Retour à Kuta Beach

Pour lutter contre le spleen du retour, je marche a nouveau sur la plage. Celle de Kuta-Legian-Seminyak. Une immense et splendide langue de sable gris, bien tasse comme il faut, que j’adore parcourir dans un sens, puis dans l’autre, jusqu’a l’heure du fabuleux coucher du soleil.

Sunset on the beach

Le soir venu, quand les derniers rayons embrasent le ciel, les familles de Balinais viennent faire trempette, les surfeurs solitaires partent a la rencontre d’une derniere vague.

Des parties de foot endiablees s’organisent entre gens du coin et touristes, tandis que les gamins continuent de defier le vent avec leurs cerfs-volants.

C’est aussi l’heure ou l’on fait son jogging, a la fraiche, le long des flots. On voit passer des petites nanas qui trottinent vaillamment et de vieux beaux crames par le soleil un peu ridicules.

Touristique, et alors…

Kuta Beach, avec ses marchands ambulants, ses surfeurs a la parade et ses brochettes de touristes cuisant au soleil, est souvent decriee par les visiteurs en quete « d’authenticite ». Pourtant. Je l’aime beaucoup, cette plage.

Elle est si grande, qu’on n’y a jamais vraiment une impression de foule. Le surf et les ecoles de surf font desormais pleinement partie de la « culture » locale, et ce sont des Balinais qui forment les debutants.

Bref, cette plage tres touristique est aussi une composante de la « vraie » Bali, quoi qu’on en dise. Les enormes rouleaux qui deferlent a perte de vue offrent un spectacle superbe, dont je ne me lasse pas.

Gare aux rouleaux

Sur le sable, l’ambiance est decontractee, plutot bon enfant, tres plaisante… Il suffit de poser son sarong a la lisiere du sable humide et du sable sec, ou de marcher tranquillement les pied dans l’eau, pour ne pas etre derange par les gentils enquiquineurs qui s’obstinent a vouloir vous vendre leurs babioles.

Des drapeaux rouges, ornes d’une belle tete de mort, vous rappellent au moment ou vous vous elancez vers les vagues, que les flots sont traitres par ici. Le mieux, c’est d’aller se baigner dans la zone surveillee.

D’ailleurs, se faire surveiller par les lifeguards d’ici, franchement, ca n’a rien de desagreable…

;-)

Oui, je n’ai pas pu resister. Rien que pour vous, les filles… Je suis allee lui demander s’il voulait bien se preter a la photo-souvenir.

J’en ai une autre, ou je pose a cote du monsieur (mais celle-la je me la garde, parce que ca va encore faire jaser les copines). Les acteurs d’Alerte a Malibu peuvent aller se rhabiller! Il etait d’ailleurs plutot flatte que je veuille le prendre en photo, le maitre-nageur.

Comme je lui demandais le plus serieusement du monde des infos sur la taille des vagues, la force des courants, la disposition du recif, histoire de me donner une contenance, il a d’abord cru que je travaillais pour un magazine… J’ai bien failli lui repondre que je faisais un reportage pour un grand quotidien regional francais, mais bon… :lol:

Sea, surf and sun

En fait, un gars de la tele australienne, sur qui je suis tombee ensuite, venait de passer. Pour un vrai reportage, qui sera diffuse en septembre, sur le boulot des maitres-nageurs de Kuta et une competition de surf qui a lieu dans le coin ces jours-ci.

Je rencontre un peu plus loin l’Australien, les pieds dans l’eau, maintenant tant bien que mal sa grosse camera, son micro et son trepied juste au-dessus de l’ecume. Il attend la, en plein cagnard, pret a fondre sur le premier surfeur en detresse et l’equipe de musculeux lifeguards en action… Dur metier, je vous assure.

J’echange quelques mots avec lui. C’est rigolo, lui aussi etait encore a Lembongan la veille, pour filmer les surfeurs de la-bas.

