Femmes et enfants chao-ley. Koh Lipe. Thaïlande. Mars 2009.

Koh Lipe, côté pile et face

#Thaïlande

  Thaïlande : îles - février 2009

Adieu Koh Lipe ! J’ai quitté mon bungalow en bambou sur Sunrise Beach ce matin, à regret. Si j’ai trouvé les plongées un peu décevantes, cette île du sud de la Thaïlande est malgré tout vraiment jolie et mérite bien une halte pour un séjour farniente de quelques jours.

Koh Lipe : une île, trois plages

Koh Lipe a grosso modo la forme d’un triangle allongé. Les côtés sont formés par les trois plages principales.

Carte de Koh Lipe.

Pattaya Beach, la plus animée, au sud-ouest ; Sunrise Beach, la plus belle (à mes yeux) s’étire tout le long de la côte est ; Sunset Beach, la plus « isolée », forme le côté nord-ouest. On se rend à pied de l’une à l’autre en quelques minutes.

Sable blanc et eau turquoise

C’est tout petit et très mignon, Koh Lipe. La première impression est un émerveillement.

Le sable est blanc de chez blanc, l’eau turquoise et translucide.

😲

Une petite crique tout au sud de Sunrise Beach. Koh Lipe, Thaïlande, mars 2009.

La langue de sable au nord de Sunrise Beach. Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Je me revois, le jour de mon arrivée, sur le ferry de Tiger Line Travel., écarquillant les yeux devant le spectacle incroyable de cette île comme sortie d’un rêve. Ceux qui, contrairement à moi, ont la chance d’avoir un appareil-photo en état de marche mitraillent à tout va depuis le large.

Pendant que le ferry s’amarre dans la baie de Pattaya, en attendant les long-tail boats taxis qui doivent nous transborder avec nos bagages sur le sable, je lorgne d’un œil envieux ma voisine, une mère de famille allemande, armée d’un reflex étincelant qu’elle utilise en mode… automatique. Quelle frustration !

Mais bon. Comme vous savez, je me suis rattrapée ensuite. 😉

Sur les plages de Koh Lipe, on se tape des suées hallucinantes en ce moment, tellement il fait moite et chaud, tellement le soleil cogne.

Le soleil cogne, sur Sunrise Beach. Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Mais on survit. Il suffit d’un petit plouf dans l’eau à 29-30°C et/ou d’une pause mango-shake dès que l’insolation menace.

Le plus agréable, c’est d’arpenter le sable en fin de journée, ou mieux, à la nuit tombée, sous les milliards d’étoiles et la lumière argent de la lune qui était toute ronde il y a quelques jours. Ou encore très tôt le matin, dès 6h, à la fraîche, au lever du soleil.

À ce moment-là, point de pétarades de long-tails boats. Il n’y a que le doux clapot du ressac et le murmure du vent.

Lever du soleil sur Sunrise Beach. Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Quand il n’y a pas de vent, il fait vraiment très très chaud… Mi-mars, on est déjà dans l’avant-saison des pluies. Parfois des orages éclatent en soirée. Mais toujours au loin, dans les nuages massés à l’horizon, jamais sur Koh Lipe même.

Tout au plus récolte-t-on quelques bourrasques rafraîchissantes à la tombée du jour et une courte averse le soir.

Le lendemain, la même chaleur moite et pesante se réinstalle. Heureusement que je suis dans l’eau presque tous les jours avec les plongées et les cours de Rescue.

Une île plus très authentique

Mais, je le disais dans mon précédent post : je suis un peu mitigée sur l’île.

Elle est très agréable pour un court séjour, mais plus très authentique. Tous ceux que j’ai croisés ici, en ce mois de février 2009 et qui connaissent Koh Lipe depuis plusieurs années m’ont dit la même chose : l’île s’est transformée à toute vitesse depuis deux-trois ans.

Des rangées de bungalows ont poussé comme des champignons le long des plages. Un chemin en dur relie désormais Sunrise, Pattaya et le village des Chao-Ley, les « gitans de la mer » établis ici.

La mafia locale des entrepreneurs immobiliers et des hôteliers a raflé tous les terrains. Les Thaïs et les Malais sont, paraît-il, plus nombreux que les Chao-Ley, désormais…

Varin Resort, Pattaya Beach. Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Bungalows d'Andaman Resort, Sunrise Beach. Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Cette petite route sur la photo ci-dessus est toute récente, elle n’existait pas il y a encore quelques mois.

Le long de la route, il y a tout ce qu’il faut pour le confort du touriste : boutiques de fringues, supérettes, centres internet, agences de voyage, salons de massage et de tatouage, vendeurs de pancakes et de glaces, restos, bars…

On m’avait prévenue : Koh Lipe est en pleine “Koh-Phi-Phi-sation”.

Des tas de ferries et speed-boats débarquent chaque jour. Il y a désormais des antennes relais pour les téléphones mobiles, de l’internet “high-speed” et du wifi, ainsi que quelques resorts chics.

