J’ai déménagé avant-hier sur l’île de Lembeh, située sur la côte ouest du Nord-Sulawesi, juste en face du gros port de Bitung. Au fond du détroit, planqués dans le sable noir, vivent de petits monstres sous-marins qui font la joie des plongeurs-photographes.
Des plongées extraordinaires
J’ai posé mes sacs au Divers Lodge. Rob, le Hollandais qui dirige le resort avec sa femme Linda, une Indonésienne, est venu me chercher en voiture au port de Manado.
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Photo ci-dessus : un beau rhinopias mauve, photographié dans le détroit de Lembeh.
J’avais fissa réservé depuis la France, juste avant de partir, un petit package « 3 jours de plongée + 4 nuits » via son site internet, ayant appris, lors de mes échanges d’e-mails avec Christiane de Froggies que Rob était complet pour le mois de juillet à partir du 6…
Bigre! Je l’ai échappé belle. Moi qui pensais me pointer comme ça et aviser sur place, comme je le fais souvent, j’ai bien failli rater l’occasion de plonger dans le détroit de Lembeh. Et ç’eût été bien dommage, vraiment. Ce seront les plongées les plus extraordinaires de mon séjour à Sulawesi…
À Lembeh, il n’y a quasiment que des resorts luxueux, pas dans mes moyens. Divers Lodge est l’une des rares structures de plongées abordables, avec le Sulawesi Dive Quest voisin.
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Photo ci-dessus : ZE VIOU !!!!! Vue imprenable sur la baie, côté océan, depuis la terrasse de mon bungalow au Divers Lodge…
Le petit resort de Rob est un havre de paix, niché au milieu de la verdure. Ses jolis bungalows en bois, aménagés avec goût, sont pourvus de tout le confort (vraie douche et eau chaude, aaaahh!). Ils ont tous d’immenses baies vitrées avec vue exquise sur la petite baie aux eaux jade, côté océan, bordée de cocotiers.
Je savoure la quiétude des lieux. Luxe, calme et volupté… Délicate attention pour les photographes: il y a une multiprise dans la chambre, pour recharger les batteries.
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Photo ci-dessus : un hippocampe timide, planqué dans de petites algues jaunes.
Au Divers Lodge, on vit en vase clos, entre plongeurs, car le resort est isolé sur la partie sud de l’île de Lembeh. Je m’entends tout de suite bien avec Teresa, une Suisse de Zurich, très marrante, qui vient ici depuis de nombreuses années faire de la photo sous-marine.
C’est une mordue, qui totalise plus de 700 plongées dans le détroit… Teresa est équipée d’un appareil nettement plus imposant que le mien, avec caisson et flash high-tech. Elle fait de fabuleuses images, qu’elle met en ligne, elle aussi. Son site perso, ici: Starfish.ch.
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Photo ci-dessus : le très recherché “hairy frog-fish”, poisson-crapaud velu, chevelu ou poilu, comme on voudra!
La plongée dans le détroit de Lembeh diffère totalement de celle de Bunaken. Ici, c’est de la muck dive, littéralement « plongée-gadoue ». C’est-à-dire qu’on plonge, non pas sur des tombants ou un récif, mais sur un fond de sable, ici noir volcanique, dans une eau très chargée en particules et débris.
Et en palmant en douceur, au-dessus de ce fond pas très net, on découvre mille et une créatures sous-marines des plus bizarres, comme on n’en trouve nulle par ailleurs, planquées dans les débris ou sous le sable…
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Photo ci-dessus : un frog-fish en pleine action. Coup de bol, j’ai déclenché pile au bon moment. Quand il ouvre sa gueule pour happer sa proie par brusque aspiration d’eau, cela dure une fraction de seconde!
C’est tout à coup une feuille qui se met à nager (poisson-feuille). Un hippocampe qui se détache subrepticement d’un bout d’algue jaune. Un poisson-scorpion qui émerge d’un nuage de sable gris. Un poisson-crapaud ou poisson-grenouille (antennaire, en bon français), à peine visible contre un bout de caillasse, qui agite son leurre, sorte de mini-canne à pêche accrochée à sa tête, qui lui permet d’attirer ses proies à proximité de sa gueule…
Lembeh, paradis des photographes sous-marins
Là encore, l’œil exercé de nos guides indonésiens est indispensable… Teresa et moi avons un guide et un bateau pour nous toutes seules. C’est, comme chez Froggies, de la plongée grand luxe, je dois dire.
Notre guide Atu, est un jeune Indonésien à l’anglais hésitant, mais super doué pour dénicher les bestioles que nous voulons. Ces dames désirent un hairy frogfish (poisson-grenouille velu, poilu ou chevelu, comme on voudra) pour la plongée du matin?
Qu’à cela ne tienne, il suffit quasiment de lui passer commande pour avoir la bébête… Atu trouve tout!
Lembeh, c’est vraiment le paradis des photographes sous-marins. Je me régale, malgré l’eau plutot froide en cette saison, 26-27 degrés maximum. Je sors en frissonnant à chaque plongée, dans ma trop fine combi de 3 mm.
Toutes ces particules en suspension m’ont filé une otite, que je soigne, avec les gouttes appropriées, qui portent ici le nom évocateur d’Ottopain. Atu prend bien soin de toujours mettre une cagoule. Comme ça, il ne chope pas d’otite, lui…
D’autres articles sur le détroit de Lembeh
» Cargos rouillés et sable noir
» Nudibranches forever
» Les minimonstres de Lembeh