Les  Followers of Jesus

Plus tard, alors que je peaufine mon bronzage apres un plouf rafraichissant dans les vagues (en zone bien surveillee), je suis tiree de ma torpeur par des chants.

Je leve la tete, ecarte d’un geste de la main une « manucureuse » qui reoriente sa trajectoire pour me proposer ses services, et decouvre un groupe de gens, aux vagues allures de boyscouts avec leurs shorts et leurs chaussettes blanches dans leurs sandales, accompagnes d’un guitariste tres « Jesus revient ».

Il chantent en choeur, frappent dans leurs mains. On dirait une secte. Le chant fini, ils ferment les yeux. Ils prient, visiblement. Puis ils vont ensemble jusqu’a la mer, entourant un gars, qu’ils aident a avancer dans les vagues. Je bondis sur mon appareil, m’entortille dans mon sarong, et me precipite vers eux. C’est un bapteme.

J’arrive un peu tard et n’ai que le temps de faire quelques cliches de loin. Un rouquin a grandes dents, notant mon interet pour la chose, tente de m’evangeliser en m’expliquant la signification du bapteme. Je le remercie et fais semblant d’etre passionnee par ce qu’il me dit, histoire de savoir qui sont ces gens.

Je finis par avoir mon info: « We are the Followers of Jesus. We are from all over the world, America, Australia, New Zealand… » J’en reste la. Mecreante je suis, mecreante je reste.

Offrandes balinaises

Franchement, a choisir, je me ferais plutot hindoue… Juste avant, j’ai aussi croise trois Balinaises en costume traditionnel, venues deposer leurs offrandes. Elles se sont agenouillees sur le sable, juste devant la discotheque 66 et sa plateforme de saut a l’elastique, qui marque la lisiere entre Kuta et Legian.

Toujours ces gestes gracieux, ce petit rituel avec les batons d’encens et les fleurs… J’adore!

Soirée chic à Seminyak

J’acheve mon apres-midi plagesque chez les riches, a Seminyak. Et je m’offre a des prix europeens un verre de chardonnay et d’exquis sushis, au tres chic Ku De Ta.

C’est un vaste resto-bar-discotheque en bord de plage, avec lits de repos pour se vautrer face au coucher du soleil entre gens friques a l’heure de l’apero. Soirees Djs le week-end. Une armee de serveurs en grand tablier noir guettent le moindre de vos gestes, prets a satisfaire tous vos desirs.

Ambient music, chef repute en cuisine, service et decor raffines. C’est bon, d’etre riche. Sauf que… j’ai beau etre millionnaire en roupies, comme j’avais prevu de trainer a la plage tout l’apres-midi, j’ai laisse mon fric et ma carte bleue a l’hotel. Et j’ai tout juste de quoi payer l’addition du Ku De Ta… Argh. J’ai bien failli faire la plonge au lieu d’admirer le coucher du soleil!

Pas grave. Avant de partir, ce vendredi soir, je vais revenir. Avec des sous. Et m’offrir une orgie de sushis pour me consoler de devoir prendre l’avion du retour.

;-)

À propos de l'auteur : Corinne Bourbeillon

Journaliste et traductrice, Corinne Bourbeillon est aussi blogueuse et « globe-trotteuse ». Elle adore voyager en Asie du Sud-Est, où elle se consacre à ses deux passions : la plongée sous-marine et la photographie. → En savoir plus

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8 commentaires sur “Retour à Kuta Beach

  1. Coucou,
    Tu crois que je vais pouvoir sortir de la torpeur dans laquelle ton récit m’installe pour aller au boulot?

