Publié le 8 mai 2016 / Mis à jour le 25 novembre 2017

Ces minuscules chevaux de mer sont a-do-ra-bles ! ! ! Mais ce sont de grands timides, qui ont horreur d’être pris en photo…

Mini, mini, mini…

Triton Bay, en Indonésie, où j’ai séjourné en mars 2016, mériterait d’être renommée « la baie des hippocampes pygmées ». Je crois bien n’avoir jamais vu une telle concentration de mini-chevaux de mer de toute ma vie de plongeuse.

Hippocampe pygmée bargibanti. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Les photographier est vraiment un défi, à cause de leur taille minuscule. Rendez-vous compte : les hippocampes de l’image ci-dessus sont à peu près grands comme l’ongle de mon petit doigt !

Du coup, pour les observer, certains plongeurs se munissent d’une loupe. Et les photographes subaquatiques comme moi leur tirent le portrait grâce à un objectif macro, qui permet de capturer des sujets minuscules dans les moindres détails.

Les repérer lors d’une plongée n’est donc vraiment pas facile. On les trouve le plus souvent dans d’immenses « buissons » coralliens en forme d’éventail, les gorgones. Pour les dénicher, c’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin…

Y a-t-il des hippocampes pygmées dans cette gorgone ? (Triton Bay, mars 2016.)

Y a-t-il des hippocampes pygmées dans cette gorgone ? (Triton Bay, mars 2016.)

Alors chaque fois que je choisis de mettre l’objectif macro sur mon Canon Eos 7D, mes deux guides indonésiens Andi et Edi, du resort Triton Bay Divers, inspectent soigneusement les gorgones et coraux alentour.

Cette gorgone abrite-t-elle une famille d'hippocampes pygmées ? (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)C’est un peu la compétition entre eux, à celui qui, le premier, trouvera les adorables hippocampes pygmées !

Mais c’est un jeu de patience, une quête délicate, pas toujours couronnée de succès. Je suis toujours très impressionnée quand l’un ou l’autre de mes précieux guides parvient à dénicher ces mini-chevaux de mer, rois du camouflage, au milieu des branches d’une immense gorgone…

À Triton Bay, je suis gâtée. Je découvre, au fil des jours, qu’on trouve ici, en abondance, les trois espèces les plus connues et les plus convoitées par les plongeurs : les hippocampes bargibanti, denise et pontohi (je vous les présente plus bas).

Il y a donc à la fois de la variété et de la profusion, sur une même zone. C’est rare. Vraiment, cette baie d’Indonésie, située en Papouasie occidentale, au sud de Raja Ampat, confirme son statut de « point chaud » de la biodiversité. J’en parlais dans ce premier post :

→ Plonger sous les cocotiers de Triton Bay

Bargibanti

Voici donc l’hippocampe pygmée bargibanti (Hippocampus bargibanti, aussi nommé hippocampe pygmée des gorgones). Il a le plus souvent des petites bosses de couleur rose-mauve ou jaune-orangé.

Hippocampe pygmée bargibanti. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Un hippocampe bargibanti mauve prend la pose sur sa branche de gorgone. (Triton Bay, mars 2016.)

Les bosses du bargibanti lui servent de camouflage et lui permettent de se confondre avec les branches des gorgones de même couleur, elles aussi bosselées quand leurs polypes sont refermés. Dans sa version rose-mauve, c’est l’hippocampe pygmée le plus répandu, celui que j’ai en tout cas le plus souvent photographié lors de mes plongées dans la zone Indo-Pacifique. J’ai aussi découvert à Triton Bay une variante à bosses rouges et corps blanc : ce type d’hippocampe, particulièrement rare, est surnommé « Père Noël » par mes guides, qui sont surexcités s’ils en trouvent un !

Denise

L’hippocampe pygmée denise (Hippocampus denise, également nommé hippocampe pygmée jaune ou hippocampe pygmée de Denise) est plus grêle d’apparence. Il est doté lui aussi de petites protubérances, moins nombreuses, et sa couleur varie aussi en fonction de son environnement, du jaune-brun au rose pâle.