Tu vas rire, mais au lieu de lire « Divers Lodge », j’avais lu « David Lodge », et je trouvais que ça collait pas mal…
Au fait, en parlant de mal… à l’oreille, j’espère qu’Ottopain est efficace!
Mil besos, Lydie.
Bonjour
suite à un documentaire vu sur National Geographic, j’ai été vivement intéressé par ces créatures extraordinaires.
Ces poissons qui « marchent » sur le fond, des camouflages hallucinants.
On sent bien qu’une guerre permanente pour la survie a accéléré et amplifié les évolutions des espèces.
J’adorerais plonger là-bas.
J’ai vu un documentaire à la télé sur le détroit de Lembeh, une merveille. Ex-petit plongeur (problèmes cardiaques) N1, je me suis appliqué à regarder les petites bestioles, j’ai vu pas mal de choses, mais ce film (une merveille avec explications et tout le reste, merci au réalisateur), dommage, il n’est pas dans le commerce!!! J’ai compris qu’avec tuba et masque ce n’est pas la peine d’aller là-bas!!!
@Marc: Oui, j’ai raté ce documentaire, dont beaucoup de monde m’a parlé. Dommage… Peut-être y aura-t-il une rediffusion? On peut peut-être le trouver sur internet? Je vais chercher…

Effectivement, le site et ses étranges bébêtes ne peuvent pas vraiment s’apprécier en snorkeling. En général, le fond sur lequel on reste à flashouiller ces petites créatures hallucinantes est dans les 20 mètres. Pour ma part, j’espère bien y retourner, surtout que je suis maintenant équipée d’un bien meilleur appareil-photo qu’en 2007.
J’ai la chance d’avoir enregistré ce sublime documentaire. Corinne, bien entendu, copie possible. Reste à voir comment te le transmettre .. mais je suis sûre que tu vas avoir une solution. Tu as notre mail …. A plus
isa et marco
P.S – on retourne à Lembeh à la fin de l’année, mais les photos (amateurs) ne valent pas la vidéo professionnelle … ni les conditions dans lesquelles il est possible de le faire (j’ai un article sous le coude pour « ontheplouf », à mettre en ligne très vite!) :
@IsaetMarco: Oh, mais vous êtes adorables… Je vous recontacte en privé par e-mail très vite ! Merci d’avance de cette gentille proposition.

Quant à Lembeh, j’ai bien envie d’y retourner moi aussi. Il va être temps que j’arrête mes projets pour l’été prochain. En attendant, je vais surveiller OnThePloufAgain !
Bonjour Corinne, j’aimerais y aller, à Lembeh.
Pouvez-vous me guider ?
@Kirhan: Je suis retournée à Sulawesi et Lembeh, trois ans après ce premier voyage (qui date de 2007), voir ici :
http://petitesbullesdailleurs.fr/voyage-sulawesi-indonesie-2010/
Pour plonger à Lembeh, j’ai opté pareillement pour Divers Lodge. Vous pouvez visiter leur site et les contacter si besoin, il y a pas mal d’indications sur Lembeh et comment y aller:
http://www.diving-on-sulawesi.com/f/home.html
Il vous faudra dénicher un billet d’avion pour Manado, dans le nord de Sulawesi. Il n’y a bien sûr pas de vol direct depuis la France, cela passera forcément par Singapour, Kuala Lumpur ou Jakarta.
Bons préparatifs !