Les orangs-outans de Sepilok. Bornéo, Malaisie.

Les orangs-outans de Sepilok

  Malaisie : péninsule et Bornéo - juillet 2006

Me voici à Sandakan, dans le nord-est de Bornéo (Malaisie), pour voir « en vrai » des orangs-outans au Centre de Sepilok. Ces grands singes au poil roux, victimes du braconnage et de la déforestation, y sont progressivement réintroduits à la vie sauvage, dans une réserve naturelle au milieu de la jungle.

Une jungle « aménagée » pour les touristes

18 juillet 2006. Je suis arrivée en matinée, mes sacs sont posés. En début d’après-midi, environ une heure avant le repas des orangs-outans annoncé à 15 h, je me dirige vers le Sepilok Orangutan Rehabilitation Centre de Sandakan, situé juste à côté de mon hôtel.

C’est à la fois une réserve naturelle protégée et un centre vétérinaire, dont la mission première est de réhabituer à la vie sauvage et réintroduire dans la jungle des orangs-outans orphelins ou blessés, qui ont été recueillis et soignés. Souvent des jeunes abandonnés ou séparés de leurs parents, victimes du braconnage et de la déforestation.

Le Centre de Sepilok s’efforce aussi de sensibiliser les visiteurs au sort des orangs-outans. C’est un animal devenu le symbole de la déforestation à l’œuvre en Malaisie (et chez sa voisine l’Indonésie), en particulier à Bornéo. Des pans entiers de jungle sont remplacés par d’immenses plantations de palmiers à huile.

Orang utan signifie littéralement « l’homme de la forêt » en malais. Pour en savoir plus sur ce grand singe et les menaces qui pèsent sur l’espèce, considérée en « danger critique » d’extinction par l’UICN (l’Union internationale pour la conservation de la nature), je vous renvoie sur la page Orang-outan du site du WWF.

Avant ce jour, je n’avais encore jamais vu d’orangs-outans « en vrai ». Je ne les connaissais qu’à travers des documentaires.

Les orangs-outans de Sepilok. Bornéo, Malaisie.
À l’heure du repas, les orangs-outans déboulent de la jungle. Ils ont des bras immenses, le poil roux et des expressions terriblement humaines…

À mon arrivée au Sepilok Centre, il y a quelques touristes, mais l’endroit n’est pas gavé de monde. J’achète mon ticket, visionne le petit film écolo-pédagogique projeté dans une salle climatisée, avant d’emprunter une longue passerelle en bois qui conduit, à travers la jungle, à la plateforme où les singes sont nourris.

Je suis plutôt agréablement surprise. Quoi qu’on puisse penser de ce centre (je craignais au départ un vulgaire attrape-touriste), on n’est pas au zoo ni au cirque.

Une partie de la jungle a été « aménagée », pour permettre aux visiteurs de tout âge d’observer les singes, depuis une grande plate-forme en bois. On ne patauge donc pas dans les feuilles humides pleines de sangsues avides, ouf !

Il n’empêche qu’il fait bien moite sous la canopée des arbres gigantesques, je ruisselle. On renverse la tête en arrière pour apercevoir la cime. C’est vertigineux.

Les orangs-outans de Sepilok. Bornéo, Malaisie.
La plate-forme des singes…
Les orangs-outans de Sepilok. Bornéo, Malaisie.
… et la plate-forme des humains !

Quelques orangs-outans sont déjà installés sur leur plate-forme à eux, accrochée à un grand arbre, lui-même relié à d’autres troncs par de grosses cordes.

Les soigneurs arrivent peu après, avec des seaux de bananes. Ils s’assoient tranquillement, sans geste brusque, au milieu des singes, et commencent la distribution, sans ostentation.

Le repas des orangs-outans de Sepilok : la vidéo

L’atmosphère est paisible, tranquille, dans la forêt. Les gens autour de moi commentent à mi-voix les attitudes terriblement humaines des orangs-outans, et l’arrivée de nouveaux singes qui se balancent souplement, avec leurs bras immenses, le long des cordes. Le spectacle est fascinant.

Je rentre charmée de cette petite escapade « junglesque ». Demain, cap sur Semporna pour le but ultime de ce voyage plongée en Malaisie : la mythique île de Sipadan !

Mise à jour 2018. L’orang-outan est vraiment devenu l’animal emblématique de la vie sauvage victime de la déforestation. Illustration avec la vidéo ci-dessous, où l’on voit un orang-outan de Bornéo face à un bulldozer. Diffusée par l’organisation International Animal Rescue, elle est devenue virale sur Twitter, début juin 2018 (mais la vidéo date en fait de 2013). 

  Malaisie : péninsule et Bornéo - juillet 2006

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