Corinne Bourbeillon, photographe sous-marine.
Retour à la surface, quelque part en Indonésie… (Photo prise par ma binômette)

Voyager pour plonger et plonger près de chez soi

#Voyage #Climat #Avion #Bretagne #Fidji #Polynésie #Australie #Indonésie

  Fidj + Polynésie + Australie + Indonésie - 2023

Décembre 2023. Je rentre d’un lointain voyage, qui a duré quatre mois : Fidji, Polynésie, Australie, Indonésie… Après trois années sans voyager, trois étés passés à plonger principalement en Bretagne près de chez moi, j’ai posé un long congé pour partir faire des bulles dans des mers plus chaudes que la Manche… Un périple dont je rêvais depuis longtemps, bien avant le Covid.

Un livre sur les plongées d’ici

Pendant que j’étais au loin, j’ai aussi terminé l’écriture d’un petit guide de plongée en Bretagne et Pays de la Loire. Le livre vient de paraître aux Éditions Agitées (on le trouve en librairie et on peut aussi le commander sur Amazon ou sur le site de l’éditeur). Je vous y propose des balades subaquatiques souvent orientées « bio » (biologie), pour tous les niveaux, du débutant au plongeur confirmé.

J’ai eu plaisir à rédiger cette série de récits « immersifs » et j’espère qu’ils vous donneront envie de découvrir ou redécouvrir les merveilles sous-marines près de chez nous, comme je l’ai fait depuis 2020 (après m’être mise à la combinaison étanche, en grande frileuse que je suis 😅).

Excitation et culpabilité

J’avoue, quand j’ai repris l’avion à la mi-août 2023, avec dans mes bagages ce livre pas tout à fait achevé, je me suis posé la question : dois-je continuer à raconter sur ce blog mes plongées au bout du monde ? Est-ce bien raisonnable d’inciter d’autres plongeurs à suivre mes traces ?

D’un côté, l’excitation de partir explorer de nouveaux horizons. De l’autre, la culpabilité à cause du bilan carbone désastreux des trajets aériens qui contribuent au réchauffement climatique. De quoi anéantir, à mon échelle individuelle, trois années de sobriété voyageuse, de « petits gestes » écolos quotidiens et de plongées locales…

Je me suis envolée vers l’océan Pacifique avec 30 kg en soute et beaucoup d’émotion, tenaillée par ce mélange d’excitation et de culpabilité. Mais cette fois-ci, je n’ai pas tenu de chronique en direct de mon périple comme je le faisais auparavant. Histoire de prendre du recul et de réfléchir à la meilleure manière de poursuivre (ou pas) ce blog. J’ai aussi été moins présente sur les réseaux sociaux, mais j’ai malgré tout partagé quelques photos, vidéos et stories sur Instagram et Facebook au fur et à mesure.

Montrer la beauté du monde sous-marin

Durant ce long voyage, j’ai beaucoup plongé et consacré l’essentiel de mon temps à la photographie sous-marine, avec mes nouveaux jouets (Canon Eos R7 et caisson Nauticam) testés au début de l’été dans la Manche, au large de Saint-Cast-le-Guildo (Côtes-d’Armor).

Aux Fidji, en Polynésie, en Australie, en Indonésie, j’ai aussi rencontré quantité de gens passionnants, engagés dans la protection et l’étude des récifs coralliens, des requins, des raies-mantas, des baleines… Ces quatre mois bien remplis ont passé en un clin d’œil !

Mon nouvel équipement de photographie sous-marine depuis cette année 2023.
Mon nouvel équipement de photographie sous-marine depuis cette année 2023.

De retour en Bretagne, me voici plus fascinée que jamais par la beauté du monde sous-marin. Celui d’ici ou d’ailleurs. Chaque fois que je remets la tête sous l’eau, je continue de m’émerveiller comme une enfant. Quand je plonge, ce n’est pas juste pour plonger. Mais pour ramener des images à travers lesquelles j’espère transmettre un peu de cet émerveillement. La plupart des gens n’ont pas conscience des formes de vie extraordinaires qui foisonnent sous la surface ni des répercussions des activités humaines sur l’océan.

