Article mis à jour le 3 octobre 2017

À Raja Ampat, on ne trouve pas que du corail sous l’eau. Il y a aussi de la ferraille de la Seconde Guerre mondiale. Tombée du ciel !

L’épave de Wai

La croisière en Indonésie d’Ambon à Sorong, que j’ai faite à bord du Waow, m’a permis de vivre une expérience inédite :  la plongée sur épave d’avion ! L’épave en question se trouve sur le récif de Wai, une petite île à proximité de la grande île de Batanta, dans l’archipel nord de Raja Ampat.

Pulau Wai. Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.

Pulau Wai. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Jusqu’alors, toutes les épaves sur lesquelles j’ai eu l’occasion de plonger – des épaves célèbres comme l’Amoco Cadiz en Bretagne et le Liberty à Bali, et quantité d’autres moins connues en Mer Rouge, aux Maldives, en Thaïlande, en Malaisie, en Indonésie, etc. – toutes, donc, étaient des bateaux.

Du coup, ce 4 novembre 2015, quand on nous annonce le programme du jour, je suis pas mal enthousiaste. Il y a quelque chose d’insolite, à plonger sur de la ferraille qui n’appartient pas, pour une fois, au monde des marins, mais à celui des aviateurs ! Et puis c’est un peu aussi une plongée dans l’histoire…

Un vestige de la Guerre du Pacifique

Wai Plane Wreck. (Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)L’avion en question est un chasseur américain P-47D. Il s’est abîmé en mer le 21 octobre 1944, lors de la Guerre du Pacifique, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il faisait partie d’une escadrille de sept avions, partie de l’île de Noemfoor pour une mission au-dessus de l’île de Seram. Mais au retour, surpris par le mauvais temps, bientôt à court de carburant, les pilotes ont alors opté pour un amerrissage forcé, à la faveur d’une trouée dans les nuages. Le détail de l’histoire est rapporté ici et , en anglais, sur le site PacificWrecks.com. Les sept hommes ont survécu et été récupérés ensuite par l’armée américaine.

Ce n’est donc pas le seul avion englouti dans la zone, mais cette épave-ci se trouve entre 26 et 33 mètres de profondeur, ce qui en fait l’une des rares épaves du coin facilement accessibles en plongée loisir. Et son excellent état de conservation en fait un très chouette sujet de photographie !

J’ai de la chance, car la visi, ce jour-là, est plutôt bonne et me permet de faire quelques images de loin, donnant une bonne vue d’ensemble de l’avion.

Vue sur l'hélice de l'avion. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Vue sur l’hélice de l’avion. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L'épave gît entre 26 et 33 mètres de fond. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L’épave gît entre 26 et 33 mètres de fond. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

À mon retour en France, j’ai lancé une recherche sur Google pour voir à quoi il ressemblait, cet avion. À en juger par cette image fournie par Wikipédia, un P-47D en vol, ça a plutôt de la gueule :

P-47D en vol, Tennessee Museum of Aviation. (Source : Kogo / Wikimédia)

P-47D en vol, Tennessee Museum of Aviation. (Source : Kogo / Wikimédia)

Plus de soixante ans après, cet avion de guerre est devenu un joli récif articiel, qui plaît autant aux poissons qu’aux plongeurs. Et on voit, par la position des ailes, qu’il est en fait couché « sur le dos » dans le sable et le corail.

Pour les plongeurs, c'est un insolite terrain de jeu... (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Pour les plongeurs, c’est un insolite terrain de jeu… (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Sans flash pour l'illuminer, l'épave est une ombre posée au milieu du bleu. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L’épave est une ombre posée au milieu du bleu. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Un coup de flash révèle la couleur du corail au bout de l'aile. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Un coup de flash révèle la couleur du corail au bout de l’aile. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L'épave attire les poissons... et les plongeurs. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L’épave attire les poissons… et les plongeurs. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Des gaterins s'abritent sous la carlingue colonisée par de beaux alcyonnaires d'un rose éclatant. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

De l’autre côté, près de la queue de l’avion, des gaterins s’abritent sous la carlingue colonisée par des alcyonnaires d’un rose éclatant. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Plus de soixante ans après, l'hélice est restée presque intacte, sous sa croûte de corail. (Wai Plane Wreck. Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

Plus de soixante ans après, l’hélice est restée presque intacte, sous sa croûte de corail. (Wai Plane Wreck. Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

(Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L’avion est posé à l’envers, sur le fond de sable et de corail. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L'avion fait une quinzaine de mètres de long. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L’épave mesure environ 15 mètres de long. (Wai Plane Wreck, Raja Ampat, Papouasie occidentale, Indonésie, novembre 2015.)

L’avion n’est pas très grand, une quinzaine de mètres de long. Il a été joliment colonisé par des coraux moux et il attire les poissons. On voit passer un poisson ange empereur, quelques platax et je réussis à effrayer de timides gaterins qui ont élu domicile sous la carlingue.

J’ai beaucoup aimé cette plongée et mon seul regret est de ne pas avoir pu la faire au nitrox (air enrichi en oxygène), ce qui m’aurait permis de traîner un peu plus longtemps à cette profondeur pour faire davantage d’images… Mais une panne du compresseur, survenue en cours de croisière et irréparable sur le moment, nous a contraints à plonger à l’air.

Nous terminons la plongée en remontant progressivement le long du récif de Wai, que je trouve plutôt monotone, comparé à la profusion de vie à laquelle m’ont habituée les eaux de Raja Ampat, au cœur du triangle de corail. Mais l’épave en elle-même vaut le détour à mes yeux de photographe subaquatique. On n’a pas tous les jours l’occasion d’admirer un avion de la Guerre du Pacifique sous l’eau.

🙂

J’étais l’invitée du Waow du 27 octobre au 8 novembre 2015, pour cette croisière-plongée baptisée « Secrets of Seram ». Toutes les opinions émises ici restent 100 % les miennes. 

Croisière plongée à bord du Waow - oct-nov 2015

Indonésie : Banda + Raja Ampat - octobre 2015

6 commentaires

  1. IsaM

    Tiens, je n’avais jamais entendu parler d’une épave aux Raja Ampat. Et c’est pas faute d’avoir exploré les sites (merveilleux)….Une 1ère…. à découvrir certes

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    • Corinne Bourbeillon

      @IsaM : moi j’en avais entendu parler, par Max Ammer. Il était venu à l’origine dans la région précisément pour cela : retrouver des épaves et vestiges de la guerre… Mais comme l’épave est du côté de Batanta, je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller.

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  2. Didier

    Quelle bonne idée d’avoir fait une recherche sur l’épave, afin de savoir à quoi il pouvait ressembler. En lisant le récit, et en regardant les images, j’essayais justement de m’imaginer comment il pouvait être, mais bon, pas facile vu l’état de l’avion ! Bravo pour les images ! 🙄

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    • Corinne Bourbeillon

      @Didier : oui, il m’intriguait cet avion. J’ai d’abord cherché à savoir si on connaissait son origine et j’ai été surprise de trouver, sans trop de difficultés, de la documentation sur cet épisode de la Guerre du Pacifique. J’ai aussi « googlisé » le nom de l’appareil pour voir comment il était avant, sans sa croûte de corail… Des photos sont disponibles sur Wikipédia !

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