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Voyager en solo

« Et tu pars seule? Oh, là là, moi je ne pourrais jamais! » Si vous saviez combien de fois on m’a sorti ces phrases… Pour beaucoup de gens, voyager en solo est inconcevable. J’ai peine à comprendre pourquoi.

C’est au contraire une chance de pouvoir partir seul(e). Et j’y trouve plein d’avantages.

Petitesbullesdailleurs.fr © Corinne Bourbeillon

Mais quand je parle autour de moi de mes escapades en solo au bout du monde, j’ai l’impression qu’on me prend (au choix) pour une espèce d’amazone super courageuse, ou pour une fille pas très normale limite asociale. Hum.

À croire que les mentalités n’ont guère évolué depuis les siècles passés… Aujourd’hui encore, une femme ne devrait pas voyager sans chaperon!?  :lol:

Alors oui, je pars seule. Ça n’a rien d’extraordinaire ni d’incompréhensible. Je ne vais tout de même pas renoncer au plaisir de découvrir d’autres horizons, sous prétexte que je n’ai personne à disposition pour partir avec moi? Hein?

J’ai fait des tas de voyages, en compagnie d’un amoureux, en compagnie d’une copine, en compagnie d’un groupe (plus rarement). Ces derniers temps, il se trouve que je voyage en solo. Et je dois dire que ça me plaît bien.

Ça n’est ni difficile ni risqué. Ni triste ni malsain. C’est même tout le contraire.

:P

Seule mais pas solitaire

Petitesbullesdailleurs.fr © Corinne Bourbeillon

Ceux qui n’ont jamais tenté l’expérience ne s’en rendent pas compte, mais le voyage en solo est rarement synonyme de solitude. On ne fait jamais autant de rencontres que lorsqu’on voyage seul(e).

C’est encore plus vrai lorsqu’on pratique comme moi une activité comme la plongée. Vu qu’on reste une journée entière sur un bateau avec d’autres plongeurs, on se lie facilement d’amitié. Souvent, on se retrouve après le soir pour boire un coup ou pour dîner…

De façon générale, les gens, qu’ils soient touristes, expatriés ou locaux, viennent plus facilement vers vous et engagent volontiers la conversation quand ils voient que vous êtes seul(e). Au point que cela devient même difficile de profiter de moments de solitude quand vous les recherchez!

Je me revois à l’île de Tioman, en Malaisie. J’avais ce soir-là décliné une invitation à dîner avec mes compagnons de plongée, désireuse d’avoir enfin un peu de temps à moi pour écrire dans mon petit carnet, peinarde, sans être dérangée. Résultat, c’est le serveur du resto où j’ai traîné qui n’a pas pu s’empêcher de venir me faire la causette après son service. Le genre de gars que je classe dans la catégorie “gentils enquiquineurs”. Pas méchant, mais un peu pot de colle. Dans ces cas-là, mon carnet est une arme redoutable: j’explique que j’ai du boulot, je feins d’être un genre de “travel writer” qui a des tas de choses à écrire, et le gars, impressionné, me laisse alors à mon “travail”…

À Pemuteran (Bali), l’été dernier, je n’ai pas passé une seule soirée seule. Un coup, dans un minuscule resto local où ça manquait de tables, c’est un couple d’Allemands tout à fait charmants qui m’ont proposé de venir m’asseoir avec eux et nous avons passé une agréable soirée à papoter. Un autre soir, c’est un couple d’Américains avec qui j’avais plongé dans la journée qui ont insisté pour m’avoir à leur table. Le lendemain, ce sont les Balinais qui tenaient la supérette près de ma guesthouse qui m’ont invitée à la fête qu’ils organisaient pour le mariage de leur fils

Et puis, il y a des gens qui deviennent des amis le temps du voyage. En Malaisie, j’ai eu le plaisir de retrouver, de Perhentian Kecil à Tioman, Maz et Alex qui accomplissaient un périple humanitaire. À Sipadan (Bornéo), c’est avec ma “buddy” de plongée, Sabrina, qui voyageait en solo elle aussi, que j’ai bien accroché. À Sulawesi, c’est toute une famille de Hollandais rencontrée dans le bus Makassar-Rantepao qui sont devenus des compagnons de route et des amis, pour une bonne partie de mon voyage, jusqu’aux îles Togian. Toujours à Sulawesi, c’est avec des Espagnols très sympas, Joseba et Ana, que j’ai fait des virées à moto dans les villages et les rizières du pays Toraja. Sur l’île de Siquijor, aux Philippines, Marika et Shareef, mes voisins de bungalow, couple suisso-maldivien, sont devenus des potes. On s’est fait des soirées mémorables avec Neal et Raul, les deux Philippins qui bossaient chez Kiwi Dive et nous ont fait découvrir l’île…

Bref. J’en oublie plein. Je ne compte plus les balades, apéros, bouffes et soirées auxquels j’ai été conviée. Non, vraiment, impossible de rester seul(e) quand on voyage en solo!

:D

Vive la liberté !

Petitesbullesdailleurs.fr © Corinne Bourbeillon

Autre avantage, quand on part seul(e) : on fait ce qu’on veut, quand on veut. Sans avoir besoin de l’assentiment d’un(e) autre. Sans dépendre des contraintes d’un(e) autre. Quelle liberté!

On mange ou pas, à l’heure qu’on veut. On scotche ou pas dans un coin qu’on a trouvé sympa. On n’a de compte à rendre à personne. On n’a pas besoin d’être deux à aimer la guesthouse qu’on visite. On n’est pas obligé d’avoir les mêmes envies au même moment, ni de faire des compromis sur certaines activités ou excursions…

J’ai aussi l’impression que cette liberté rend plus réceptif, plus attentif, plus disponible. Sans compagnie, on est davantage sensible à l’atmosphère d’un lieu. Plus ouvert, peut-être, à d’autres cultures, d’autres mentalités, d’autres façons de penser.

Le fait de ne pas être accaparé par la présence d’un compagnon ou d’une compagne de voyage, qui parle la même langue que vous, qui vient du même monde que vous, ça épure les sensations, la pensée, le regard. On s’imprègne mieux du pays. On en a une approche, une vision plus personnelles. Pas d’interférence, pas d’influence, si bienveillantes et complices soient-elles.

