Le gouvernail, énorme ! (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Le gouvernail, énorme ! (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Liberty, l’épave la plus célèbre de Bali

  Indonésie : Bali - juillet 2008

J’en ai parlé dans l’article précédent. L’épave du Liberty, à Tulamben (à environ 15 kilomètres à l’ouest d’Amed) est le site de plongée le plus couru de Bali, en Indonésie.

J’y avais déjà plongé en 2002. Et c’est la toute première plongée que je décide de faire, dès le lendemain de mon arrivée à Amed…

Mise à l’eau délicate

J’en gardais le souvenir d’une plongée facile et spectaculaire, dans une eau limpide. Si le spectacle est resté grandiose, la plongée de ce mardi, elle, fut plutôt sportive, avec courant assez fort et visibilité pas top. La faute, semble-t-il, à quelques jours de pluie et de vent, la semaine dernière, qui ont remué le fond.

Rien que la mise à l’eau est ardue, ce mardi, jour venteux. De grosses vagues s’écrasent sur la plage de galets noirs.

La plongée se fait du bord, depuis la plage de galets noir de Tulamben. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
La plongée se fait du bord, depuis la plage de galets noirs de Tulamben. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Malgré les précautions et mises en garde de nos guides et l’aide du staff d’Eco-Dive, qui nous accompagnent dans l’eau, nous sommes plusieurs à perdre l’équilibre sur les galets, et à tomber, avec tout notre attirail de plongée sur le dos, dans les rouleaux…

Sans bobo pour moi, heureusement. Une Australienne a eu moins de chance : elle s’est fracassé le genou en sortant de l’eau. Le truc, c’est de s’élancer au bon moment, pile entre deux vagues. L’Australienne s’en sort bien quand même, elle en est quitte pour boitiller quelques jours, rien de cassé.

Un monstre d’acier plein de vie

Voici pour commencer un petit aperçu de l’épave en vidéo, réalisée avec mon modeste appareil compact :

 

Sous l’eau, nous ne voyons surgir l’énorme masse du cargo qu’au tout dernier moment, quand nous sommes presque dessus, tant la visibilité est mauvaise. Je compte replonger sur l’épave dans quelques jours, en espérant que cela se sera un peu amélioré.

Mais même sans pouvoir complètement embrasser du regard ce mastodonte d’acier, je suis subjuguée.

Le gouvernail, énorme ! (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Le gouvernail, énorme ! (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
De grandes ouvertures permettent de pénétrer facilement dans l'épave et d'en ressortir. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
De grandes ouvertures permettent de pénétrer facilement dans l’épave et d’en ressortir. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

L’épave est, comme dans mon souvenir, recouverte de coraux, de gorgones, fourmillante de vie. Poiscaille à gogo, de toutes tailles, toutes couleurs…

Mais ce n’est pas évident pour moi de prendre des photos. Il y a, ce mardi, un courant à décorner les nudibranches. Il faut entrer dans l’épave, se mettre à l’abri de la coque, pour souffler un peu.

Rien d’effrayant là-dedans. Les ouvertures sont larges, faciles. Tous les « swim-through » où nous sommes passés laissaient constamment filtrer la lumière.

Une gentille crevette nettoyeuse prend la pose... Si je lui tends mes doigts, elle se met à me faire les ongles ! (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Une gentille crevette nettoyeuse prend la pose… Si je lui tends mes doigts, elle se met à me faire les ongles ! (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Ce gros poisson-scorpion à la mine patibulaire n'est pas du tout impressionné par mon appareil-photo. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Ce gros poisson-scorpion à la mine patibulaire n’est pas du tout impressionné par mon appareil-photo. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Seule photographe de la palanquée…

Mais ma palanquée palme un peu trop vite pour moi, seule photographe de la bande. Je suis à peine posée devant un joli poisson-feuille jaune, dans un coin pas trop exposé au courant, que déjà les autres filent vers le bout de la coque…

Bigre. J’ai besoin de quelques minutes, moi, devant mon petit poisson, le temps d’essayer de lui tirer le portrait la gueule ouverte.

