Sur l’île de Flores, en Indonésie, certaines rizières prennent des formes insolites. Dans la région de Ruteng, dans l’ouest de l’île, le riz se cultive en toile d’araignée !

Comme des parts de tarte

Nous sommes dans le Pays Manggarai, à une vingtaine de kilomètres de la ville de Ruteng. Ici, la tradition veut que les vallées cultivables soient divisées de façon à peu près équitable entre les clans familiaux, par rapport à l’irrigation du terrain.

On « découpe » donc la terre comme on découperait une tarte, en partant d’un centre qui correspond grosso-modo au point le plus irrigué. Chaque part s’étage ensuite en plusieurs parcelles.

Il en résulte ces incroyables paysages, où les rizières semblent tisser des toiles d’araignée. On leur donne là-bas le nom de lingko.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Panorama sur les rizières

Je ne me rappelle plus le nom du village où Missir, mon chauffeur, s’est arrêté. Tous les visiteurs qui traversent Flores comme je l’ai fait font halte ici. L’endroit offre un panorama spectaculaire sur les rizières en toile d’araignée.

On est invité à signer un cahier qui tient lieu de registre et il est bien vu de faire une petite « donation », à l’instar de ce qui se pratique dans les villages traditionnels autour de Bajawa, qui vivent essentiellement du tourisme.

Après, les gamins du village vous conduisent aux meilleurs point de vue, contre une autre petite rétribution. Compter 1 000 roupies (même pas 10 centimes d’euros) par tête de pipe…  Comme je suis sympa, j’ai accepté de prendre cinq mômes pour moi toute seule.

Ce sont les enfants des villages qui vous guident jusqu'aux rizières. Flores, Indonésie, juillet 2011.
Ce sont les enfants des villages qui vous guident jusqu’aux rizières. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Et il faut les suivre, les petits gars ! « Mister ! Mister ! » lancent-ils — que vous soyez un homme ou une femme — si vous lambinez trop.

Eux grimpent à toute vitesse en tongs sur le petit sentier entouré d’herbes folles, indifférents à la chaleur. Je me traîne à pas lents derrière, en plein cagnard, dégoulinante. Heureusement, le point de vue est tout près.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

On voit les petites silhouettes des paysans s’affairer dans les rizières, en contrebas. Dur métier.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Mes petits guides sont impatients. Ils attendent leurs roupies. Moi je prends mon temps.

J’admire la vue à n’en plus finir, je prends des tas et des tas de photos, surveillant les nuages qui font changer la lumière et les reflets sur l’eau des rizières.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

« Hello, mister ! »

Mon chauffeur est resté au frais, dans la voiture. Je remonte à l’intérieur, enthousiaste, après avoir cérémonieusement déposé quelques billets froissés dans des menottes malpropres.

Nous repartons en faisant coucou aux enfants et poursuivons notre route parmi les rizières, en direction de Labuan Bajo. On s’arrêtera encore souvent, pour d’autres panoramas, d’autres photos.

Dans les champs, les femmes ont souvent le visage enduit d’une poudre jaune ou blanche, pour se protéger du soleil. Les gens qui me voient plantée sur le bord du chemin, à photographier les rizières, me saluent de la main et m’interpellent avec l’inévitable « Hello, Mister ! ». Partout, en Indonésie, il est d’usage de saluer les exotiques Occidentaux des deux sexes par cette formule, hérité de la colonisation hollandaise.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Rizières dans la région de Ruteng. Flores, Indonésie, juillet 2011.

Dans les villages qui ne sont pas devenus des haltes touristiques, l’accueil reste simple, gai et spontané. Nous continuons d’avaler les kilomètres à vitesse lente, le long de cette route serpentine qui traverse les montagnes et rizières de Flores.

Nous nous rapprochons peu à peu de Labuan Bajo, tout à l’ouest, et du parc maritime de Komodo. Il me tarde de retrouver la mer…

  Indonésie : Flores + Komodo + Bali - juillet 2011

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