C’est même un sacré avantage, parfois, d’être une “lonely voyageuse”. Comme vous êtes seule, les autres femmes osent vous approcher. La conversation s’amorce, vous inspirez la curiosité, elles veulent tout savoir de vous. Évidemment, ça les étonne que vous voyagiez comme ça, sans mari, sans enfant, sans personne. En même temps, elles vous assurent (par politesse, souvent) qu’elles trouvent ça très bien. Vous les rassurez un peu, en disant que vous avez tout de même des amis, avec qui vous plongez ou faites un bout de chemin…

Le fait d’être seule vous ouvre des portes, fait tomber la timidité. La vôtre et celle des autres.

8)

Des inconvénients ?

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Alors oui, il  a bien des petits inconvénients à voyager seul(e), mais ils me paraissent minimes, comparés à l’infinie liberté que procure le voyage en solo. Ce sont en fait des inconvénients d’ordre purement matériel.

À deux, l’hébergement coûte forcément moins cher, puisqu’on divise les frais. Et rien ne m’irrite plus que les resorts et hôtels qui infligent une surtaxe exorbitante aux voyageurs qui ont l’outrecuidance de ne pas aller par paire… Grrr. Je hais tous ces tarifs alléchants qu’on trouve sur le web avec cette charmante parenthèse en petit à la fin (sur la base de deux personnes).

Idem quand il s’agit de payer avec sa seule petite bourse un transport privé, lorsqu’il n’y a pas de transport en commun. Mais jusqu’à présent, je me suis souvent débrouillée sans trop de mal pour partager le prix d’un taxi, d’un bateau, avec d’autres voyageurs rencontrés en chemin.

Le plus embêtant, en fait, quand on voyage seul(e), c’est d’avoir un souci avec l’argent: perte ou vol de carte bleue, ou de cash… À deux, il reste la carte ou les sous de l’autre. Quand on ne peut compter que sur soi, il faut faire gaffe. Ça m’est arrivé trois fois de galérer pour ça.

La première fois, c’était à l’aéroport de Siem Reap (Cambodge). Je n’avais plus assez de dollars pour payer la taxe de départ, plus élevée que ce que je croyais, et le seul ATM (distributeur automatique) de l’aéroport n’acceptait que les Visas (et à l’époque j’avais une MasterCard). Toute honte bue, j’ai donc mendié un à un les quelques dollars qui me manquaient auprès des touristes qui attendaient là avec moi. Les gens on été sympas et m’ont dépannée.

La deuxième fois, j’ai tout bonnement perdu ma carte en Thaïlande… au fond de mon sac (si, si, ça arrive). J’ai fini par la retrouver, bien planquée dans une poche que je n’utilise jamais, juste après avoir fait opposition! J’ai été bonne pour téléphoner à ma frangine et lui demander de faire pour moi, depuis l’Europe, un coûteux transfert d’argent Western Union, histoire d’avoir de quoi finir les vacances.

Enfin, la troisième fois, c’était à Bangkok, en fin de séjour. Je voulais faire un peu de shopping au MBK Center et retirer des bahts. Sauf qu’après trois semaines passées dans les îles, j’avais oublié (si, si, ça arrive) mon code. J’ai tapé trois fois de suite un code erronné et ma carte s’est fait avaler. J’ai pu la récupérer, car la banque où je voulais faire le retrait était ouverte. Mais la carte, elle, avait été désactivée automatiquement… Il me restait heureusement assez de cash pour les menus frais d’avant le départ. Mais j’ai dû renoncer au shopping.

:x

Sécurité

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Hormis ces menues mésaventures, il ne m’est jamais rien arrivé de fâcheux lors de mes voyages en solo. Mon tempérament optimiste m’incite à croire que ça ne peut que continuer ainsi.

Évidemment, je ne traîne jamais seule à pas d’heure dans des quartiers mal famés. Mais je ne le fais pas chez moi non plus. Que ce soit au bout du monde ou dans mon propre pays, je garde un minimum de bon sens. La jugeotte suffit amplement, en terme de précautions à prendre.

Je n’ai jamais eu de sentiment d’insécurité. Beaucoup de filles me posent la question, mais globalement, les pays d’Asie du Sud-Est où je me suis baladée sont des endroits sûrs pour une touriste voyageant seule. Il m’est bien arrivé une ou deux fois de m’inventer un mari qui devait me rejoindre sous peu, histoire de décourager quelques gentils enquiquineurs, mais c’est tout.

Je ne cours aucun risque, vraiment, à m’envoler avec ma petite personne pour seule compagnie vers un ailleurs lointain. Je ne voyage pas dans des pays en guerre. Je ne me mets pas en danger physique. Je n’accomplis pas d’exploit. Je ne suis pas une exploratrice. Juste une rêveuse, une promeneuse…

:roll:

Face à soi-même

Petitesbullesdailleurs.fr © Corinne Bourbeillon

Tout ce que je risque, à partir ainsi, c’est d’être dépaysée et transformée, de revenir plus riche de rencontres, de souvenirs, d’émotions. De mieux me connaître aussi. Se retrouver face à soi-même, loin de ses repères habituels est une expérience intéressante, instructive.

On se redécouvre sous un jour nouveau. On se découvre des qualités, des ressources insoupçonnées. Des faiblesses, aussi. Mais du coup, on sait à quoi s’en tenir vis à vis de soi-même.

Et franchement, c’est très gratifiant de savoir un peu mieux qui on est. Une fois allégé de tout, quand on n’a plus rien d’autre qu’un sac de voyage à se coltiner, on est plus clair envers sa petite personne. On se raconte moins d’histoires, on cerne mieux ce qui est réellement important.

Ça aide ensuite pour la vie de tous les jours. De ce point de vue, le voyage en solo, qu’on soit un homme ou une femme, est une expérience inestimable.

:-)


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Il y a 38 commentaires

  • Denis

    J’avoue que la première fois que je suis parti seul, j’ai eu certaines appréhensions, mais finalement j’ai tout simplement adoré. On est plus dispo et plus ouvert.

  • Nono

    C’est vrai que c’est en général plus facile, plus simple de voyager seul. Quand on perd sa carte bleue (ça m’est aussi arrivé,on me l’a volée dans une banque) c’est le grand système D.

