Un hippocampe pygmée jaune, gros comme l'ongle de mon petit doigt. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)
Un hippocampe pygmée jaune, gros comme l'ongle de mon petit doigt. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)

Dernières bulles à Pantai Liang

  Indonésie : Sulawesi - juillet 2007

Déjà mon dernier jour à Bunaken  ! J’ai de nouveaux voisins, au Nyiur Melambai : Olivier et Ariane, et leur trois filles, Alizé, Flore et Jade. Des Grenoblois qui arrivent de Bali. Nous prenons nos repas ensemble le soir dans le grand resto désert et sympathisons vite. Je suis un peu triste à l’idée de partir demain.

Je commence déjà à prendre mes petites habitudes ici. À me faire aux moustiques (nyamouk), à la douche fraîche et salée du mandi (dur d’avoir de l’eau douce sur cette île !), au poisson grillé-riz du soir, au fabuleux buffet du midi chez Froggies, à la gentillesse inépuisable des gens du coin.

La plage, Pantai Liang, à marée basse. Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.
La plage, Pantai Liang, à marée basse. Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.

Ça me plaît bien, l’île de Célèbes alias Sulawesi… En tout cas, le peu que j’ai pu voir, en cinq petits jours, du Nord-Sulawesi : c’est-à-dire, pour l’instant, un bout d’île minuscule, des rues embouteillées lors de la traversée de Manado et la route de l’aéroport…

Peu ou pas de femmes voilées, ici : on est dans une enclave chrétienne, dans le plus grand pays musulman du monde. Des tas d’églises kitschissimes bordent les routes : beaucoup d’adventistes, d’évangélistes, quelques édifices catholiques.

Le gouvernement a bien tenté d’édifier des mosquées dans chaque ville et village chrétiens, mais elles restent vides, faute de fidèles… Sur la route, on croise des voitures qui affichent sur leur pare-brise « Jesus is my pilot ». Il paraît que même le logo de la fameuse pub Pentium « Intel inside » a été ici détourné en « Jesus inside »

Manado Tua, l'île-volcan en face de Bunaken, vue depuis Pantai Liang. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)
Manado Tua, l’île-volcan en face de Bunaken, vue depuis Pantai Liang. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)

Je suis allée me balader vite fait, hier soir, avant la tombée de la nuit (et elle tombe tôt, sous ces latitudes, dès 18h-18h30), dans le minuscule village situé au-dessus de “ma” plage, celle de la côte ouest de Bunaken, appelée Pantai Liang.

Il faut gravir un long escalier un peu raide, puis suivre le chemin entre les bananiers et les cocotiers. Des bicoques branlantes avec poules qui picorent dans la cour, sur le pas de la porte, alternent avec de pimpantes maisonnettes pourvue d’un gros téléviseur et de mobilier de salon cossu, qu’on aperçoit par les portes-fenêtres ouvertes.

Je ne sais si c’est parce qu’on était samedi soir, mais chacun avait mis sa sono à fond… Ambiance karaoké au village ! Les gens étaient un peu surpris de me voir passer là, mais chacun y allait de son « hello ! » et petit geste de la main affable. J’ai compté trois églises, rien que pour cette poignée de maisons.

Je n’ai pas eu le temps de me rendre dans le “bourg” de Pantai Pangalisang, la plage-mangrove située sur la pointe est de l’île. Mais en passant au large, avec le bateau de plongée, on aperçoit bien une grosse construction façon gâteau d’anniversaire, une autre église…

Du large, on aperçoit l'église de Pantai Pangalisang. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)
Du large, on aperçoit l’église de Pantai Pangalisang. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)

J’essaie d’apprendre quelques mots d’indonésien supplémentaires, mais mes progrès sont lents… Le soir, je suis trop crevée pour les devoirs de vacances et les exercices linguistiques. D’autant que je suis en train d’échafauder la suite de mon séjour.

Après de longues discussions avec Ariane et Olivier, qui, comme moi, n’ont rien planifié de définitif, et sur les conseils avisés de Tommy, l’Indonésien qui dirige Froggies avec Christiane, nous décidons de renoncer au parc naturel de Tangkoko, infesté, nous a-t-il dit, de moustiques et de redoutables moucherons qui piquent façon sandflies (piqûres sans gravité, mais qui démangent terriblement)…

Tomohon, dans les montagnes, à proximité de Manado, nous semble une étape nettement plus sympathique : il y a des volcans plus ou moins endormis, des lacs, donc un lac de souffre, et de chouettes balades à faire, accessibles à toutes les jambes.