Pas encore d’ATM (distributeur automatique de billets) mais j’imagine que ça ne saurait tarder.

Sur la mini-route en dur, ne circulent pour l’instant, comme véhicules, que les motos des Chao-Ley.

Leur village est situé à l’est, à peu près au milieu de Sunrise Beach. Une poignée de bicoques pas reluisantes, en tôle ondulée, flanquées de poulaillers et de quelques paraboles-télé.

Au village des Chao-Ley. Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Femmes et enfants chao-ley. Koh Lipe. Thaïlande. Mars 2009.

L’envers du décor

Passé l’émerveillement premier devant les eaux turquoises, on découvre l’envers du décor, au détour d’un chemin, d’un rocher, d’un arbre : de petits tas d’ordures, des déchets mal brûlés, des bouteilles plastiques abandonnées.

Bien sûr, il y a des endroits plus « propres » que d’autres, nettoyés régulièrement, avec mise à disposition de poubelles, devant les portions de plage de certains resorts et bungalows, ainsi que le long de la route en dur. Mais les ordures dispersées dans tous les coins cassent un peu le charme de l’île.

Quand on suit au hasard les quelques sentiers en terre qui traversent encore Koh Lipe, on tombe sur l’une des grosses décharges, entre deux générateurs bruyants planqués dans la jungle. Des chiens fourragent dans les sacs poubelles, des oiseaux s’envolent. Ça pue.

Deux grosses barges chargées de matériaux de construction ont accosté il y a quelques jours au beau milieu de Pattaya Beach. Un tractopelle va et vient entre l’eau bleue et le sable-farine si doux sous les pieds.

Deux grosses barges chargées de matériaux de construction ont accosté sur Pattaya Beach. Koh Lipe, Thaïlande, mars 2009.

Bref. Comment dire ?

Je n’étais pas en quête d’une île déserte, et j’apprécie beaucoup d’avoir des mango-shakes et du wifi, mais je n’aime pas trop ce que le business touristique est en train de faire de Koh Lipe.

Encore que. L’arrivée d’une clientèle plus huppée et plus exigeante contribuera peut-être à améliorer la propreté de l’île et le respect de l’environnement, dans quelques années. À suivre…

Forra Diving

Pour ma part, j’étais peinarde, logée dans un immense bungalow en bambou chez Forra Diving, à Sunrise Beach, loin du bruit, de l’agitation, sans vis à vis. Tout en étant à deux pas de tout.

Mon immense bungalow en bambou, chez Forra Diving. Sunrise beach, Koh Lipe, Thaïlande. Mars 2009.

Le confort est rustique : ventilo, lit à moustiquaire, douche dans une salle de bain à ciel ouvert où se balance une branche de bougainvillée, électricité de 7h30 à 1h du matin. Mais franchement, pour un séjour farniente et plongée, je n’ai pas besoin de grand-chose d’autre… Pour être prête le matin, je n’ai qu’à m’habiller d’un maillot et d’un paréo !

J’ai souvent passé des soirées tranquilles, loin des bars et fêtes de Pattaya, à rêvasser sur ma terrasse, bercée par le bruit des vagues et le grésillement des insectes dans la végétation alentour. J’ai tenté de pianoter sur l’ordi dans le hamac, et vite lâché l’affaire, ça n’est pas pratique du tout !

Plongées décevantes

J’ai passé de bons moments à Koh Lipe. Rencontré des gens adorables à Forra Diving.

Mais franchement, je ne recommanderais pas l’île comme destination plongée (je n’ai pas trouvé les fonds exceptionnels). Ni ce centre de plongée – que j’ai pourtant bien apprécié – à des plongeurs débutants (durant mon séjour, il y régnait une plus ou moins grande désorganisation, pour dire les choses gentiment).

Les spots de plongée autour de Lipe.

Alors oui, hormis une ou deux sorties, où j’ai rencontré des petites bêtes inédites, les plongées que j’ai faites m’ont plutôt déçues.

Visi pourrie, très souvent. Quant à la réputation d’un site comme 8 Mile, elle est complètement surfaite, à mon avis, si on n’a pas la chance d’y croiser un requin-baleine. Question « gros », on aperçoit l’ombre de trois malheureux barracudas dans la purée de pois et c’est tout. Bof.

Mon principal regret est de n’avoir pas eu le temps, avec ce très prenant cours de Rescue, de faire un petit tour sur les îles avoisinantes, Koh Adang et Koh Rawi, qui sont superbes vues du large, ni sur Tarutao, ni sur Bulone, plus loin… Ce sera pour une autre fois !

Voilà, Koh Lipe est loin, maintenant. Je me suis cogné deux heures et demie de bateau et près de cinq heures de route pour revenir jusqu’à Phuket. 😱

Le choc des cultures est un peu violent. Et la mélancolie habituelle, qui précède le vol retour, est en train de s’installer..

😔

  Thaïlande : îles - février 2009

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