Océans, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, 2010. (Photo : Roberto Rinaldi / Pathé)
Photo : Roberto Rinaldi / Pathé Films

Océans, le film

  Entre deux voyages

Le nouveau long-métrage de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud sort ce mercredi 27 janvier 2010. J’ai pu voir Océans en décembre, bien avant la sortie officielle, et rencontrer l’équipe du film.

Tout ça, pour le boulot… J’adore quand mes obligations professionnelles rejoignent mes passions personnelles !

L’hymne à la mer

Amis plongeurs et amoureux de la mer, foncez voir Océans. Les images, réalisées par les plus grands cinéastes subaquatiques, sont à tomber.

De nouvelles techniques de tournage sophistiquées (tête girostabilisée Thetys, torpilles sous-marines et mini-hélico, équipés de caméra) vous immergent comme jamais au cœur des océans. On devient poisson parmi les poissons…

Ce n’est pas vraiment un documentaire, mais plutôt un « hymne à la mer », comme l’écrit avec justesse mon confrère Yvon Lechevestrier dans le papier que je co-signe avec lui ce lundi 25 janvier 2010, dans Ouest-France. Voici la page en PDF, intitulée Perrin et Cluzaud jouent l’hymne à la mer (ou cliquez sur l’image ci-dessous pour voir l’article en grand) :

Perrin et Cluzaud jouent l'hymne à la mer (article du 25/01/2010 paru dans Ouest-France pour la sortie du film Océans)
Perrin et Cluzaud jouent l’hymne à la mer (article du 25/01/2010 paru dans Ouest-France pour la sortie du film Océans)

La folie du Sardine Run

Le temps accordé au film (quatre années de tournage) a permis, au fil des expéditions, de saisir des instants rares et fabuleux. La séquence du fameux Sardine Run, cette migration annuelle de millions de sardines au large des côtes orientales d’Afrique du Sud (un festin géant qui attire oiseaux, dauphins et requins), est proprement hallucinante.

Vous n’avez jamais vu passer d’oiseaux sous vos palmes ? Je vous livre ci-dessous un extrait vidéo de mon entretien avec François Sarano pour Ouest-France. Plongeur professionnel et docteur en océanographie, ancien de l’équipe Cousteau, cofondateur de l’association Longitude 181, il a travaillé comme guide scénaristique pour Océans. J’adore sa façon de raconter le Sardine Run :

Et j’ajoute ci-dessous, en éditant cet article en janvier 2017, près de sept ans après l’interview ci-dessus, cet extrait du Peuple des océans, montrant la même scène spectaculaire des oiseaux plongeant sous la surface, extrait diffusé par France 2 via Twitter :


Je reste chaque fois scotchée devant ces images fascinantes…

Le trombinoscope des espèces

Difficile pour moi, qui suis plongeuse et particulièrement sensible aux merveilles du monde sous-marin, d’être impartiale. J’ai adooooré le film Océans !

Mais un autre collègue du journal, moins fan de poiscaille que moi, a trouvé, lui, le temps un peu long en compagnie des baleines. Et il a regretté le manque d’explications « documentaires », justement. Il aurait bien aimé savoir quelles étaient les espèces montrées, en quel lieu de la planète les scènes avaient été tournées, etc.

Moi, évidemment, je n’ai pas eu trop de mal avec l’identification de la plupart des poissons et autres représentants de la faune sous-marine. Et j’avoue que je n’étais pas peu fière d’en avoir personnellement rencontré et photographié un certain nombre, du mola-mola au nudibranche

Toutes les infos « documentaires » (espèces, localisation) étaient en fait à découvrir après ou avant la projection, sur le site internet d’Océans, mis en place lors de la sortie, très bien fait (le site renvoie désormais sur la page Pathé du DVD). Il y a des tas de vidéos à voir, sur les animaux, sur le making-of… Là encore, fascinant.

Pour les vrais mordus de biologie marine (et j’en connais ! ), il y avait même le trombinoscope des espèces montrées dans le film.

Trombinoscope Océans

Regard optimiste

Pour ma part, j’apprécie beaucoup ce parti pris de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, les coréalisateurs : ils nous offrent là un vrai film de cinéma, pas un documentaire grand format.

→ Voir la fiche du film Océans sur AlloCiné

Bien sûr, c’est un film « écolo », dans l’air du temps. Mais l’écologie n’est pas un phénomène de mode. Et Perrin n’a pas attendu la vogue environnementale pour rendre hommage à la beauté de la nature (on se souvient du Peuple migrateur et de Microcosmos, pour les films les plus connus).

Et puis, surtout, contrairement à d’autres écologistes très médiatisés et parfois donneurs de leçons, les deux Jacques restent optimistes. Ils évitent de marteler un message ou de nous culpabiliser. « La mer est malade, mais il y a des tas de possibilités pour qu’elle soit sauvée », conclut Jacques Perrin à la fin de notre interview pour Ouest-France.

Il y a une vraie élégance dans leur regard de réalisateurs, une immense exigence dans leurs choix de production. Et pour ce qui est de la sensibilisation à la protection des océans, le film s’accompagne d’une opération pédagogique, auprès des enfants et de leurs enseignants. Encore un choix intelligent, je trouve.

Bref, avec ce film, ils ont décidé de nous émerveiller, en laissant les océans parler pour eux-mêmes… Mission accomplie !

Pour finir, je vous remets la bande-annonce ci-dessous, histoire de patienter, d’ici mercredi. Vous me direz vos impressions.

😮

  Entre deux voyages

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