    Tu sais, aux Vieilles Charrues, tu aurais pu voir aussi de jolis garçons.
    Mon truc contre le spleen du départ: je me promets de revenir et comme je suis une personne de parole, c’est tout bon… si les petits cochons ne me mangent pas.
    Ça me fait penser que je dois aller au Brésil un de ces jours.
    Finalement, avec tes p’tites bull’, on voyage bien et sans coup de soleil.
    Bizzzzzzzzzzz
    Nono

  2. Nous aussi,petit spleen,car ce soir,on dit au revoir au café Nikos…..On y était tous les soirs,et on a adoré!!!!D’ailleurs,il nous a offert une mini bouteille d’ouzo pour nous remercier de notre assiduité…Bref,dernière soirée à Folegandros,île qu’on a vraiment beaucoup aimé!!!Demain,Milos!!!!!
    Bon voyage retour!!Je t’embrasse fort!!!!
    Je ne sais pas si je vais trouver une connexion internet à Milos…..Alors,je te dis à bientôt,de Milos,ou de Genève…..
    Gros bisous!!!!

  3. @ Nono :
    Trop de monde pour moi aux Vieilles Charrues… Et pas sur qu’on y serve des sushis a l’heure du sunset! En tout cas, je suis bien contente de reussir a te faire voyager ainsi avec mes Petites Bulles d’Ailleurs. Qui sait, apres l’Asie, je mettrai peut-etre le cap, un de ces jours, sur l’Amerique du Sud ? Tout plein de bises. Bon voyage a Pondichery.
    :-)

    @ Marie-Julie :
    Je suis maintenant coincee a l’aeroport de Singapour, ou j’attends mon prochain vol. La concentration de maitres-nageurs au metre carre s’est singulierement reduite, helas… Mais il y a ce qu’il faut en restos pour deguster quelques derniers sushis consolateurs!
    :lol:

    @ Helene :
    Je retiens le nom de cette ile, Folegandros… Ca m’a tout l’air d’etre une destination bien sympathique pour de petites vacances pas trop loin. A bientot!
    8)

  4. salut
    plutot craquants les lifeguards là bas, ça me rappèle un lifegard à cuba où j’aurai bien simulé une noyade! :wink:
    bon fini de plaisanter, faut bosser! :(
    @ plus

  5. Bon, je vois que le lifeguard en short rouge t’a regonflé le moral… C’était le but!

    Allez, courage Laurence! Et surtout, ne te noie pas dans le boulot (à moins qu’il n’y ait un joli lifeguard dans les parages?).
    :lol:

  6. Salut Corinne,

    je viens de lire ton post avec attention et je dois reconnaître que tu en as fait une très belle description (de Kuta – Legian – Seminyak)… Pour avoir passé 2 mois en Indonésie aux mois d’avril et mai de cette année (et adepte de la plongée sous marine également) j’ai trouvé tous tes posts très sympathiques!!!
    Et ahhhhhh, le Ku De Ta… j’adore cet endroit… même si un peu cher… Tu aurais pu pousser jusqu’au Living Room (restau bar/boite indo/sud-est asiatique), tenu par un Français hyper sympa…

    Bonne continuation pour ton blog et en espérant que l’on puisse échanger par le futur sur ces différents sujets!

  7. Bonjour Franoiss,

    L’ambiance qui règne sur le sable de Kuta-Legian-Seminyak m’a inspirée. Cette superbe plage est un immense théâtre, une scène permanente.
    :roll:

    Quant au « Ku De Ta », j’ai moi aussi beaucoup aimé cet endroit. Mais j’y ai claqué des fortunes en roupies, comparé à mon budget quotidien habituel de « backpackeuse » pendant le reste du voyage. Ceci dit, ça ne me déplaît pas, de varier les plaisirs, de passer d’une ambiance à une autre. Souvent, en fin de voyage, après avoir passé plusieurs semaines plutôt « roots », à l’économie, je m’accorde une nuit dans un hôtel plus chic ou une bouffe dans un resto plus raffiné. Là, j’ai opté pour le resto (j’en avais vraiment ras-le-bol du nasi goreng!!!).
    :x

    Je ne suis pas resté longtemps à Kuta et je suis loin de tout bien y connaître. Il m’aurait fallu quelques jours de plus pour tester d’autres restos et découvrir de bonnes adresses. Mais je prends bonne note du « Living Room », pour la prochaine fois!
    :wink:

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