Sur le tarmac de l'aéroport de Luwuk. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Sur le tarmac de l'aéroport de Luwuk. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

Quand tu voyages en Indonésie

  Indonésie : Sulawesi + Raja Ampat – juillet 2017

Ah, l’Indonésie ! ! ! Ma destination préférée pour la plongée sous-marine ! Mais avant de pouvoir faire des bulles avec les poissons, il faut parfois affronter le redoutable jam karet, le « temps élastique »…

Un long voyage

Eh oui ! En ce mois de juillet 2017, je me suis (encore) envolée pour l’Indonésie ! 😎 Arriver à Jakarta, la capitale, sur l’île de Java, c’est facile. C’est après que ça se corse…

Rien n’est jamais certain quand on voyage dans l’immense archipel indonésien. Un volcan peut se réveiller (comme le Sinabung, au moment où je publie ce post, en ce début août 2017). Ou alors la météo faire des siennes. En Indonésie, les avions en retard sont la norme et, sur quantité de routes en mauvais état, on ne dépasse jamais le 50 km/h. Là-bas, on ne compte jamais en kilomètres, mais en heures. Tu n’es jamais sûr de l’heure à laquelle tu pars, ni de celle à laquelle tu arrives. Quand tu voyages en Indonésie, la seule chose censée à faire, c’est de te mettre en mode « patience et zénitude ». Et d’apprivoiser le jam karet, le « temps élastique »…

Tout trajet, tout transport est potentiellement synonyme d’aléas, de délais, d’imprévus, de retards. Il faut faire avec. Et te dire que ce n’est pas grave. Car au bout du bout, tu finis toujours par arriver à destination. Wonderful Indonesia, comme dit l’office de tourisme.

Sur le tarmac de l'aéroport de Luwuk. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Sur le tarmac de l’aéroport de Luwuk. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

Pour la première étape de ce nouveau voyage-plongée en Indonésie, j’ai opté pour un coin perdu, pas mal à l’écart des itinéraires habituellement fréquentés par les touristes. J’ai déjà fait plus tordu comme trajet, alors je suis raisonnablement optimiste.

J’ai réservé dans une minuscule structure de plongée (seulement trois bungalows pour l’instant, bientôt cinq), le chouette Tompotika Dive Lodge, situé à Kampanar, petit village musulman de pêcheurs, sur la péninsule orientale du Centre-Sulawesi. C’est là :

Les barques de pêcheurs sur la plage de sable gris-noir du village de Kampanar. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Les barques de pêcheurs sur la plage de sable gris-noir du village de Kampanar. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

C’est loin de tout et très sympa. Avec, comme souvent dans les petits villages indonésiens, l’environnement sonore typique qui va bien… 😂 Cris stridents des enfants qui jouent, chorale inopinée des chiens qui aboient, pétarades des motos et des moteurs de bateaux, concours de cocoricos éraillés entre coqs et appels très très matinaux des mosquées…

Moi, j’adore me retrouver dans ce genre d’ambiance et plus grand-chose ne me réveille la nuit. Au risque de paraître donneuse de leçons, je laisse ici un petit avertissement pour les voyageurs amateurs « d’authentique » : en Indonésie, l’atmosphère paisible d’un village n’est pas forcément synonyme de silence et de tranquillité… 😉 Je suis ravie de mon séjour à Kampanar. Je vous en parlerai dans un prochain post.

Jakarta-Makassar-Luwuk

Alors voilà. Je suis arrivée à Jakarta le 1er juillet à 7h, après une quinzaine d’heures de vol depuis la France. J’enchaîne en fin de matinée avec un vol domestique à destination de la ville de Luwuk, à Sulawesi, avec la compagnie indonésienne à bas coûts Lion Air et sa filiale Wings Air.