  • Corinne

    @Denis: On est plus dispo et plus ouvert, c’est bien l’impression que j’ai moi aussi. Mais c’est drôle, je n’arrive pas à me souvenir quand c’était, la première fois que je suis partie toute seule… Et je ne me rappelle pas avoir eu d’appréhensions particulières.
    :roll:

    @Nono: Ben oui, c’est tellement plus facile et plus simple, que je ne comprends vraiment pas pourquoi ça impressionne à ce point les gens quand j’en parle autour de moi… Curieux. Sinon, pour les déboires de carte bleue, je te tire mon chapeau, tu es la championne toutes catégories! Se faire piquer sa carte… dans une banque!!! Faut le faire!!!
    8O

  • Odile

    J’adhère tellement à ce que vous dites du voyage en solo, que je pratique moi aussi assidûment partout (mais surtout en Asie du Sud-Est), depuis des années, que je ne peux m’empêcher de coller mon grain de sel. Et je suis bien plus âgée que vous.

    Cela reste pourtant sans problème. Je n’ai pas connu vos déboires d’argent. J’ai juste une fois eu un accident à Bali et ça a été un peu galère pour rejoindre seule et marchant difficilement, un transport… mais je m’en suis sortie. C’est plus fastidieux en Chine au sens de fatiguant, voire parfois épuisant parce qu’il faut tout régler seule, tout le temps (hébergement, transport, formalités…), mais c’était de 1985 à 1991 et ça a dû s’améliorer.

    Effectivement, cela attire les confidences des femmes du coin à notre encontre. Les hommes peuvent être plus difficiles à convaincre et il faut parfois mentir, s’inventer toute une famille et surtout des enfants, pour avoir la paix. Je le fais néanmoins rarement car je n’aime pas mentir. Advienne que pourra!

    Et quel délice de se retrouver seule sur des plages perdues (alentours de Banggi à Bornéo ou Palawan aux Philippines par exemple ou à Rodrigues (vers Maurice), d’avoir la mer entière, enfin l’impression de… On se sent alors tellement plus près de la nature, c’est comme si on se jetait dedans à bras ouverts. Et on peut lui crier, voire hurler qu’on l’aime, comme j’ai fait dans la jungle de Bornéo ou du Brunei, plus d’une fois et se surprendre à parler à un animal qu’on vient de croiser. Et on peut se retrouver l’invitée d’une tribu perdue (Penan vers Bario dans les Kelabit Higlands, toujours à Bornéo), justement parce qu’on était seule et que ça facilite le contact, qu’on est facile à inviter. Et on peut même repartir avec des cadeaux (concombres du minuscule jardin sauvage bien caché lui aussi).

    Moi, je ne plonge pas mais je marche beaucoup avec un petit sac, de l’eau, des fruits et des biscuits et l’on m’invite souvent dans les villages et je mets aussi ce que j’ai sur la table collective. Et c’est toujours spontané et inattendu. QUEL BONHEUR!

    Non, il n’y a pas de risque si on aime les gens, leur pays, la nature… ils le sentent. Et je joue beaucoup avec les enfants qui m’apprennent plein de trucs… C’est tout un monde. DU VIVANT, ENFIN! Je pourrai écrire des livres là-dessus.

    Bien à vous et complice,
    Odile

  • Manta

    J’ai eu la chance de partir seule, en couple, avec des amis…
    Chaque configuration a ses avantages et ses inconvénients, sa liberté ou ses concessions.

    Il y a des choses que je n’aurais pas faites seule, comme louer une moto pour se promener ou chartériser un bateau entre amis… Il y a des souvenirs que je suis ravie de partager et d’évoquer avec mon binôme… A 2, on se permet plus facilement des chambres un peu plus cosy…
    A plusieurs, on négocie plus facilement des tarifs, des visites, on partage certains frais.

    Seule, en couple, entre amis, l’important c’est aussi de ne pas avoir l’impression de sacrifier ses vacances aux envies des autres, de se garder des activités différentes si les envies ne sont pas les mêmes… on a déjà assez de contraintes comme ça au quotidien!

    Souvent, je passe une partie des vacances avec des amis, par exemple pour une croisière de plongée. De retour à terre, chacun poursuit ses vacances entre repos, d’autres visites ou destinations, re plongées ou retour à la maison… Même dans un groupe, je comprends très bien cette envie de retrouver quelque temps sa liberté.
    D’ailleurs, en dehors de la plongée, chacun vit sa vie… il nous arrive souvent de nous croiser en train de se promener chacun de son côté… ça nous fait bien rire quand on se croise sur le bord d’une route… on échange les bons plans (achats, restaus, paysages et monuments…) que l’on a découvert.
    L’important si on ne part pas seul est que le but ne soit pas de rester obligatoirement collés les uns aux autres, sans communiquer avec l’extérieur… (une amie a récemment passé 10 jours de croisière seule avec un groupe pré formé… qui ne lui a pas adressé la parole de tout le séjour!), que chacun soit ouvert et autonome et respecte la liberté des autres.

    Seul ou à plusieurs, c’est aussi et surtout un état d’esprit.
    Il suffit de voir le nombre de personnes qui exigent un hôtel francophone, qui ne mettent pas les pieds en dehors de leur all-inn doré… ils voyagent sans désir d’ouverture et d’aventure… le voyage solo n’a alors pas la même saveur… Chacun ses choix, ce n’est juste pas la même façon de vivre ses vacances.

  • Marie-Julie

    Tellement, tellement, tellement. Tu as parfaitement décrit (pour changer! lol) les raisons pour lesquelles j’aime partir seule. Maintenant que j’ai une famille, c’est plus difficile, mais je trouve des avantages à cette nouvelle situation aussi. Transmettre ma passion du voyage à ma fille est plus épuisant, mais tellement gratifiant!

    Par contre, j’avoue par moment que j’aimerais être un mec. Dans la plupart des pays d’Asie, je me sens en sécurité, mais j’évite parfois des coins qui m’attirent parce que je ne m’y sentirais pas aussi à l’aise. Tout ne peut pas être parfait…

  • MissChocoe

    Wow, très inspirant ce billet! Je songe à partir seule en voyage pour la première fois prochainement, mais je dois avouer que ce beau projet donne des papillons, des gentils comme des plus pernicieux!

