Histoire de tuer le temps en attendant le grand départ, je teste la mise en ligne d’un blog. Décollage le vendredi 23 juin. J-89… Ce n’est plus si loin !
Je vous offre un petit aperçu des buildings de Kuala Lumpur, la capitale malaisienne ultra-moderne. Photo prise lors de mon escale “shopping” de quelques heures entre deux avions, au retour de Thaïlande, en février dernier.
J’ai le temps d’en faire, des projets, à J-87… Ce sera surtout un voyage “plongée et farniente”. D’où mon choix d’étapes : îles et plages. Mais ce serait dommage de ne pas aller un peu à l’intérieur pour voir la jungle, une des plus fameuses et plus anciennes de la planète.
Info dénichée sur Plongeur.com. Lire le descriptif complet en anglais ici. Pour résumer, une barge chargée de matériaux de construction a détruit une partie du récif de Sipadan…
Le site mythique de Cousteau ! Un site dit « protégé » ! Exit la « pièce d’art inviolée »… Mais que faisait cette barge à Sipadan, où il est prétendument interdit de construire?
J’ai étudié mon itinéraire de plus près et revu mes ambitions à la baisse. Cherating, Malacca ou le parc de Taman Negara, ce sera pour une autre fois.
J’arriverai par la Thaïlande, où je compte passer quelques jours à Koh Tao. Je descendrai en train de Chumphon jusqu’à Songai Kolok à la frontière. Je compte ensuite longer la côte est jusqu’au sud, puis rejoindre Bornéo. Mon but ultime : l’île de Sipadan.
Faut-il dire Malais ou Malaisien ? Les deux ! En fait, on peut être Malaisien, c’est-à-dire de nationalité malaisienne, sans être Malais. Les Malaisiens sont les ressortissants de la Malaisie. Les Malais sont la communauté majoritaire du pays.
Je suis retournée jeter un coup d’œil à Jansom Bay, à Koh Tao. Une jolie petite crique, que j’aimais bien, qui est déjà en pleine transformation. Le Charm Churee, le resort auquel appartient la plage, a fait construire de nouveaux bungalows sur les rochers.
Me voici débarquée à Chumphon (prononcer “tcheumpone”) par le Lomprayah, le bateau-catamaran qui fait la liaison avec la péninsule thailandaise. Ensuite, navette-bétaillère avec empilage de bagages et de passagers sur la plate-forme arrière jusqu’au centre, où l’on m’a déposée avec les autres devant un café internet à quelques minutes à pied de la gare.
Le fameux train de nuit a fini par arriver à Songai Kolok, à la frontière. Avec pas mal de retard, pour une obscure histoire de panne de loco. C’est le gars préposé à mon wagon qui m’a renseignée, vu que je commencais à m’impatienter un peu, ce matin, vers 10h30, heure supposée de l’arrivée, devant l’interminable chapelet de gares dont aucune n’était Songai Kolok.
Le train qui n’arrive jamais a donc fini par arriver, les chauffeurs de taxis se sont précipités sur la poignée de farangs qui en sont descendus avec leurs sacs à dos. Et nous sommes tous montés dans une nouvelle bétaillère spécialement affrétée pour nous faire franchir les quelques centaines de mètres séparant la gare du poste frontière.
Je l’ai enfin prise, cette douche ardemment désirée ! Après quoi, il a fallu parer au plus pressé : changer de l’argent en prévision de mon séjour à Perhentian Kecil, et réserver la traversée en bateau.
La question du bateau est réglée à la réception de l’hotel, ou ils vendent les billets. Et l’on me promet un taxi pour le lendemain, à 8h, qui me conduira a Kuala Besut, d’où se fait l’embarquement.
Je quitte Kota Bahru, ses femmes enfoulardées et son béton pour les îles Perhentian. Perhentian Besar la grande, et Perhentian Kecil la petite, réputées pour leurs eaux cristallines et leurs récifs coraliens…
Je partage le taxi pour Kuala Besut, d’où partent les bateaux, avec deux jeunes Anglaises.
Aux Matahari Chalets, on me donne malheureusement le bungalow situé juste à côté du restaurant. Ce qui signifie télé tonitruante du matin au soir en plus d’être constamment sous les yeux des clients qui vont et viennent… Le gars qui distribue les chalets m’en promet un autre pour le lendemain, des clients sont sur le départ. Bon.
Depuis le 1er juillet, j’enchaîne les plongées, au rythme raisonnable de deux par jour. Rendez-vous chaque matin à 8h30 au club pour le briefing, retour vers 11h, déjeuner, nouvelle plongée vers 13h, ce qui me conduit ensuite à l’heure de la sieste, à 15h.
Je me vautre alors dans mon hamac, suspendu entre les piliers de mon nouveau bungalow, et je m’assoupis sans peine.
Très chouette expédition plongée à Redang, à environ une heure et demie de bateau des Perhentian.
Là, la visibilité est exceptionnelle et les trois plongées que nous enquillons dans de vrais décors de cartes postales sont un régal. Des récifs dignes de Nemo, avec de spectaculaires bancs de poissons et une stupéfiante variété de coraux.
J’avais tort, à mon arrivée à Perhentian Kecil, de sous-estimer la force d’attraction et le pouvoir de séduction de cette île minuscule. Je comptais y rester environ une semaine, voire moins, et cela fait déjà près de dix jours que je scotche sur Long Beach.
