je suis allée deux fois en 2012 et où je suis retournée plusieurs fois par la suite. Comme le Kri Eco Resort voisin (plus abordable), il est idéalement situé sur l’île de Kri, dans le détroit de Dampier, où sont concentrés les sites les plus fameux. Ces deux resorts appartiennent à Papua Diving et ont été créés par le pionnier de la plongée à Raja Ampat, le Néerlandais Max Ammer.

Intervalle de surface devant l'île de Kri, triangle vert posé sur l'eau azur. (Raja Ampat, juillet 2017)
Intervalle de surface devant l’île de Kri, triangle vert posé sur l’eau azur. (Raja Ampat, juillet 2017)

Ma sœur, qui n’est pourtant pas plongeuse, a, elle, testé Raja4Divers et elle a adoré.

Marc et Isa, un couple de plongeurs baroudeurs, ont testé en avant-première le Raja Ampat Dive Lodge en 2009 et ils ont beaucoup aimé.

Anne-Sophie et Marco, un autre couple de voyageurs plongeurs, ont quant à eux été enchantés de leur séjour à Papua Explorers en 2014, puis de celui qu’ils ont fait à Papua Paradise en 2016 (leur seul regret pour ce resort-là, en tant que plongeurs, était sa situation éloignée par rapport au détroit de Dampier où se trouvent les sites les plus connus, mais en compensation, Emma le dugong leur a rendu visite, et par la suite ils ont même travaillé pour ce resort pendant une année).

Voici la liste des resorts de plongée qui existent, à ma connaissance et à ce jour (je tiens cette liste à peu près à jour au fil des années) :

Les Deluxe Water Cottages du Kri Eco Resort. (Raja Ampat, juillet 2016)
Les Deluxe Water Cottages du Kri Eco Resort. (Raja Ampat, juillet 2016)
L'intérieur d'un des spacieux et luxueux bungalows du Sorido Bay Resort. (Raja Ampat, juillet 2016)
L’intérieur d’un des spacieux et luxueux bungalows du Sorido Bay Resort. (Raja Ampat, juillet 2016)
Quand vient le moment de déballer ou remballer tout mon attirail de photographie sous-marine, je suis bien contente de disposer d'un plan de travail conçu exprès pour ça dans ma chambre.. (Sorido Bay Resort, Kri Island, Raja Ampat, juillet 2017)
J’avoue, je ne voyage plus en mode « sac à dos »… Quand vient le moment de déballer ou remballer tout mon attirail de photographie sous-marine, pour moi, le luxe c’est de disposer d’un plan de travail conçu exprès pour ça dans ma chambre.. (Sorido Bay Resort, Kri Island, Raja Ampat, juillet 2017)

9. Les croisières plongée

C’est une option intéressante pour découvrir une plus grande variété de sites et d’îles. Mais la qualité des plongées peut s’en ressentir : les guides sur les bateaux ne connaissent pas toujours aussi bien les sites que ceux qui sont à l’année dans les resorts… Il y a de plus en plus d’opérateurs, de plus en plus de choix, des croisières courtes (seulement le Nord de l’archipel) et des croisières longues (incluant le Sud vers Misool).

Il faut aussi avoir conscience que la multiplication des croisières plongée, depuis quelques années, avec affluence de bateaux et de plongeurs sur les mêmes sites, a un impact sur le corail et la faune récifale, et commence à devenir problématique. Lors de mon passage à Raja Ampat en juillet 2016, un projet de quotas, pour limiter le nombre de bateaux présents en même temps dans les différentes zones protégées, était à l’étude, mais n’a pas abouti à ce jour. Un projet d’installation de bouées dans l’ensemble du parc pour les mouillages est également en cours.

Croisière plongée à Raja Ampat avec le Black Manta, en mars 2012.
Croisière plongée à Raja Ampat avec le Black Manta, en mars 2012.

Comme je disais plus haut, les croisières-plongées sont plutôt organisées pendant notre période hivernale (entre octobre-novembre et mars-avril), la plus favorable pour naviguer dans la région.