    Il semble y avoir un penchant pour l’Asie pour les filles seules. Quel serait la meilleure destination? D’autre régions se prêtent-elles à ce genre de voyage également? Pour ma part, c’est l’Australie qui m’attire; je pense bien que j’y serais autant en sécurité qu’ici. Par contre, après avoir entendu plusieurs récits de voyages fort intéressant, l’Asie pourrait être une option (et sans aucun doute que le coût de la vie là-bas serait beaucoup plus raisonnable!).

    Merci pour ce beau témoignage!

  • akway

    Bravo !

    superbe article, chaque personne ayant voyagé seule s’y reconnaitra je pense.
    En tout cas ce fut mon cas, tu décris très bien l’état d’esprit qu’on acquière aussitôt en partant seul. On va plus à la rencontre de l’autre et surtout, on est plus ‘a l’écoute’ des autres!
    je plussoie aussi fortement sur le fait qu’on fait énormement de rencontres et que les gens viennent plus facilement vers une personne seule … moins peur de se faire refouler je pense.

    Continue à nous faire rêver !!

    :-)

  • Corinne

    Oh là là, je me suis un peu éloignée de l’ordi pour cause de sevrage tabagique (histoire de dissocier les habitudes clope + clavier + café) et j’en trouve, des messages!!!

    Un grand merci à tous de partager votre expérience ici. C’est vraiment passionnant de découvrir à travers les mots de chacun, les milles facettes du voyage.

    @Odile: Je me suis permis, comme je vous l’ai indiqué par e-mail, de remettre ici, sous forme de commentaire, le si beau message que vous m’aviez adressé. Votre témoignage me touche beaucoup.
    :-)

    @Manta: Entièrement d’accord. Que l’on parte seul, à deux ou en bande, la vraie liberté est une question d’état d’esprit. Mais chacun vit ses vacances de la manière qui lui convient… Je ne me pose pas en juge, bien au contraire. Pour ma part, le voyage en solo s’accorde fort bien à mon petit caractère très indépendant!
    :wink:

    @Marie-Julie: J’ai rencontré quantité de gens qui voyageaient avec leurs enfants. Les petits bouts, ça ouvre des tas de portes, il y en aurait à dire, là aussi… Le but de ce billet était de démystifier un peu l’aspect prétendûment “aventureux” du voyage en solo, de montrer que c’est en vérité très simple, et très enrichissant. Je me doutais bien, qu’une fois encore, on se trouverait quelques points communs… Mais comme toi, pour certains coins, notamment dans les pays musulmans, je me dis que j’aimerais bien être un homme, parfois.
    8)

    @MissChocoe: Ah, comme j’aime cette expression d’outre-Atlantique, “avoir des papillons dans le ventre”!!! Oui, c’est exactement ce que je ressens moi aussi, à chaque nouveau départ. L’Asie a l’avantage en effet d’être très sûre pour une lonely voyageuse, globalement, les gens sont très respectueux; et puis oui, ça n’est pas cher… Souvent, pour une première approche “facile”, je conseille la Thaïlande. Moi aussi, j’irais bien en Australie un de ces jours… Un vieux rêve!!!
    :roll:

    @Akway: Je suis contente de voir que ton point de vue masculin rejoint finalement mes impressions de fille en vadrouille… Il y a vraiment quelque chose de singulier, d’unique, à découvrir d’autres horizons en solo. Ça change la perception.
    :-)

  • Malene

    Mon grain de sel. Bien sûr, je suis d’accord, moi aussi je voyage le plus souvent toute seule pour mes vacances plongées (on devrait faire un club :roll: ).
    C’est vrai, on s’immerge davantage, sans le filtre de l’autre ou des autres qui nous rattache(nt) au quotidien et nous empêche de nous plonger complètement dans un autre monde. J’aurais l’impression d’être moins partie, si je devais passer une semaine avec un groupe de Français où tout est pré-organisé, même si c’était à l’autre bout du monde !
    Mais j’avoue que je triche un peu quand je pars, car je réserve toujours à l’avance dans les centres de plongées où j’ai envie d’aller. En Novembre, je ne veux pas rater Froggies, mais il me faudrait apprendre à être plus flexible!!!
    En tout cas je garde de super souvenirs de rencontres, aussi bien de locaux que de touristes comme moi, des gens qu’il aurait été plus difficile de rencontrer si je n’avais pas été seule.
    Et pour finir, j’ai particulièrement aimé le paragraphe “Face à soi-même” “on est plus clair envers sa petite personne. On se raconte moins d’histoires, on cerne mieux ce qui est réellement important.” C’est vrai, vrai, vrai !!! Et ça fait du bien, ça dépoussière la tête!
    Alors on va être quelques unes à trainer nos sacs de plongées, toutes seules comme des grandes, et bavarder sans cesse ensuite à raconter nos aventures sur terre et sous l’eau. :D

  • Cecile Gladel

    Ma copine Colette qui est une véritable globe trotter en solo pourrait confirmer les dires de ce billet. Les seuls problèmes rencontrés lors de ces voyages en solo, ce fut au Moyen-Orient. Car pour les hommes, elle n’existait pas. Sinon, jamais un problème.
    Bien d’accord !

  • Le matelot de la Galère

    Un coucou ce matin… Siratus est absente, mais c’était son anniversaire et je ne voudrais pas qu’il manque un matelot sur la Galère lorsqu’elle rentrera.

    Si vous pouvez, laissez-lui un message sous ce billet :

    http://siratus-alabaster.over-blog.com/article-30271905.html

    Merci.

