Virée à moto entre lacs et volcans

À 7h tapantes, comme prévu, Anto est là avec sa moto. Première étape de notre parcours, concocté pour nous par le guide Yoce : le mont Mahawu. Grimpette facile, même pour une non-marcheuse comme moi.

Le cratère du volcan Mahawu

En 40 minutes, sous l’ombre rafraîchissante d’une forêt mêlant conifères et végétation tropicale, avec bosquets de bambous plus gros que ma cuisse, on rejoint le bord du cratère de ce volcan en sommeil.

Au fond, de drôles de petits lacs verts et bleus, et de la roche jaune souffrée.

La vue est superbe, le ciel est clair et dégagé, si bien qu’on voit jusqu’à la mer. Tout au loin, dans la chaleur bleutée, on distingue même les îles de Manado Tua et Bunaken.

En chemin, on croise un groupe de jeunes Indonésiens qui ont campé sous la tente, un peu plus bas. La destination est populaire, le week-end.

La jeune fille du centre internet où je rédige ces lignes, est venue me dire, en apercevant la photo ci-contre, qu’elle y est allée avec des amis il n’y pas longtemps, et qu’ils sont même descendus, avec des harnais d’escalade, tout au fond du cratère…

Le lac vert : Danau Linow

Nous repartons ensuite pour Lahendon, admirer un autre phénomène tellurique : le lac de souffre vert Danau Linow (danau signifiant lac).

La couleur jade de ce lac toxique, sans poisson ni nénuphars, entouré de sources d’eaux chaudes et d’émanations gazeuses, est stupéfiante. Un vert intense, violent, comme artificiel.

Le lac de souffre Danaw Linow, près de Lahendon, d'un vert jade spectaculaire. Nord-Sulawesi, Indonésie.
Le lac de souffre Danaw Linow, près de Lahendon, d’un vert jade spectaculaire. (Nord-Sulawesi, Indonésie)

Anto m’emmène ensuite à Sonder, gros bourg plein de fleuristes, comme Tomohon, ou sèchent les clous de girofle le long de la route, étalés sur des toiles ou des bâches. Notre but, une impressionnante cascade, planquée non loin de la route, dans un bout de jungle.

« Dua puluh lima meters », m’affirme-t-il. Les nombres, en indonésien, je maîtrise : 25 mètres de haut, donc. J’opine du chef et il pointe le doigt sur mon appareil-photo. OK. Je prends la pose devant la cascade et il me tire le portrait.

Nous traverserons ensuite plusieurs villages, dont celui de Kawahgkoan (si je ne me trompe pas dans le nom), spécialisé dans la fabrication de céramiques. Le tout au milieu de très beaux paysages de rizières, par de petites routes de campagne pas trop fréquentées. La balade est sympa comme tout.

Comme c’est le jour du Seigneur, il y a plein de gens endimanchés dans les villages, aux abords des églises. La région est majoritairement chrétienne. Et je ne résiste pas au plaisir de photographier un de ces incroyables édifices, kitsch à souhait…

Une église chrétienne très kitsch, dans la région de Tomohon. Nord-Sulawesi, Indonésie
Une église chrétienne très kitsch, dans la région de Tomohon. (Nord-Sulawesi, Indonésie)

Nous terminons le parcours par l’immense lac de Tondano. Un lac aux allures de petite mer, avec des vagues et le vent qui souffle.

L’immense lac Tondano, dans la région de Tomohon. (Nord-Sulawesi, Indonésie)

Il y a plein de restos au bord de l’eau, où on sert bien évidemment du poisson du lac. Nous déjeunerons là et je tenterai bravement de faire la conversation à Anto, armée de mon petit guide Assimil.

Se mettre à l’indonésien

Pas de secret, pour les langues : c’est toujours quand on est vraiment obligé de s’y mettre qu’on fait des progrès spectaculaires… Depuis ma virée à moto avec Anto, je n’ai jamais aussi “bien” parlé. Outre les formules de politesse courante que je maîtrise déjà à peu près, j’ai appris plein de nouveaux mots : monter, haut, chaud, beau, fatigue, descendre, lentement, vert, source et cascade, poisson, délicieux (mais oui, il était excellent ce poisson du lac !), rassasiée, etc. My bahasa indonesia is rich ! ! !

Le soir, avec Yoce, je continue la leçon. Son rêve à lui est d’apprendre sérieusement le français, dont il a appris phonétiquement quelques phrases et mots. Il me fait répéter des formules basiques en indonésien, après le dîner. M’enseigne les mots à introduire pour indiquer le passé, le présent continu, le futur. Je traduis pour lui en français le menu du restaurant.

En plus d’être guide, Yoce se pique de faire en “free-lance”, dixit himself, le reporter pour ce que je suppose être la feuille de chou locale.

Je m’écroule dès 20h30-21h, épuise par ma virée de la journée. « Salamat tidur ! Bonne nuit ! »

Le soir à Tomohon, grâce à la légère altitude, il fait frais. C’est bien agréable, de sentir la température varier entre le jour et la nuit. Et ça change de la touffeur de Manado. L’autre bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de moustiques !

  Indonésie : Sulawesi - juillet 2007

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