Ce petit poisson-feuille jaune, blotti dans le corail, entrouvre sa gueule devant mon objectif. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Ce petit poisson-feuille jaune, blotti dans le corail, entrouvre sa gueule devant mon objectif. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Mission accomplie ! Je les rejoins fissa, en deux coups de palmes, portée par le courant. Les autres s’accrochent sous une partie brisée de la coque, pour contempler le ballet aquatique d’un banc de grosses carangues. Eh oui, qui dit courant, dit plus de vie et de poissons en goguette…

Sauf que, là encore, j’ai a peine le temps de me caler dans un coin, d’admirer le spectacle, de lever mon objectif vers le banc qui se découpe à contre-jour vers la surface (que c’est beau !) que déjà les autres s’éloignent pour regagner l’intérieur de la coque… Heureusement, la dive-master qui fait voiture-balai m’attend.

Dans le courant, les carangues s'en donnent à cœur joie... (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Dans le courant, les carangues s’en donnent à cœur joie… (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Seulement voilà, à trop palmer comme des fous dans le courant, certains ont déjà épuisé leur air… Deux d’entre eux doivent remonter, un Français et une Australienne, accompagnés par la dive-master qui ferme la palanquée.

Muck diving sur le sable noir

Je finis donc tranquillement la plongée avec les « consommateurs économes » dont je suis, une autre Australienne, impressionnante avec tout son attirail de plongeuse « tek », et notre dive-master Kadek. Nous nous faufilons dans les trous de la coque et avons la bonne surprise de croiser deux napoléons bien balèzes à la sortie. Avec le plaisir de terminer la balade à petite profondeur, sur le sable, en mode « muck-diving ».

Devant de gros trous dans le sable, Kadek frappe deux cailloux l’un contre l’autre. Il en émerge bientôt les yeux allongés et globuleux d’une grosse « manta-shrimp » ou squille. Hop, je flashe à tout-va !

Curieuse, la squille sort de son trou. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Curieuse, la squille sort de son trou. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

En sortant de l’eau, je prends la ferme résolution de revenir. Elle est trop grande cette épave ! Il y a trop de choses a voir, on ne sait plus ou donner de la tête !

Hippocampe-pygmée

Et parmi les belles récompenses, en début de plongée, Kadek nous a déniché, dans les branches d’une gorgone fixée a la coque… devinez quoi ? Un hippocampe-pygmée !

Adorable, cet hyppocampe-pygmée accroché à sa gorgone. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Adorable, cet hyppocampe-pygmée accroché à sa gorgone. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Eh oui, encore un ! Youpi ! Allez, je ne résiste pas au plaisir de vous mettre sa petite photo. Il est trop mignon, celui-là.

Mais à notre retour, la plage est déjà envahie de plongeurs en combis noires, de tanks (bouteilles d’air) et de porteuses qui trimballent l’attirail, parfois deux équipements complets posés en équilibre sur la tête…

Sur la plage de Tulamben, les porteuses sont capables de transporter deux bouteilles sur leur tête. Pas la peine de tenter de porter à leur place, elles ne vous laisseront pas faire... Ce travail pénible, c'est leur gagne-pain. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)
Sur la plage de Tulamben, les porteuses sont capables de transporter deux bouteilles sur leur tête. Pas la peine de tenter de porter à leur place, elles ne vous laisseront pas faire… Ce travail pénible, c’est leur gagne-pain. (Liberty Wreck, Tulamben, Bali, Indonésie, juillet 2008)

Tous ces gens, qui déboulent à Tulamben sur le coup de 11h, arrivent de plus loin (Kuta, Sanur, Padangbai, Ubud) pour une plongée express sur la fameuse épave.

Hé, hé ! Nous, qui sommes sur place, nous l’avons eue pour nous tous seuls ou presque !

Bon plan pour se loger et plonger à Tulamben : je suis retournée à Bali plusieurs fois depuis  ce voyage de 2008 (en 2011, en 2012, en 2015) et j’ai à nouveau plongé sur la fabuleuse épave du Liberty, mais désormais avec un guide pour moi toute seule et aux bonnes heures (celles où il y a moins de monde)… Je vous signale ce vrai bon plan de resort à plongeurs, qui est aussi une excellente adresse, en particulier si vous êtes photographe subaquatique, et que vous avez envie de découvrir l’épave dans les meilleures conditions possibles →  Liberty Dive Resort

L’histoire du Liberty : pour en savoir plus sur ce cargo de l’armée américaine et comment il a fini par échouer ainsi, sur la côte nord-est de Bali, juste devant la plage, vous pouvez consulter ce nouvel article que j’ai publié en 2015 → Liberty Forever

→ Voir aussi : tous mes articles sur l’épave du Liberty

  Indonésie : Bali - juillet 2008

  1. Emerveillée de tout le bonheur que te procure tes plongées; par la pensée je suis avec toi, mais incapable d’en faire autant. grand-mère 🙂 ❗ 🙄

  2. He, he!

    Je me doutais bien que vous profiteriez de l’ordi de Lydie pour parcourir mon petit blog en famille… Oui, ces plongees sont un pur bonheur. Je me plais beaucoup a Amed.