Hippocampe pygmée denise. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Coucou, l’hippocampe denise ! (Triton Bay, mars 2016.)

Il est pareillement très doué passer inaperçu ou presque dans les branches de gorgones qu’il habite. Moins commun que le bargibanti, il est très convoité par les photographes sous-marins.

Pontohi

Enfin, il y a l’insaisissable et délicat pontohi (Hippocampus pontohi, nommé aussi hippocampe pygmée de Pontoh). Une rareté aussi difficile à repérer qu’à photographier.

Hippocampe pygmée pontohi. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Très timide, le pontohi vit planqué dans des « brindilles » de corail. (Triton Bay, mars 2016.)

Son corps blanc orné de motifs rouges et jaunes lui permet là encore de jouer à cache-cache au milieu des « brindilles » de corail et feuilles d’algues où il aime s’abriter, sur les murs ou tombants sous-marins… Et j’ai même une fois aperçu son cousin le servensi, moins flamboyant, à la robe brunâtre.

Orgie d’hippocampes

Ces petits chevaux de mer gracieux n’aiment pas – mais alors pas du tout – les photos. Ce sont de grands timides qui ont horreur d’être sous le feu des projecteurs. La queue enroulée sur leur branche, dès qu’ils s’aperçoivent qu’on s’intéresse à eux d’un peu trop près, ils préfèrent pivoter doucement… et tourner obstinément le dos à l’objectif ! C’en est parfois exaspérant.

Il faut donc du temps, parfois beaucoup de temps, pour parvenir à en photographier un de face ou de profil. Le plus agaçant, c’est quand il décide de changer de branche. Cela prend alors encore un temps fou pour le retrouver ! L’aide d’un guide aux yeux de lynx est indispensable…

Heureusement, j’ai passé une dizaine de jours à Triton Bay, à plonger trois fois par jour. De quoi me livrer, patiemment, à une orgie photographique d’hippocampes pygmées… Leur beauté délicate n’en finit pas de m’émerveiller.

Hippocampe pygmée bargibanti. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Hippocampe pygmée denise. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Hippocampe pygmée bargibanti. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Hippocampe pygmée denise. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Hippocampes pygmées pontohi. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

Hippocampe pygmée bargibanti. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

29-seahorse-denise

Hippocampes pygmées pontohi. (Triton Bay, Papouasie occidentale, Indonésie, mars 2016.)

30-seahorse-denise

🙃

Voyage plongée à Triton Bay, Papouasie, Indonésie. Mars 2016.

Indonésie : Triton Bay - mars 2016

24 commentaires

    • Corinne Bourbeillon

      @Brice : merci !!! C’est exactement ça, on entre dans un autre monde, celui du tout petit, de la « macro ». Le moindre relief dans une branche de corail devient un élément du « paysage » dans lequel évoluent ces minuscules bestioles. C’est fascinant… 🙂

      Répondre
  1. tonton guy

    Bonjour Corinne,
    je vais imprimer les photos, Bixente va se régaler
    bizz

    Répondre
  2. Marc

    Corinne, franchement sublimes, tes pygmées ! Merci !
    Je ne connaissais pas le Pontohi, une découverte. Magnifique, surtout les deux ensemble. J’ai comme cela une sublime paire d’hippocampes jaunes se tenant pas la queue, découvert à Richelieu Rock en Thaïlande. C’est ma photo de février, dans mes calendriers, pour symboliser la St. Valentin ! Tes deux Pontohi enlacés m’y font penser ! 8)

    Répondre
    • Corinne Bourbeillon

      @Marc : merci de ce commentaire enthousiaste ! Ravie de t’avoir fait découvrir le Pontohi. Encore plus discret et timide que les autres, celui-là… J’ai eu une chance incroyable de saisir les deux ensemble dans cette posture, dommage que l’un d’eux se cache le museau derrière le corail… 😉

      Répondre
  3. Ysbilia

    Ainsi donc Pontohi serait le plus timide?! 😉
    Superbes photos ramenées du fond des temps et des mers.