  • Corinne

    @Malene: Partir seul(e) n’interdit pas quelques préparatifs préalables. Pour ma part, il est rare que je cale tout à l’avance (Préparatifs, mais pas trop!), mais sur des trucs bien précis, où je sais qu’il vaut mieux réserver, je le fais aussi. Ceci dit, quand tu es seule, il est assez facile de se pointer sans résa dans un centre de plongée, surtout si tu as ton propre matos… on trouve toujours à te caser sur le bateau!
    :D

    @Cécile: Oui, c’est le seul inconvénient que je vois: être une femme quand on veut découvrir certains pays musulmans… Mais ce n’est pas juste une histoire de religion, je crois, cela tient aussi à la culture, à l’éducation… L’attitude envers les femmes au Moyen-Orient n’a rien à voir avec celle que j’ai pu observer dans les pays musulmans d’Asie. En tout cas, en Indonésie, en Malaisie, dans le sud de la Thaïlande, tu suscites la curiosité, en tant que femme occidentale voyageant seule, mais les gens restent très respectueux (à condition, évidemment, d’éviter de traîner en mini-short moulant, en particulier dans les endroits très “tradi”, mais là, c’est du bon sens, comme je disais plus haut…). Enfin, merci pour le lien dans ta chronique!!!
    :wink:

    @Le Matelot de la galère: Mission accomplie!!!
    ;-)

  • Sylvain

    Je dois dire qu’avant de partir seul pour le taf, ça ne m’aurait jamais traversé l’esprit de partir seul en vacs non plus, surtout à l’étranger… et en fait, maintenant, je me dis qu’au contraire (et surtout à l’étranger), c’est parfois beaucoup plus simple d’être seul, plutôt que de faire le guide/traducteur/leader/candenceur de circonstance ou de se caler à qqn d’autre qui assume cette tâche (car c’est souvent le cas des voyages à plusieurs même si plusieurs n’est que 2). J’adhère complètement à ce point de vue. En revanche, depuis quelques temps déjà, moij’ai 2 cartes bleues, une Visa et une Mastercard :) pour éviter ce genre de mésaventures (la seule fois où ça m’est arrivé, à Dubai, heureusement, c’était pour le travail avec un collègue, sinon, c’est pas le genre d’endroits où on souhaite avoir des soucis du genre)

  • Corinne

    @Sylvain: Beaucoup de gens se font une montagne du voyage en solo, alors qu’en vérité, c’est beaucoup plus simple, en effet… Il faut l’avoir vécu pour s’en rendre compte.
    Le coup des deux CB pour parer à toute éventualité, ça fait des frais, j’imagine, mais c’est une bonne idée. En fait, j’ai bien l’impression que c’est moins problématique d’avoir des soucis de CB en Thaïlande qu’à Dubaï!!!
    :D

  • Alimata

    Seul, on fait des rencontres qu’on ne ferait pas à deux ou en groupe. De temps en temps, c’est sympa de retrouver cette autonomie et cette liberté :D
    En groupe, c’est souvent usant et contraignant, j’ai arrêté :?
    En fait j’aime bien partir en mini groupe (4 à 6 personnes triées sur le volet), c’est sympa, moins cher (Lembeh, 1 semaine chez SDQ avec plongées illimitées pour 300E !!), on se répartit les taches, on fait des choses auxquelles on n’aurait pas pensé et puis y a les soirées “nostalgie” au retour… :roll:
    Mais comme dit un vieil adage populaire : “Mieux vaut partir seul(e) que mal accompagné(e)” :-)

  • Corinne

    @Alimata: L’autonomie et la liberté, yes!!! Que ces petites choses sont précieuses… C’est ça le vrai luxe, dans le fond. :-)
    Je n’ai testé l’option “groupe” que lors de voyages de presse. Rigolo pour un temps, et dans un cadre professionnel, mais clairement ça n’est pas mon truc. À deux, en général, ça va, vu qu’en principe on choisit la personne avec qui on part, mais on passe quand même à côté de pas mal de rencontres…
    Pour ma part, ce serait compliqué d’organiser quelque chose en mini-groupe bien trié. Pas de plongeurs dans mon entourage. Et ma meilleure amie a une trouille bleue de l’avion. Suis pas près de l’emmener en Asie… En train, peut-être, un jour. :lol:
    Quant aux autres, ils préfèrent consacrer leurs vacances à leur chère moitié ou à leur petite famille, ce que je conçois fort bien.

  • ODILE

    Quand tu souscris à la carte Visa Premier, on t’offre gratuitement avec, la carte Cirrus qui est une carte de retraits, même à l’étranger. Par contre, tu ne peux pas payer avec chez les commerçants. Ça peut être une bonne formule pour disposer de deux cartes à l’étranger. C’est un peu cher au départ mais tu as des assurances incluses qui sont assez performantes et tu as droit à des plafonds de retrait élevés. J’y suis venue après avoir eu plusieurs fois des problèmes en Indonésie où la banque n’avait pas voulu me donner du cash avec une carte bleue Visa ordinaire alors que j’étais parfaitement approvisionnée.
    Pour le partir seule, je récidive car c’est quand même très agréable du point de vue de la liberté et disponibilité que ça procure : on peut adapter son itinéraire au gré des coups de coeur, c’est facile de se trouver un billet de train, d’avion, de car ou de bateau… mais bon, n’allez pas priver de voyage votre conjoint ou vos enfants pour autant… tout peut être bien, d’autant que certains ne supportent ni le risque ni la solitude…

  • blue lagoon

    Bonjour les petites bulles!
    Je vais faire le poil à gratter.
    Je déteste voyager seul surtout si ça signifie sans Elle.
    Jamais cela ne m’a empêché de rencontrer des gens, de faire des rencontres, mais aussi certaines dont je me serais bien passé.
    Rencontrer des gens quand on plonge est très facile je pense qu’il existe une sorte de lien qui “unit” les plongeurs.
    Alors le contact est naturel.
    Pour moi se balader dans des endroits aussi magnifiques qu’improbables sans les partager avec celle qui m’accompagne gâche le plaisir.
    Sous l’eau c’est encore plus vrai, se comprendre d’un seul regard échanger sans se parler….
    Et puis le plus bel endroit du monde c’est l’espace des ses bras…. alors!
    Continuez de raconter vos aventures c’est du plaisir, et cela permet de voyager lorsque ce n’est pas possible.
    Cordialement

  • Corinne

    @Odile: Je suis moi aussi passée à la Visa Premier pour toutes les raisons que tu énumères, mais on ne m’a jamais proposé une Cirrus… Je vais aller râler après mon banquier.
    Sinon, bien sûr, pour le voyage en solo, il ne s’agit pas de se priver de compagnie, ni de priver conjoints et/ou amis de voyage, mais simplement de savoir qu’il ne sert à rien de se priver de partir si on est seul, car on fera au contraire un super voyage!!!

