Un requin, deux requins, trois requins…

Dans le lointain archipel de Komodo, en Indonésie, il y a un site de plongée qui porte le beau nom de Castle Rock. Sa particularité ? Les requins adorent traîner dans le coin… J’en ai même fait une petite vidéo.

Plongée à Castle Rock

Pour les plongeurs, c’est LE site à ne pas manquer, quand on fait le long voyage jusqu’à Komodo. Castle Rock – aussi appelé Takat Toko – est un pinacle au milieu de la mer, dont le sommet est à environ 7-8 mètres de profondeur. Outre l’abondante faune sous-marine habituelle qui gravite autour, on a de bonnes chances d’y voir des requins, à haute dose.

Quand je me mets à l’eau, avec Jérôme, le guide de plongée du Pascha, je ne me doute pas encore de la profusion de squales qui tourne là-dessous… On descend rapidement dans la zone des 20-25 mètres. Même pas besoin de les chercher. Ils sont là.

Un requin, deux requins, trois requins… Impossible de les compter. Il y en a partout !

Voici donc le ballet des squales de Castle Rock, en vidéo. J’ai boutiqué une séquence d’une minute, qui donne une bonne idée de l’ambiance sous la surface.

Beaucoup de requins pointe blanche, mais aussi quelques gris de récif. Et des spécimens de bonne taille… Je suis absolument fascinée. Émerveillée, encore.

On me demande souvent si je n’ai pas peur des requins. Mais non. Vraiment.

Jamais encore, je n’ai été confrontée à un comportement agressif de leur part. Les lâchers de bulles des plongeurs avec bouteille ont d’ailleurs tendance à les effaroucher plus qu’à les attirer. Dès qu’ils nous repèrent, les requins préfèrent dévier légèrement leur trajectoire et nager un peu plus au large.

À Castle Rock, ils passent et repassent dans le bleu, propulsés tout en souplesse par le mouvement latéral de leur queue, indifférents au courant furieux qui fouette le tombant. Curieusement, ça ne se voit pas trop à l’image, la violence du courant.

Mon petit montage vidéo dégage au contraire une impression très sereine, je trouve. C’est étonnant.

Pourquoi je me suis mise au crochet

Car si les requins nagent sans effort, patrouillant tranquillement le long du récif, pour moi, c’est une autre affaire. Pour la première fois de ma vie de plongeuse, j’utilise ce truc :

Crochet pour s'arrimer sous l'eau en cas de courant.

Oui, un crochet. Pas pour faire peur aux requins, hein. Ils s’en fichent bien de moi ! Mais pour m’arrimer à un bout de corail mort et éviter de partir à la dérive comme un fétu de paille, emportée par la bourrasque sous-marine. Celle-ci étire le chapelet de nos bulles selon une trajectoire un peu trop horizontale à mon goût – quand elle ne les fait pas soudain tournoyer en tous sens.

J’ai fixé le mousqueton à l’anneau de la sangle gauche de ma stab (le gilet stabilisateur, dans le jargon des plongeurs). L’anneau à droite est déjà occupé par un autre mousqueton, celui qui sécurise l’attache de mon caisson étanche contenant l’appareil-photo, qui fait aussi vidéo (le Canon Eos 7D).

Courants violents

Je n’ai pas l’habitude d’être ainsi accrochée au bout d’un fil pour flotter comme un petit drapeau dans le vent subaquatique. Être retenue d’un seul côté me déséquilibre. J’aurais dû bricoler un système pour pouvoir plutôt fixer le mousqueton bien au centre de mon attirail.

Heureusement, Jérôme me maintient d’une poigne ferme. Me voilà stabilisée. Sécurisée. Et je parviens à faire quelques images qui ne tremblent pas trop.

Ah ! Quel luxe d’avoir un ange gardien rien que pour soi… J’exulte derrière mon masque, trop heureuse que nous ne soyons que deux, et pas toute une palanquée !

Pour les autres plongées, je ressortirai régulièrement le crochet. J’ai fini par l’adopter. Il m’est devenu indispensable pour réussir à faire des images dans les eaux de Komodo, traversées de courants souvent capricieux et irrésistibles.

👌

  Indonésie : Flores + Komodo + Bali - juillet 2011

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