    Répondre
    • Corinne Bourbeillon

      @Ysbilia : oui, minuscule, rare et très timide… Il se planque derrière le corail dès qu’il voit surgir l’objectif. Exaspérant à photographier !!! Beaucoup plus difficile à immortaliser qu’un requin baleine ou une raie manta… 🙄

      Répondre
  4. zekkami el mostafa

    Hippocampe cerebral et hippocampe marin lequel des deux est pygmée ? C’est extraordinaire.

    Répondre
  5. Louise LAUNAI

    Bonsoir Corrine
    Magnifiques photos (comme d’habitude!) Je ne connaissais pas ces hippocampes! Trop mignons.
    Merci de nous faire partager tous ces beaux moments.
    Cordialement.
    Louise 😉

    Répondre
  6. thierry

    Encore de très belles photos.
    Des photos d’hippocampes pygmées très réussis. Bravo pour le résultat et pour v
    otre patience.
    On en veut encore ……

    Répondre
  7. anne

    Encore un moment d’évasion et de rêve grâce à vos photos Corinne. Un de ces jours j’espère aller plonger sur vos traces.
    MERCI et encore plein de magnifiques plongées à vous.

    Répondre
    • Corinne Bourbeillon

      @Anne : très touchée de votre message, merci ! Je prolonge moi-même l’évasion en redécouvrant mes photos au retour, quand je prépare les articles du blog… Heureuse de réussir à partager mes bonheurs sous l’eau 🙂

      Répondre
  8. Didier

    Le monde des liliputiens c’est vraiment chouette tout de même ! En mer comme sur terre d’ailleurs. On oublie souvent qu’il existe des merveilles à peine visibles. Merci Corinne de nous donner l’occasion de les (re)découvrir à travers tes sublimes photos ! 🙄

    Répondre
  9. Jean

    Très belles photos, comme d’habitude. J’ai une grosse préférence pour les Bargibantis sur fond rouge des coraux.
    Niveau photographie, cela à l’air assez compliqué à prendre en photo. Tu as eu beaucoup de rebut? Surtout au niveau de la mise au point.

    Répondre
    • Corinne Bourbeillon

      @Jean : je suis désormais plus habituée qu’à mes débuts à photographier ces petites bêtes si rétives à la photo… Ce n’est pas tant la mise au point qui est un défi (à force de pratique et d’expérience, on finit par maîtriser cet aspect-là, avec un objectif macro adapté) que de « capturer » l’hippocampe au bon moment, quand il est pile dans la bonne position. Car mine de rien, ils n’arrêtent pas de bouger. Il n’y a pas vraiment de recette, il faut beaucoup de patience, prendre le temps d’observer, anticiper ses réglages pour l’éclairage aussi…

      Je n’ai pas évalué la proportion de mon « rebut » sur les hippocampes pygmées. Bien sûr, il y en a toujours, mais il ne me semble pas plus important que pour d’autres types de sujets.

      Quand je n’arrive vraiment à rien au bout de quelques photos, je change d’angle ou bien carrément d’emplacement, jusqu’à trouver une disposition plus favorable pour refaire des clichés. Parfois, ça ne sert à rien de s’acharner inutilement sur un même hippocampe qui s’est déjà pris pas mal de flashes dans les yeux, le pauvre…

      Répondre
  10. Anne-Sophie

    Wow quelles photos!
    Quand on sait combien ces hippocampes sont minuscules, on se rend vraiment compte que ces photos sont de véritables exploits! Perso j’aime bien les hippocampes pygmés, mais ils sont tellement petits qu’il m’arrive de perdre patience en les cherchant 😆 Comme tu dis, sans guide aux yeux de lynx, difficile de les trouver ces petites bêtes. Au moins avec tes photos ont les voit de (très très) près 🙂 Un grand merci!

    Répondre
    • Corinne Bourbeillon

      @Anne-Sophie : oui, la photo macro, ça rend attentif au petit, voire au minuscule… La présence d’un guide est vraiment précieuse, pour ne pas dire indispensable 🙄

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

error:
127 Partages
Partagez110
Tweetez1
Enregistrer3
Partagez13