Trajet nocturne en bus sans histoire, même si mon voisin a un peu tendance à déborder de son siège et à s’étaler sur le mien.
Heureusement, il descend aux petites heures de la nuit dans une grosse ville que je n’ai pas identifiée, avec pas mal d’autres passagers, si bien que je me retrouve avec deux sièges pour moi toute seule.
À l’approche de l’île de Tioman ou Pulau Tioman en malaisien, je sens que l’endroit va me plaire. C’est grand, immense !
Dans la brume maritime du petit matin, surgit un profil pentu, couvert d’une végétation dense et humide, où s’accrochent encore des lambeaux de nuages. Il y de la jungle partout, des montagnes, des plages encore point trop construites.
Les nudibranches sont les cousins marins des limaces terrestres. Leurs branchies sont exposées, à nu, d’où leur nom…
Dès ce mardi, je commence à plonger à Tioman. Première surprise : l’eau est FROIDE !!!! Je sais bien, tout est relatif, mais ici, en cette saison, on perd quasiment 4 degrés par rapport aux eaux très chaudes des Perhentian.
Maz et Alex, un couple d’Anglais écolos et passionnés de plongée, que j’ai eu le plaisir de retrouver à Tioman. Ils effectuent un voyage humanitaire (18 mois, 65 000 km et 26 pays) pour l’organisation Care.
La jungle de Tioman est un parc naturel protégé. Dense, quasi impénétrable, elle recouvre la majeure partie de l’île.
Espérons que l’aéroport ouvert par la compagnie hotelière Berjaya et le statut de zone “duty free” accordé récemment à Tioman ne vont pas trop bouleverser la donne.
Le chemin jusqu’à Tekek est jalonné de petites maisons, qui vont de la cahute branlante au chalet pimpant. De vagues cafés-restos-épiceries vendent côte à côte sachets de noodles instantanées, fil de pêche et paquets de lessive, servent des assiettes de riz frit et des cafés frappés.
Tout le long de la plage, de vieilles coques échouées. Atmosphère un brin mélancolique, à marée basse.
Acanthaster planci. Appelée “crown of thorns” en anglais, littéralement “couronne d’épines”, l’acanthaster appartient à la famille des étoiles de mer. Elle se nourrit de polypes de corail qu’elle finit par détruire si sa population est trop dense.
La récolte des “crowns of thorns”, COT en abrégé, donne lieu à une petite cérémonie, le lendemain, avec déjeuner gracieusement offert au resto Nazri 1 du bout de la plage, aux plus de 200 plongeurs ayant participé à l’opération.
Un officiel se fend d’un petit discours en anglais hésitant au micro. En tout, plus de 3000 bestioles ont été ramassées. Quasiment deux fois plus que l’an dernier.
Adieu Tioman ! Le speed-boat du matin me ramène à Mersing. Il y a un bus pour Johor Bahru, la ville frontière en face de Singapour, à 11h30. Deux heures de trajet environ. Le long de la route, des palmiers à huile partout. Je crois bien me souvenir que la Malaisie est le premier producteur mondial d’huile de palme, avec déforestation à la clé.
L’avion se pose à Sandakan. Me voici à Bornéo ! L’aéroport est minuscule. Je récupère vite mon sac, achète un coupon au comptoir des taxis à la sortie et pars directement à Sepilok, à quelques kilomètres de là, où se trouve le centre de réhabilitation des orangs-outans.
Je compte ne passer qu’une nuit au Jungle Resort, repéré sur internet, à deux pas du centre.
A 14h, je me dirige vers le fameux centre, juste à côté de mon hôtel.
Quelques touristes, mais l’endroit n’est pas gavé de monde. J’achète mon ticket à l’entrée, prend le temps de visionner le petit film écolo-pédagogique qui est projeté dans une salle climatisée, et suis ensuite la passerelle en bois qui conduit, à travers la jungle, à la plate-forme où les singes sont nourris.
Pour plonger à Sipadan et sur les fonds des îles voisines (Mabul, Kapalai, Sibuan…) il faut se rendre à Semporna, port du sud-est de Bornéo. J’estime le trajet, à partir de Sandakan, à environ 4-5 heures de route. J’avais raison.
Une douche et un nasi goreng plus tard, nous nous lançons dans la tournée des dive shops. Ils sont tous situés autour du Dragon Inn. Et c’est le rush pour les plongées à Sipadan! L’accès, payant (40 RM), est limité à 120 plongeurs par jour. Il y a des listes d’attente longues comme mon bras.
Les autres îles entourant Sipadan sont méconnues et pourtant, elles valent le détour. J’y plonge quasi tous les jours jusqu’à la fin de la semaine, en attendant mon tour d’aller à Sipadan. Dans le genre “mise en bouche”, ces petites îles sont des spots fantastiques.
Sur le ponton de Mabul, les petits “gitans de la mer” accueillent les plongeurs.
Le grand jour est arrivé. Aujourd’hui, enfin, je plonge à Sipadan. Le site n’usurpe pas sa réputation. C’est spectaculaire. Requins et tortues à foison. Des poissons partout. Le tout le long d’un “mur” vertigineux où abondent les coraux, qui s’enfonce dans le bleu.
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