En mars 2012, j’avais fait une courte croisière dans l’archipel nord avec le bateau Black Manta, qui appartenait à l’époque à la compagnie White Manta Diving, et que j’avais trouvé très bien. Mais ce navire a été vendu depuis et il est désormais affrété par un autre opérateur qui n’offre plus les mêmes prestations… Lors de ma croisière, c’était un Français, l’adorable et très compétent Cédric Lesénéchal, qui était le cruise leader (il a officié ensuite plusieurs années sur le bateau Blue Manta, plus récent, de la même compagnie). Ci-dessous quelques images de cette croisière…

  • Vous pouvez utiliser le site Premier Liveaboard Diving pour repérer les bateaux qui opèrent à Raja Ampat (et ailleurs). Il est tenu par Jez Tryner, un photographe sub installé à Bali, qui joue les intermédiaires avec les opérateurs. Je ne le connais pas personnellement, mais j’ai utilisé ses services en 2012 et j’en ai été très contente. On a échangé par e-mail pour régler tout un tas de détails, il était très réactif, très sympa. Sinon, dans le même style, il y a ce site-là qui est pas mal fichu aussi pour repérer les disponibilités : Liveaboard.com
  • Si vous n’êtes pas à l’aise en anglais et préférez vous adresser à un intermédiaire français, il y a des offres de croisières sur le site Équilibre, lancé début 2020 par une amie, Carol, basée en Asie depuis longtemps, ainsi que sur les sites Dazzle Dive et Asiaqua, gérés par Valérie et Olivier, des Français vivant eux aussi en Asie. La plupart des gros tours-opérateurs de plongée francophones bien connus ont des croisières à Raja Ampat dans leurs catalogues, je vous laisse trouver ça par vous-même. Et Wallacea Dive, opérateur français implanté de longue date en Indonésie, organise également des croisières à Raja Ampat désormais.
  • Mise à jour. Enfin, dans la catégorie « rêve », il y avait le magnifique et luxueux Waow, le bien-nommé… En novembre-octobre 2015, j’ai eu la chance de pouvoir profiter d’une fabuleuse croisière plongée à bord du Waow, des Moluques du Centre jusqu’à Raja Ampat (départ d’Ambon, arrivée à Sorong). Mais ce bateau n’existe plus, il a brûlé et coulé fin janvier 2018. Les propriétaires ont temporairement affrété un autre voilier, le Mutiara Laut, pour continuer d’assurer les croisières, et ont envisagé de lancer un Waow 2… À suivre.
Coucher de soleil sur le Waow, toutes voiles dehors. (Raja Ampat, novembre 2015.)
Coucher de soleil sur le Waow, toutes voiles dehors. (Raja Ampat, novembre 2015.)

10. Hôtels à Sorong

À Sorong même, il n’y a pas quantité d’hôtels. Le plus connu a longtemps été le Je Meridien qui n’a rien à voir avec la chaîne qui porte presque le même nom. C’est là qu’on venait auparavant chercher son « tag » pour le droit d’entrée (voir plus haut).

Depuis la première édition de cet article, les options d’hébergement à Sorong se sont étoffées. Il n’y a pas un choix démentiel, mais la plupart des voyageurs n’y passent qu’une nuit, à l’arrivée et/ou au retour. Parmi les plus confortables à recommander, citons le Belagri, le Swiss-Belhotel, le Royal Mamberamo.

11. Hébergements bon marché sur les îles  : les homestays

Dans les îles de l’archipel, on trouve désormais quantité de « homestays » comme je le signalais plus haut. Ce ne sont pas tout à fait des logements chez l’habitant comme le laisse à penser l’expression, mais des hébergements pour les touristes construits par les locaux.

Le plus souvent, ce sont de simples huttes en bois et feuilles de palme, à la mode locale, au confort très rustique  : un matelas par terre, une moustiquaire, des sanitaires à partager. Il est possible aussi de loger dans des homestays au cœur d’un village, comme celui de l’île d’Arborek (près du site des raies-mantas).

Pour ces hébergements très simples, les tarifs sont de l’ordre de 500 000 Rp à 800 000 Rp par jour (30 à 50€ environ) en « fullboard » c’est-à-dire avec trois repas inclus par personne.