Je suis censée atterrir à Luwuk à 16h50. Il ne me restera alors plus que deux-trois heures de route jusqu’à Kampanar. Un chauffeur envoyé par le Tompotika doit venir me chercher à l’aéroport de Luwuk en fin d’après-midi. (Oui, les longs trajets ne me font pas peur, quand c’est pour aller plonger… 😆)

Le temps s'étire... (Aéroport de Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Le temps s’étire… (Aéroport de Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

Mais ce vol Jakarta-Luwuk n’est pas direct. Il y a une escale et changement d’appareil à Makassar, la grande ville du Sud-Sulawesi. Et c’est là que le >jam karet, le fameux « temps élastique », reprend ses droits…

À l’aéroport de Makassar, au comptoir d’embarquement pour la correspondance, la jeune femme chargée de réceptionner les passagers me dit de m’asseoir et d’attendre. Le vol aura du retard.

Bon. Rien de plus normal, en Indonésie. En fait, j’étais même plutôt étonnée de la ponctualité du premier avion entre Jakarta et Makassar…

😂

30 minutes, puis une heure, puis une heure et demie passent. Je viens redemander à intervalles réguliers si on part toujours depuis la même porte, la 5. (Parce qu’on m’a déjà fait le coup du changement de porte inopiné, à l’aéroport de Makassar.) Oui, oui, me rassure-t-on. Et on me reconfirme le retard.

Je suis la coolitude et la zénitude incarnées. Jam karet…

Vol reporté

Fin d’après-midi. Évidemment, à force d’être en retard, le vol finit par être annulé !

« Bad weather in Luwuk », m’explique un employé de l’aéroport. Un Indonésien avec qui je bavarde me dit qu’il a appelé un ami à Luwuk, et que c’est le déluge, là-bas ! Une énorme tempête, avec des trombes d’eau. 😱

La petite foule des passagers qui patientait sagement devant la porte 5 emboîte alors le pas à un préposé de l’aéroport en gilet orange, qui nous entraîne dans les couloirs, jusqu’à l’entrée du terminal, où on nous fait tous entrer dans le hall de l’hôtel Ibis Budget. Je me rappelle que j’ai déjà dormi ici, entre deux avions, lors de précédents voyages vers Raja Ampat. On entend très bien les annonces sonores de l’aéroport dans les chambres !

Tout le monde doit poser pièce d’identité et carte d’embarquement à la réception. On nous loge là pour la nuit. C’est un peu le bazar, j’ai bien failli finir dans la chambre d’un homme d’affaires indien (nous étions les deux seuls passagers à présenter des passeports étrangers, on a cru que nous voyagions ensemble 😂).

Mais pour finir, tout s’organise pas si mal. Il faut juste attendre. Le temps s’étire encore, à n’en plus finir. Jam karet…

Les réceptionnistes ont du pain sur la planche... Il faut loger pour la nuit tous les passagers de l'avion ! (Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Les réceptionnistes ont du pain sur la planche… Il faut loger pour la nuit tous les passagers de l’avion ! (Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
La chambre à l'Ibis Budget de l'aéroport de Makassar. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
La chambre à l’Ibis Budget de l’aéroport de Makassar. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

Trois gars de l’aéroport vont et viennent, se chargeant d’aller récupérer les bagages enregistrés de ceux qui le demandent. Je suis bientôt rassurée de voir que mon sac m’a bien suivie jusqu’à Makassar.

Le vol est reporté au lendemain matin, à 6h. Il suffira de présenter la même carte d’embarquement, de laisser les étiquettes sur les bagages. Je me fais répéter l’information trois fois pour être bien sûre de l’heure. Par le gars de l’aéroport. Par l’employée du bureau de Lion Air. Par un passager indonésien parlant bien anglais.

J’ai bien fait d’acheter une carte SIM locale à une boutique de l’aéroport, à mon arrivée à Jakarta. J’ai pu tenir au courant mon contact pour le Tompotika au fur et à mesure.

Dans la soirée, deux employés de Lion Air viennent toquer à ma porte. Ils me confirment à nouveau le vol de 6h et me remettent cérémonieusement 300.000 Roupies (environ 20€, c’est énorme pour là-bas, j’ai mangé pour 30.000 Rp) de dédommagement en coupures de 50.000, contre la signature d’un reçu et la photocopie de mon passeport et de ma carte d’embarquement. Je suis agréablement surprise, finalement la compagnie gère plutôt bien la situation, je trouve.