➜ Lire aussi : « Les plongeurs sont les premiers témoins de la dégradation du monde sous-marin »

Comme je ne m’immerge jamais sans mon appareil, j’ai des milliers de nouvelles photos et vidéos à trier. De quoi bien m’occuper durant les longues soirées d’hiver… Je devrais pouvoir vous montrer ça très bientôt !

  Fidj + Polynésie + Australie + Indonésie - 2023

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  1. Merci Corinne pour tes reportages toujours passionnants.
    Je dois dire que je regarde ça avec un infini regret , ma carrière de plongeuse ( Raja Ampat , Wakatobi, Similan , Ambon ) ayant stoppé net après une plongée lors d’une expédition dans les îles Surin qui a coûté une « oreille » à mon compagnon . Maintenant , c’est tout de même voyages ( Inde , Costa Rica , Panama ) et parfois snorkeling. C’est une déchirure profonde de ne pas plonger mais nous ne renoncerons pas aux voyages et pour nous donner bonne conscience , nous partons loin en avion mais longtemps et le plus possible à pied ( compostelle par exemple ) ou train ou bus … petits arrangements avec soi même , bien sûr ..

    1. @Cathy31 : Merci de ton message, je compatis de tout cœur. Moi non plus, je ne me sens pas capable de renoncer aux voyages lointains, mais je partirai moins souvent qu’avant, c’est certain. Chacun « s’arrange » (ou pas) comme il peut, et je suis bien mal placée pour donner des leçons…

  2. Après des années à travailler dans la plongée, et actuellement en pause indéfinie, je partage de tout coeur ce questionnement.
    La plongée locale semble être une des meilleures solutions, mais pas toujours des plus évidente non plus.

    À propos de la documentation du changement observé sous l’eau par les plongeurs, il existe un fil sur le nouveau forum d’imagerie sous-marine Waterpixel (successeur de Wetpixel, après les dernières tribulations…), dédié au partage d’images sur ce sujet, que je t’invite à rejoindre pour y poster des témoignages photo si leu coeur y est…
    C’est ici: https://waterpixels.net/forums/topic/464-the-oceans-are-changing-lets-document-it/

    À bientôt

    Benoit

  3. Bonjour Corinne,

    Voyager ou pas ?
    C’est un dilemme non résolu pour ma part.
    Alors j’ai choisi une solution du milieu qui me ressemble : plonger beaucoup tout près. Et un peu pas trop loin.
    La Belgique et la Zélande toute l’année
    Des voyages en avion oui, mais à distance raisonnable (Canaries, Ustica, Algérie)
    Et puis un Tour de France de la plongée qui m’a montré qu’il y avait définitivement des spots merveilleux tout près de chez nous.
    Nous sommes alignées cette année sur les plongées de proximité et le partage au travers de l’écriture.
    Félicitations pour ton livre ☺️

    1. @Hélène : merci beaucoup d’avoir pris le temps de laisser un petit message, tes choix sont cohérents et, comme toujours, bien dans l’air du temps et des préoccupations du moment. Je te retourne les félicitations pour ton livre 😉 On se voit au Salon ! Des bises

  4. On attend tout cela avec impatience !
    D’ici là, très bonnes fêtes !
    🙂🐳🐙🐋🐡🦈🐠🦭🐬🐟🙂

  5. Il ne faut pas avoir de scrupules en tant que plongeurs pour notre empreinte carbone, autrement nous ne pourrions pratiquer notre passion !
    À titre personnel, je trie tous mes déchets, ai des composteurs et c’est déjà pas mal !
    Je partirai dans un mois aux Maldives la conscience tranquille 😉 …
    Bonnes bulles, où qu’elles soient !

    Christophe.

    1. @Christophe : oui, la plongée vraiment responsable et à impact réduit, ce serait l’apnée en slip de bain près de chez soi… 😉 Mais je ne suis pas encore prête pour ça 😅 Comme je disais plus haut, je suis bien mal placée pour me poser en donneuse de leçons. Le sujet est vaste et complexe, c’est effectivement au quotidien qu’il faut aussi tenter de réduire son impact. Bonnes bulles également !

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