    @Blue Lagoon: Bonjour le Lagon Bleu… Ton/votre invervention n’est pas trop “poil à gratter”, en fait, ça rejoint finalement ce que je réponds juste au-dessus à Odile… ;-)
    Mon propos n’est pas de dire: laissez vos conjoints, amoureux, amis, enfants etc. à la maison et partez seuls, mais plutôt: si vous n’avez personne pour vous accompagner, n’ayez pas peur de partir seul, y compris si vous êtes une femme, c’est au contraire une chance, ça permet de faire un voyage vraiment différent…
    Et je suis bien d’accord sur la facilité de rencontrer des gens quand on pratique la plongée. Pour moi qui voyage en solo, le fait de faire de la plongée c’est vraiment sympa de ce point de vue là.
    En tout cas, je suis ravie de te/vous faire voyager par procuration!!!
    8)

  • Blue Lagoon

    Corinne!
    Bon Ok, je suis jaloux à mort de la possibilité que tu as de voyager aussi souvent.
    Mais c’est surtout tes récits plongées qui me chatouillent le plus.
    Nous rentrons de vacances plongée il y a un mois et j’ai l’impression que c’était il y a dix ans!
    Quand je te lis, je te dis “tu”, j’ai le plaisir d’être un peu avec toi sous l’eau. Vu que l’on ne risque pas de repartir avant une petite année, ça aide.
    En général quand je commence à purger ma stab sur les trottoirs de Panam, il est grand temps que l’on réserve un billet d’avion.
    En attendant je me replonge, si j’ose dire, dans mes images sous-marines, et je rêve d’un petit Nitrox à 32%.
    Pour toi c’est quand les prochaines bulles?

  • Corinne

    @Blue Lagoon: Je réussis à partir deux fois par an, pendant mes congés d’hiver et d’été… Pas de contraintes familiales, c’est sûr que ça donne plus de latitude!
    Même si je pars relativement souvent, ça me fait le même effet que toi… Je suis rentrée de Thaïlande depuis un mois et demi seulement et j’ai l’impression que ça remonte à plus longtemps que ça! Mes prochaines bulles, ça sera en juillet. Je n’ai pas encore décidé de mes points de chute, je me suis juste dégotté un A/R Paris-Kuala Lumpur à pas cher. Mais je pense retourner à Sipadan…
    ;-)

  • Blue Lagoon

    PFFFFFF…..
    Tu passeras le bonjour aux tortues de ma part.
    Nous, nous rentrons des Maldives, petit coin du monde ou nous avons posé nos sacs de plongée depuis un petit moment déjà.
    J’ai le sentiment de vivre là bas et d’être ici de passage.
    C’est assez différent des voyages purement Asie, pratiquement impossible de se rendre sur place hors structure, mais sous l’eau c’est carnaval.
    A faire une fois au moins avec le risque d’y revenir.

  • Corinne

    @Blue Lagoon: Oh, mais je compte bien aller, aux Maldives, un jour… dès que j’aurais le budget. J’irai!!!
    ;-)

  • Blue Lagoon

    Pas d’inquiétude, ce n’est qu’une question de temps.
    Il est certain que ce n’est pas donné, mais c’est plus abordable en croisière. Sur “le Soleil” par exemple avec Sean aux manettes.
    Des amis ne tarissent pas d’éloges sur ce sujet.
    Bon ça suffit retour à la grisaille.

  • Corinne

    @Blue Lagoon: Mais oui, mon tour viendra! Ça ne fait pas l’ombre d’un doute… ;-)

  • Yves

    If you want to go fast, go alone. :roll:
    If you want to go far, go together! :wink:

  • Corinne

    @Yves: Moi, je dirais: “If you want to go slow and far, go alone!”
    ;-)

  • Yves

    “If you don’t go stay in your house” 8)

  • Lorine

    J’ai voyagé seule, j’ai moyennement aimé, puis j’ai voyagé seule vers une destination partagée par des solos comme moi, avec C****** [Message de Corinne: nom de l'agence supprimée, car mon blog n'est pas le lieu pour des commentaires aussi clairement "promotionnels"], j’ai adoré.

    Le fait de se retrouver avec des gens comme soi permet de véritables échanges d’émotions (notamment pendant toutes les acitivtés auxquelles on participe ensemble).

    J’ai découvert la Charente entre rigolades, petits plans dragues mignons, et beaucoup de chaleur et d’humanisme des accompagnateurs.
    La France est si belle quand on la découvre de façon zen et entourée de gens qui nous ressemblent!

    C****** c’est un concept simple et qui apporte énormément.
    Cette année j’essaye C****** Djerba, et j’espère qu’ils vont vite en créer d’autres pour me permettre de voyager dans plein de coins de cette manière.

    See you soon

    Lorine

  • Corinne

    @Lorine: Bonjour et bienvenue sur Petites Bulles d’Ailleurs. Je l’avoue: j’ai été tentée de supprimer votre commentaire, car votre prose n’est clairement pas celle d’un internaute ordinaire qui témoigne, mais celle d’une attachée de com’ qui fait la promo de son “concept” d’agence de voyages pour célib’…

    Ceci dit, personne n’avait abordé cette facette du marché du voyage, aussi je conserve votre message, qui peut permettre de poursuivre la conversation sur ce thème.

    Pour ma part, je trouve que les voyages organisés pour célib’ ne sont rien d’autres que des voyages en groupe! (Rien à voir avec le type de voyages dont je parle dans cet article, donc.) Je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien (il ne s’agit pas de décréter qu’une façon de voyager est supérieure à une autre), d’ailleurs je suis sûre que des tas de gens y trouvent leur bonheur et plein d’avantages. Mais ce n’est pas tout à fait la même chose que voyager en solo…

    Ce qui aurait été plus intéressant et constructif, c’est que vous nous expliquiez pourquoi vous avez (soi-disant) “moyennement aimé” voyager seule. Je trouve aussi intéressant que vous souleviez l’idée de vacances françaises. Du coup, je me pose la question: est-ce plus ou moins facile de voyager en solo en France ou à l’étranger :?:

  • Bertran

    Vraiment interessant cet article et les commentaires.

    Je ne voyage pas en solo comme Corinne pour au moins trois raisons :

    - je n’ai pas un niveau d’anglais qui me permet d’avoir des discussions dépassant le stade des banalités. Je le regrette d’ailleurs notamment avec des locaux (bali, phillipines) ou des plongeurs d’Europe du Nord. Et dans certains coins d’Asie, les francophones se font rares.