Enfin Luwuk !

À l’aube, je retrouve dans le hall de l’Ibis Budget le gars parlant bien anglais avec qui j’ai causé la veille. Je suis un peu indécise : faut-il attendre ici les employés de l’aéroport ? Il me dit qu’on peut y aller directement. D’autres passagers dont je reconnais les visages sont là. Une femme avec sa fille, et un autre gars. On décide d’y aller tous ensemble.

Nous revoilà patientant devant la fameuse porte 5. Il n’y a aucun panneau, aucun écran, aucune annonce concernant notre vol. Il faut attendre, c’est tout. Mouais, ça sent le jam karet, ça… Mes compagnons indonésiens, eux, n’ont pas l’air plus inquiets que ça. La jeune femme a acheté des brioches, elle nous en offre une à chacun. On papote, on plaisante. Mais je suis beaucoup moins détendue qu’eux.

Mes compagnons “naufragés du ciel” sont beaucoup plus cool avec le "jam karet" que moi... (Aéroport de Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Mes compagnons “naufragés du ciel” sont beaucoup plus cool avec le « jam karet » que moi… (Aéroport de Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Il ne fait pas encore jour, on embarque, enfin ! (Aéroport de Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Il ne fait pas encore jour, on embarque, enfin ! (Aéroport de Makassar, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Petit plaisir d'un vol Lion Air : on y retrouve le fameux fascicule de prières destiné aux voyageurs, pour toutes les confessions. (Indonésie, Sulawesi, juillet 2017)
Petit plaisir d’un vol Lion Air : on y retrouve le fameux fascicule de prières destiné aux voyageurs, pour toutes les confessions. (Indonésie, Sulawesi, juillet 2017)
Bien contente d'atterrir enfin à Luwuk ! (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Bien contente d’atterrir enfin à Luwuk ! (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

Finalement, peu avant 6h, on nous fait signe d’embarquer ! Ouf, pas de jam karet ce coup-ci… Environ une heure plus tard, me voici sur le tarmac encore luisant de pluie de l’aéroport de Luwuk.

Un jeune homme portant le tee-shirt Tompotika est là pour m’accueillir. Il se charge de récupérer mon sac et de le transporter jusqu’à la voiture où nous attend le chauffeur. Et nous voilà partis tous les trois pour Kampanar !

L’eau sur la route

Très contente d’être enfin à Sulawesi, je suis d’excellente humeur malgré la route pourrie (jalan rusak) et le temps gris. Je baragouine tout ce que je sais de bahasa indonesia, je fais des selfies avec les deux gars, qui sont ravis. Il pleut encore un peu par moments.

Et puis au bout d’une heure et demie de route, après une bifurcation, on doit rebrousser chemin. J’apprends un nouveau mot : banjir. Inondation.

Selfie ! (Luwuk, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Selfie ! (Luwuk, Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Seuls les motos et les piétons passent. La route est coupée par les inondations. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)
Seuls les motos et les piétons passent. La route est coupée par les inondations. (Sulawesi, Indonésie, juillet 2017)

On ne peut pas passer par là, la route est impraticable. On va tenter un autre itinéraire. Jam karet… 

Mais via l’itinéraire bis, c’est pareil. Nous nous trouvons bientôt immobilisés derrière une longue file de véhicules. Le fleuve du coin et les rizières ont débordé sur la chaussée. Alors on attend. Le chauffeur et le gars du Tompotika partent aux nouvelles. Pas grave, j’ai de l’eau, des biscuits. Le temps s’allonge encore. Jam karet…

Il faudra qu’une voiture, coincée en face, se décide à tenter la traversée et la réussisse, pour que les autres conducteurs, dont le mien, s’enhardissent et l’imitent.

Je vous laisse apprécier l’ambiance, avec la petite vidéo tournée à l’iPhone ci-dessous… 😉

Finalement, nous mettront plus de cinq heures, au lieu des trois heures estimées, pour rejoindre Kampanar. Coolitude et zénitude, je suis. Wonderful Indonesia. Jam karet… 😂 

  Indonésie : Sulawesi + Raja Ampat – juillet 2017

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