    A tres bientot!
    😉

  3. Bonjour,

    Depuis que j’ai découvert vos sites web sur l’Asie et la plongée, je ne m’en lasse pas.
    Et avec un séjour à Bali prévu dans moins de deux semaines, je lis et relis avec plaisir vos derniers commentaires sur cette destination.

    J’ai une petite question technique concernant les photos d’hippocampes pigmées. Quel matériel utilisez-vous, avec quels réglages? Avec mon Olympus SP550 soit l’hippocampe est minuscule au centre de la photo, soit il est flou (en mode macro).

  4. Bonjour Myriam,

    Je vous souhaite par avance un bon voyage a Bali…

    Pour les hippocampes pygmees, je n’utilise aucun materiel supplementaire (voir dans la section Materiel, en haut de page). J’ai un simple appareil photo numerique, le A95 Powershot de Canon, avec son caisson.

    Pour les reglages: mode manuel (M) et je mets une ouverture F8 ou F7.1, jusqu’a F6.3, en general, pour avoir un profondeur de champ aussi importante que possible, histoire que la bestiole ait de bonnes chances d’etre nette, puis j’ajuste le temps de pose en consequence, je mets le flash (doser la puissance selon la distance avec la bestiole), et puis je shoote en priant pour que mon autofocus face bien la mise au point sur l’hippocampe, je shoote, je shoote… Dans le tas, il y a de bons cliches! Je choisis aussi un format tres haute definition, afin de pouvoir zoomer la photo et recadrer sur le minuscule hippocampe, sans perdre en qualite.

    Le mieux, pour se faire la main, c’est de s’entrainer a utiliser le mode macro sur terre, puis sous l’eau, sur des sujets immobiles.

    😉

  5. Ahhh… je retrouve le plaisir que j’ai ressenti en plongeant plusieurs fois sur cette épave très riche en faune. Merci pour cette description Corinne !

    PS : elles s’améliorent les photos, non ?… 😉

  6. Je publierai très bientôt le récit d’une autre plongée, moins « speed », sur l’épave, dans des conditions plus agréables: meilleure visi et moins de courant. La richesse de la faune est effectivement spectaculaire.

    Merci de ce gentil PS concernant les photos. Venant de ta part, c’est un précieux compliment… Ça me fait bien plaisir, d’autant que mon appareil m’a joué de mauvais tours sous l’eau (du genre: le bouton du flash et/ou du mode macro qui se bloquent).
    😯

  7. Ouah l’hippocampe pygmée lors de la plongée Liberty (cette espèce là, je ne la verrait pas à La Dominique, dommage), et le poisson feuille jaune (A Mayotte j’en avais vu un blanc). C’est galère quand les photographes cotoient des sprinteurs, vive les palanquées homogènes surtout en consommation d’air….
    A mes débuts évidemment je pompais trop vite mes 200 bars mais maintenant ça m’agasse si on doit écourter le moment de bonheur à cause des autres !
    Bonne continuation à Rennes

  8. @LiseMet: Ah, là, là, qu’elle est belle, cette épave… (soupir). En général, j’essaye d’être indulgente, avec les « sprinteurs » et les « débutants », mais j’ai de plus en plus de mal, j’avoue… Trop de frustrations!
    😉

  9. Bonjour,

    Nous comptons retourner à Bali qui nous a enchanté lors de notre premier voyage (on a ressenti exactement la même chose dans le CDG Rennes), et depuis nous avons notre niveau 1, nous pensons plonger sur le liberty…

    Mais il y a vraiment foule ? Il faut plonger tôt le matin ?

    Merci beaucoup

    Alexandre

    1. @Alex : oui, quand je dis qu’il y a foule, il y a vraiment foule. C’est en effet préférable de plonger sur le Liberty de bonne heure, avant l’arrivée du gros des troupes. Elle est vraiment très chouette, cette épave, accessible à tous niveaux. Et elle est restée superbe, au fil des années, malgré l’affluence. Je repasse par Bali dans quelques jours et je compte d’ailleurs y retourner plonger moi aussi… 😉

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