    - par impatience, je réduis certaines incertitudes avant le départ. Par exemple, en 6 jours de plongées depuis Mabul (SMART), j’ai plongé 12 fois à Sipadan et 8 sur Mabul/kapalai. J’avais pris un package de Paris. Les plongées à Sipadan sont pour moi un sujet trop sérieux pour être à la merci d’un aléa de liste d’attente.

    - même si la plongée n’est pas un sport, les voyages font remonter en moi un passé de sports d’équipe. Avec l’ouverture qui s’impose : les équipiers et leurs nombres ne sont pas nécessairement les mêmes. La règle c’est qu’il y en a pas vraiment.

    Concrètement, ça se passe de la façon suivante. J’annonce à une dizaine de plongeurs bien connus que je vais à tel endroit à telle date. Chacun fait ce qu’il veut avant/après et gère donc ses paiements et réservations. Si personne ne répond, je pars seul. Mais cela n’arrive jamais.

    Les avantages du groupe :

    - pendant les plongées : je sais déjà que je n’aurai pas à surveiller / attendre un gugus que je ne connais pas puis à remonter avec 100 bars.

    - après la plongée :

    - les environnements des lieux de plongées sont propices à une décontraction pouvant solliciter les abdominaux pour des motifs tout autre que sportifs. Et quand on se connaît déjà …

    - le plaisir de se retrouver notamment des étrangers (suisse, belge) avec qui j’avais précédemment sympathisé. Quand on se quitte, on sait sans certitude que l’on se retrouvera dans 1, 2 ou 3 ans à Komodo ou Raja Ampat. Comportement bien masculin : s’en suit un tunnel, puis un RDV façon “24 heures chrono” dans x jours dans tel hôtel de telle capitale asiatique. Puis cela redémarre autour d’une Bintang comme si on s’était quitté la veille.

    - les prix des hotels, transferts et parfois des croisières sont diminués

    Les désavantages :

    - l’organisation et l’anticipation qui nécessitent de faire une annonce 6-8 mois à l’avance

    - trouver les bonnes personnes et le bon calibrage. Je rejoins Alimata sur 4-6. Cela permet d’avoir une complémentarité (le bricoleur, le négociateur, l’organisateur, le photographe …) tout en gardant l’unité de pouvoir discuter ensemble.

  • Eric

    Bonjour et félicitations!
    Vous avez gommé la plupart des réponses auxquelles nous avons à faire face, mais j’émettrais un bémol de taille: si voyager seul peut être un vrai bonheur, c’est aussi une vraie tristesse de découvrir des lieux enchanteurs et de ne pas pouvoir partager ce moment privilégié, si ce n’est qu’avec soi-même… Il y a la limite du voyage solo, du nombrilisme que je connais bien, pour le vivre à travers mes voyages, qui parfois me gêne à présent.
    Mais n’y voyez là aucune amertume, plutôt un constat. On ne voyage pas de la même manière à 20 qu’à 46 ans .
    Salutations et bonne route!
    Eric

  • Corinne

    @Bertran: Très bien et très intéressant, ce petit topo sur les avantages du groupe. Merci d’avoir partagé ton point de vue!
    Question ploufs, je suis assez d’accord: c’est vrai que c’est toujours plus agréable d’avoir pour “buddy” quelqu’un avec qui tu es sur la même longueur d’ondes et qui a à peu près le même niveau. J’achève mon périple indo-malaisien, et j’avoue que lors de certaines sorties, j’aurais bien aimé être à nouveau avec Linda, la fille avec qui j’ai plongé deux jours à Mabul et Sipadan. Faute de plongeurs dans mon entourage, je m’adapte à ceux que je rencontre en voyage. Il y a de bonnes et de moins bonnes surprises…
    ;-)

    @Eric: Ah, je n’ai plus 20 ans depuis longtemps, et pas encore 46… Mais en effet, je ne voyage plus tout à fait de la même manière que lors de mes tout premiers périples (lesquels n’étaient pas en solo, d’ailleurs).
    Pour ma part, quand je voyage seule comme je le fais en ce moment, je ne ressens pas cette mélancolie, cette tristesse dont vous parlez. J’ai l’impression au contraire de partager, avec bonheur, mes découvertes avec les autres voyageurs que je rencontre en route. Et puis aussi ici, sur ce blog, grâce à la magie d’internet. D’ailleurs, mes moments de solitude ont été plutôt rares, ces derniers jours. Je n’ai pas dû manger seule plus de 4 ou 5 fois, durant ce périple d’un mois!
    Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, à la veille de prendre mon vol retour, à Kuala Lumpur, je me retrouve seule… enfin!!! C’est bon, aussi, d’avoir des moments à soi.
    :-)

  • Romuh

    Salut,

    Je découvre ce blog, je fouine un peu… Ca fait du bien de trouver un blog de voyage qui ne se résume pas à un empilement de photos de voyage ! Rien que pour ça, merci.
    Je navigue encore… et je tombe sur cette discussion fort intéressante.

    Voyager seul… quel bonheur ! Le temps est pour soi (encore plus qu’à la maison), pas de compte à rendre, on se laisse guider au détour des rencontres et de l’air du temps. Comme la liberté, quoi. Ou un truc qui a à voir avec l’indépendance. Dans ce cas la solitude n’est pas un manque mais une richesse.

    Mais, mais, voyager seul en Asie ouvre certainement la porte à moins de rencontres que lorsqu’on voyage seule. Ben oui, le blanc est bien souvent appréhendé comme un consommateur de sexe, souvent à tort… mais malheureusement souvent aussi à raison.
    Si ça peut encourager les femmes à voyager seules en Asie : vous ferez davantage de rencontre que les hommes. Car le contact avec les jeunes femmes du pays quand on est un homme, c’est plus difficile ; ça demande davantage de temps, celui de décliner la proposition de massa-massa ou de boom-boom. C’est plusieurs journées au même endroit pour que la jeune femme comprenne que celui-là, on peut discuter avec lui. Certes, si on ne peut pas aligner trois mots en anglais, qu’on soit homme ou femme, c’est un handicap. Mais se laisser raconter le pays par des hommes ET des femmes qui y vivent, c’est quand même bien plus riche d’enseignement.
    J’ai le souvenir d’une rencontre avec une Australienne au Cambodge en juillet 2008 : elle voyageait en vélo et les locaux voulaient lui venir en aide. J’imagine qu’elle a été de multiples fois invitée à rester chez l’habitant. Nul doute qu’un homme dans une telle situation aura beaucoup moins d’occasions de sympathiser.
    Alors il faut voyager seul… avec ses enfants. En Asie c’est le pied, au Cambodge notamment. Je le conseille à tous les papas avec des enfants. On viendra vous voir pour vous demander où est la maman. Ca ouvre beaucoup de portes !