Il est assez compliqué de réserver à l’avance ou de contacter les gens par internet (rares sont les connexions à Raja Ampat, en-dehors des resorts). Mais une fois à Sorong ou à Wasai, on peut facilement se renseigner et réussir à contacter les gens sur place, via notamment le petit office de tourisme et le bureau des homestays à Wasai ou par SMS. C’est une option sympa pour les voyageurs à petit budget, qui permet de favoriser la population locale papoue et de rencontrer les habitants de Raja Ampat.

Je vous mets ci-dessous quelques liens utiles (j’édite régulièrement la liste, au fur et à mesure que je trouve de nouvelles infos sur le web) :

12. Kayak et nature

Enfin, pour les vrais amateurs d’aventure en pleine nature, je vous invite à découvrir le très chouette projet Kayak4Conservation.

(Photo : Kayak For Conservation)
(Photo : Kayak4Conservation / RARCC)
(Photo : Kayak4Conservation / RARCC)
(Photo : Kayak4Conservation / RARCC)
Kayak for Conservation, pour découvrir les beautés de Raja Ampat en pagayant. (Kri, juillet 2017)
Kayak for Conservation, pour découvrir les beautés de Raja Ampat en pagayant. (Kri, juillet 2017)

Soutenu par le Raja Ampat Research and Conservation Center (RARCC), ce programme vise à aider la population locale, en organisant des circuits en kayak pour les touristes un peu aventuriers.

On loue un kayak en résine (fabriqué sur place) et on rallie à coups de pagaie, en compagnie d’un guide, des plages où on peut camper, ou bien des homestays installés pour certains dans des endroits fabuleux au cœur de l’archipel, loin de tout… Différents itinéraires, pré-établis sur une carte, sont possibles.

13. Se déplacer dans l’archipel

C’est compliqué. Il n’y a pas de liaisons régulières entre les différentes îles, hormis le ferry Sorong-Waisai qui permet de rejoindre la grande île de Waigeo.

J’imagine qu’on peut, depuis Sorong ou Wasai, chartériser son propre bateau pour une journée ou plus, mais il faut, je pense, être un peu débrouillard, doué en négociation et savoir précisément ce que l’on souhaite. Le gazole est cher, louer un bateau avec un gars pour naviguer est très cher et les tarifs sont parfois un peu « à la tête du client ». Voyageurs indépendants, groupez-vous ! Sinon, la plupart des homestays proposent des sorties en bateau à la journée, les tarifs varient selon la distance.

Près de l'île de Mioskon. Raja Ampat, juillet 2012.
Près de l’île de Mioskon. Raja Ampat, juillet 2012.
Le bateau de Papua Diving approche de l'île de Kri. (Raja Ampat, juillet 2016)
Le bateau de Papua Diving approche de l’île de Kri. Raja Ampat, juillet 2016.

Les îles ont l’air proches les unes des autres, sur la carte, mais en réalité, la navigation prend du temps. Les bateaux locaux sont lents, et même les speed-boats des resorts ne sont pas toujours si « speed » que ça. Il suffit que la mer se forme un peu ou qu’un moteur tombe en panne pour doubler le temps de trajet. Ainsi, la traversée entre Sorong et Kri Island (où se trouvent les resorts Kri Eco et Sorido de Papua-Diving), peut varier de 1 heure 30 à plus de 3 heures…

Encore plus, peut-être, que dans le reste de l’Indonésie, il faut ici apprivoiser la notion de « jam karet » (temps élastique) !

14. Les plongées à ne pas manquer

  • Mon top 5 des sites de Raja Ampat nord : Blue Magic, Sardines, Cape Kri, Otdima, The Passage… 😍
  • D’autres sites que j’aime beaucoup : Manta Sandy (quand il y avait des raies mantas), Sorido Wall, Five Rocks, Mike’s Point, Mioskon, Citrus Ridge

Mais il y a plein plein d’autres spots de plongées magnifiques ! Et je ne connais pas très bien la région de Misool, dans le sud, mais le peu que j’ai vu est somptueux

→ Tous les articles sur mes plongées à Raja Ampat : un clic ici !