C’est décidé. J’ai encore prévu de consacrer trois jours à la plongée en ce début de séjour, mais sur l’île de Lembeh, où je déménage demain.

Située sur la côte est de la pénisule, l’île est à un peu plus d’une heure de route de Manado, puis une vingtaine de minutes de bateau depuis le port de Bitung. Après, j’irai donc me mettre au vert un-deux jours à Tomohon, pour sécher un peu et voir autre chose que des poissons. En même temps, je ne m’en lasse pas, de la poiscaille (sauf dans mon assiette)…

Et je ne suis pas peu fière d’avoir réussi, après moult essais infructueux, le cliché de ce minuscule hippocampe, ci-dessous, pas plus gros que l’ongle de mon petit doigt…

Un hippocampe pygmée jaune, gros comme l'ongle de mon petit doigt. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)
Un hippocampe pygmée jaune, gros comme l’ongle de mon petit doigt. (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)

Il refait beau, je profite allégrement des dernières bulles à Bunaken. La faune de tous ces tombants est riche, variée, mais cependant moins spectaculaire qu’à Sipadan, dans la même mer de Célèbes, au large de la partie malaise de Bornéo. (Lire mon récit de juillet 2006 : Sipadan : nage avec les requins.)

Bon, je vais arrêter de faire ma plongeuse gâtée… Il y a tout de même de quoi bien s’amuser ici avec le “petit”. Et on apprécie d’autant plus de croiser du “gros”, à l’occasion. Comme cette grosse tortue, qui est venue me dire au revoir. Un peu malgré elle, la pauvre…

Coucou la tortue ! (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)
Coucou la tortue ! (Bunaken, Nord-Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.)

Elle m’est passée sous le nez, brusquement tirée de sa petite sieste dans une cavité du tombant, par mes flashes répétés. Je lui bloquais la sortie, accaparée comme je l’étais par les détails exquis d’un nouveau nudibranche et le focus récalcitrant de mon mode macro…

Inutile de dire qu’elle a filé fissa dans le bleu sans demander son reste !

  Indonésie : Sulawesi - juillet 2007

  1. Épatant!
    J’ai lu et relu ton récit , épatée je suis; nous évoquerons sans doute demain, Hélène et moi, les débuts de ce fabuleux voyage, c’est un enchantement…
    Je quitte la grisaille bretonne demain après-midi et espère dîner en terrasse en compagnie d’Hélène et Grégory, place de la Comédie, au soleil et dans une douceur vraiment estivale…
    J’ouvrirai à nouveau ton livre de voyage dès mon retour dimanche soir, avant de repartir en vacances vers le sud.
    Au revoir Bunaken, mil besos, Lydie.

  2. Épatée… oui. Mais en ces durs jours de labeur pour moi, j’ai quand même du mal à réaliser qu’il existe des endroits comme ça!!! Néanmoins, grâce aux photos, je me dis que oui, c’est vrai, ça existe; et ça me fait du bien après cette longue journée de travail avec Saburo (le chorégraphe japonais) qui n’a pas eu pitié, nous a achevé!! J’en peux plus!! Et pour couronner le tout, suis rentrée sous la pluie (froide)!!!! Bon, au moins, y a pas de risque que je me fasse piquer par un moustique!!!
    Demain, départ en bus pour Montpellier, répétition, et enfin un petit moment de détente avec maman… En terrasse….?? Je l’espère… Mince,on est en juillet, il devrait faire beau et chaud!!!
    Je t’embrasse fort; bonne continuation de vacances!!! Attention aux moustiques!!!!!

  3. Salut la reine des bulles!
    6h du matin à Rennes et le ciel est déjà, toujours et encore gris. Bref une nouvelle journée de m… Je viens de rentrer d’un reportage et me plonger dans tes récits m’offrent une parenthèse de paradis avant de reprendre le taf. Veinarde. Je ne peux que regretter de ne pas disposer d’un télétransporteur à la Star-Trek pour voir de mes yeux tout ce que tu nous décris. Et dans tes mots, on sent ton émerveillement, qui est communicatif… Je relis encore et encore et…
    Continue de nous apporter du soleil et du rêve et vivement la suite des aventures! Big bisous.

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