    Le seul bémol au voyage en solo : on aimerait partager certaines découvertes, certaines émotions avec des gens qu’on aime. Mais les partager à l’instant ! Et ce n’est pas possible. Alors on utilise internet, les SMS, on crée son blog… Mais ce n’est pas pareil. Pour moi ce sont les seules frustrations ressenties en voyage en solitaire (de voyage en groupe je n’en est pas fait et ne l’imagine pas un seul instant ; la seule expérience du groupe à l’étranger, c’est un trek de deux jours à Chiang Maï, c’était très bien d’ailleurs, j’ai été très agréablement surpris, mais ce n’était que deux jours). Et on aura beau montrer ses photos de voyage (personnellement je le fais très peu, le voyage seul reste aussi un ensemble de secrets pour soi), ce n’est plus l’émotion de l’instant. C’est d’ailleurs aussi pour ça qu’il faut y retourner…

    J’ai lu plus haut que pour une femme, voyager seule en pays musulman donne un sentiment de n’être rien. Mais c’est la même chose pour un homme qui voyage seul en pays musulman quand il est face à une femme voilée. Ca met mal à l’aise. Pour ça la Thaïlande est bien plus agréable, les Thaïs sont très ouverts d’esprits, hommes et femmes.

    Ce que je partage le plus dans ton billet, Corinne, c’est quand tu écris que voyager en solitaire c’est savoir à quoi s’en tenir vis à vis de soi-même, ça aide effectivement ensuite pour la vie de tous les jours. Une copine me disait que mes voyages c’était pour me fuir moi-même. Bah non, c’est pour passer du bon temps et aussi pour se connaître mieux soi-même, pour se rencontrer soi en somme. Et c’est peut-être cette rencontre-là qui est la plus importante.

    Voilà, j’arrête. Je ne sais pas faire court, c’est comme ça.
    Bons voyages, en solitaire ou en groupe !

    Romuh

  • Corinne

    @Romuh: Bienvenue sur Petites Bulles d’Ailleurs, et merci de cette longue et bien intéressante contribution.
    ;-)

    Je n’avais pas bien pris conscience qu’il était peut-être plus facile d’être une voyageuse qu’un voyageur en solo, finalement, dans certaines situations… Mais ce que tu dis sur les enfants, qu’on soit seul(e) avec eux, ou en couple, est très vrai: ça ouvre toutes les portes!

    Pour l’impossibilité de partager sur l’instant même ses émotions, j’avoue que cela ne me pèse guère. Mais sans doute cela est-il question de tempérament. Quant au plaisir du partage après coup, il y a évidemment les choses que j’aime à montrer publiquement ici, sur ce blog, et les échanges qui en découlent, très enrichissants; et puis des choses plus personnelles, que je garde pour moi ou mes proches.

    Enfin, je ne pense pas qu’on puisse se fuir quand on voyage en solo… c’est tout le contraire, en effet, on se retrouve face à soi-même. On peut aimer ou pas l’expérience… Là encore, c’est une question de tempérament, je suppose.

    :roll:

  • Josianne

    Bonjour Corinne,
    j’aime bien ton blogue, que j’ai découvert par l’entremise du blogue de Marie-Julie Gagnon. Ce billet m’a particulièrement interpellée car je suis moi aussi une voyageuse en solo et j’apprécie chaque fois davantage cette façon de voyager. Cependant, je me suis sentie obligée de réagir par rapport à certains commentaires que j’ai lus plus haut au sujet des femmes qui voyagent dans les pays musulmans et «qui n’existent pas». En fait, pour moi, c’est totalement le contraire! En Égypte, en Tunisie, au Maroc, au Sénégal, je n’ai pas senti que je n’existais pas, au contraire, mais que j’existais beaucoup plus qu’ailleurs! Impossible pour une femme occidentale seule de passer incognito dans ces pays! Une jeune femme seule attire tous les regards (des hommes comme des femmes) et est constamment observée, sollicitée. C’est rarement méchant, mais ce sont généralement des cultures où les jeunes femmes sont rarement seules et indépendantes, encore moins pour voyager, alors ça étonne les gens. Si en plus, la touriste en question est blonde (comme moi), elle doit s’attendre à être le centre d’attention partout, en tout temps. Ça peut parfois être lourd, mais on vient à développer certaines techniques pour moins attirer les regards (porter des vêtements amples, un chapeau) et éloigner les pots de colle (faire semblant de ne parler que le danois, porter une fausse alliance, etc.). En fait, je me suis tellement habituée à être le centre d’attention dans ces voyages que j’étais déçue, une fois rentrée à Montréal, que personne ne me regarde ni ne me parle! J’ai fait mes premiers voyages en solo dans les pays que j’ai mentionnés plus haut, autant dire que j’ai appris à la dure! Mais ce sont les endroits du monde où j’ai le plus senti que j’existais. Voilà.

  • Corinne

    @Josianne: Merci de ton témoignage, très intéressant. Je ne suis pas blonde, mais j’utilise les mêmes trucs pour éloigner les éventuels (et plutôt rares, dans mon cas) pots de colle, j’avoue… :lol:
    Ce que tu dis est très juste : une femme voyageant seule suscite bien plus d’intérêt, en particulier dans les zones les plus traditionnelles, où l’émancipation des femmes n’est pas celle que nous connaissons en Occident.
    Je me souviens d’une longue conversation que j’ai eue avec une jeune Malaisienne, au consulat de Tawau, à Bornéo, qui me posait mille questions enthousiastes, les yeux brillants de curiosité, d’envie aussi, me disant combien elle aurait aimé pouvoir faire comme moi, voyager seule, voir du pays, rencontrer des gens, en toute liberté…
    Je mesure ma chance. Et j’essaie de ne pas l’oublier, quand, de retour en France, je ne croise plus que des regards indifférents.
    :wink:

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