Exubérance de vie et de couleurs à Sardine Reef. (Raja Ampat, juillet 2016)
Exubérance de vie et de couleurs à Sardine Reef. (Raja Ampat, juillet 2016)

De façon générale, tous les sites, même ceux qui sont considérés comme les moins spectaculaires, réservent leur lot de surprises à Raja Ampat.

Il y a toujours un requin-tapis (wobbegong) planqué dans un coin, un hippocampe-pygmée blotti dans une gorgone, un banc de perroquets à bosse en goguette, une manta océanique qui déboule dans le bleu, un tourbillon de barracudas ou un banc de carangues qui surgit dans le courant…

Et puis il y a cette profusion permanente, hallucinante, unique, de poiscaille incroyablement variée, que je désigne par flemme sous l’expression « faune tropicale habituelle » dans mes carnets. Le corail est à l’avenant : exubérant, splendide, spectaculaire. Impossible de se lasser dans un endroit pareil.

On est au cœur du Triangle de Corail,  c’est l’épicentre de la biodiversité marine dans la zone indo-pacifique. Ce sont, de loin, les fonds sous-marins les plus beaux, les plus extraordinaires qu’il m’ait été donné de voir de toute ma vie de plongeuse. Vraiment. Je ne dis pas ça en l’air et je place Raja Ampat au sommet de mon petit top personnel des sites de la zone Indo-Pacifique, devant Komodo et Sipadan ! ! !

Banc de vivaneaux, au site de Mioskon à Raja Ampat. (Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016.)
Banc de vivaneaux, au site de Mioskon à Raja Ampat. (Papouasie occidentale, Indonésie, juillet 2016.)
Gaterins. Otdima, Raja Ampat. Indonésie, juillet 2012.
Gaterins au site d’Otdima. Raja Ampat, Indonésie, juillet 2012.
Une énorme boule de gaterins à Cape Kri. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, décembre 2018)
Une énorme boule de gaterins à Cape Kri. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, décembre 2018)

15. Une nature menacée

En 2012, après un premier séjour à Raja Ampat en mars, j’y suis retournée en juillet. Ensuite, j’ai récidivé en 2015, en 2016, en 2017, en 2018, en 2019… Même enthousiasme et même éblouissement !

Pourtant les choses commencent (hélas) à changer : les raies mantas, dérangées par les bateaux et les plongeurs, se font désormais plus rares au site de Manta Sandy. Des plages auparavant vierges sont jonchées de cocotiers coupés pour faire place à de nouveaux homestays et resorts. Les chiens et chats apportés sur certaines plages isolées par les propriétaires de homestays sont un désastre pour la faune sauvage environnante. Et à présent, on voit des speed-boats déposer quotidiennement des groupes de touristes sur le banc de sable à la pointe de l’île en face de Kri pour des pique-niques ou le coucher du soleil…

Je continue à prendre des photos sous l’eau, pour montrer la beauté des fonds sous-marins, partager ce qui m’émerveille mais aussi ce qui m’inquiète. L’écosystème de Raja Ampat est fragile et menacé par nos visites touristiques, entre autres choses.

Des organisations de protection de l’environnement et des initiatives locales s’efforcent d’accompagner le développement de Raja Ampat, en soutenant l’éco-tourisme et divers programmes de conservation impliquant la population papoue

Quelques liens ci-dessous pour les découvrir  :

Les récifs de Raja Ampat grouillent de vie. (Papouasie, Indonésie, janvier 2015)
Les récifs de Raja Ampat grouillent de vie. (Papouasie, Indonésie, janvier 2015)
Perroquet à bosse. Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.
Perroquet à bosse. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015)
Manta à Blue Magic. Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie. Janvier 2015.
Raie manta à Blue Magic. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie. Janvier 2015.)

16. Des livres sur Raja Ampat

Pour les plongeurs, quatre bouquins à vous recommander, en anglais :

  • Diving Indonesia’s Bird’s Head Seascape. Par Burt Jones & Maurine Shimlock. La Bible sur le sujet. J’ai trouvé des exemplaires à la librairie de l’aéroport de Bali. Sinon, les resorts le vendent. Très complet, non seulement pour la partie centrale de Raja Ampat (Dampier Strait), mais aussi pour toutes les autres îles, moins visitées, vers le Nord, qu’on fait plutôt en croisière, ainsi que pour Misool au sud, Cenderawasih Bay et Triton Bay.
  • Diving Indonesia’s Raja Ampat. Par Burt Jones & Maurine Shimlock. C’est la version courte et allégée du premier.
  • Underwater Paradise : a diving guide to Raja Ampat. Par Ricard Buxo. Une version light là aussi, pour une première approche de Raja Ampat.
  • The Raja Ampat – Through The Lens of… Beau livre illustré par 17 photographes sous-marins de renom, dont David Doubilet, Gerry Allen, Tim Laman, Burt Jones, Maurine Shimlock…

Pour tous, en français :

Disponible en anglais seulement :

Trois livres sur la plongée à Raja Ampat.
Trois livres sur la plongée à Raja Ampat.

Conclusion

  • Je n’ai donc pas de recommandation pour « des adresses pas chères », je n’ai pas non plus de « bon plan » pour loger sur une île déserte ou une plage de rêve, ni de « recette » pour ne pas dépenser un rond à Raja Ampat. Il y a quantité d’îles désertes, mais vraiment désertes, avec juste des oiseaux, des couscous, la jungle et les moustiques, partout dans l’archipel. Songez plutôt à préserver cette nature extraordinaire…
  • Je vis à Rennes, en Bretagne, et je ne connais donc pas par cœur les horaires des avions indonésiens, ni celui du ferry, et je ne sais pas non plus combien ça coûte exactement de loger dans tel ou tel endroit. Le mieux, c’est de contacter des hôtels et resorts à Raja Ampat, ils sont toujours assez bien au courant de ces choses-là… Sinon, vous aviserez sur place.
  • Côté prévisions climatiques, je suis bien incapable de savoir s’il fera beau précisément du 28 février au 12 mars. Ou s’il pleuvra beaucoup ou juste un peu du 10 au 22 décembre.  Je maîtrise assez bien le climat humide (breton ou tropical), mais je ne suis pas météorologue ni Madame Irma.
  • Oui, il y a des moustiques à Raja Ampat – pas plus qu’ailleurs sous ces latitudes – et ils peuvent transmettre le paludisme. Mais je ne peux pas décider à votre place si vous devez prendre un traitement préventif ou pas. Je ne suis pas médecin et c’est à chacun de prendre ses responsabilités vis-à-vis de sa santé. Je vous invite à lire cet excellent article publié par François du blog Tourdumondiste, qui explique tout très bien, avec informations sérieuses (sourcées) et conseils avisés → Doit-on prendre des médicaments contre le paludisme en voyage ?

Si après ça, vous avez toujours envie de découvrir Raja Ampat, parce que vous aimez la nature plutôt sauvage et préservée, les voyages plutôt lents et lointains, les îles plutôt perdues et isolées, la poiscaille plutôt tropicale et abondante, et que vous pouvez vous permettre un cassage de tirelire, n’hésitez pas : vous en reviendrez ébloui…

Le ponton du Sorido Bay Resort et son trou bleu au milieu du corail. Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, janvier 2015.
Le ponton du Sorido Bay Resort.

  Indonésie : Bangka [Sulawesi] + Rao [Halmahera] + Raja Ampat [Papouasie] - juillet 2019

  Indonésie : Raja Ampat - décembre 2018

  Indonésie : Sulawesi + Raja Ampat – juillet 2017

  Indonésie : Komodo + Raja Ampat - juillet 2016

  Indonésie : Banda + Raja Ampat - oct-nov 2015

  Indonésie : Raja Ampat - janvier 2015

  Indonésie : Alor + Raja Ampat - juillet 2012

  Indonésie : Raja Ampat + Bali - mars 2012

618 Partages
Partagez459
Tweetez52
Enregistrer82
Partagez25