Le pays Toraja, ça se mérite ! Depuis Manado (nord-Sulawesi), il faut d’abord rejoindre Makassar tout au sud, soit une heure et demie d’avion. Ensuite, c’est 8 à 10 heures de bus pour Rantepao.

Litha & Co

Pas de bol : contrairement à mon périple d’il y a trois ans, je n’ai pas réussi à attraper le bus du matin. Au terminal de la compagnie Litha, on m’apprend qu’il ne reste plus de place qu’en bus de nuit…

Le terminal de la compagnie Litha, à Makassar, d'où partent les bus pour le pays Toraja.

Ah ! Les joies du night bus… On en ressort le dos vermoulu, la nuque raide, les genoux en compote, l’esprit brumeux et les yeux injectés de fatigue, après de longues heures sans sommeil.

Il y a les cahots de la route, pleine de nids de poule. Les audacieuses manœuvres du chauffeur, qui maîtrise parfaitement la conduite à l’indonésienne (je klaxonne et je double). L’irruption soudaine de lumière crue aux arrêts pipi. Les ronflements sonores d’un voisin ventripotent juste derrière. Sans oublier les délicieuses mélodies des chansons indonésiennes sirupeuses que les hauts-parleurs du bus se mettent tout à coup à vomir sans raison, aux petites heures de la nuit…

Saya orang perancis

Bon. Le truc sympa, quand même, c’est qu’on peut pratiquer son bahasa indonesia en attendant l’heure de partir, avec les autres voyageurs. Une petite dame se pousse sur un banc et me fait signe de venir m’asseoir près d’elle. Me voici repartie dans l’inévitable échange de politesses, ponctué de grands sourires…

Dari mana ? D’où venez-vous ? Saya orang perancis, je suis française. Oui, je voyage seule. Oui, je parle un peu indonésien… Mais rien qu’un tout petit peu, hein, setikit setikit, et forcément, la conversation tourne court… J’ai déjà épuisé mon maigre vocabulaire ! En plus, j’ai oublié mon Petit Indonésien de poche à la maison.

L’autre truc sympa, c’est qu’on fait des rencontres. Il y a trois ans, j’avais sympathisé avec une famille de Hollandais dans le bus Litha (ledit bus était autrement plus confortable que ceux que j’ai pris cette année). Ensuite, j’avais même poursuivi mon voyage jusqu’aux îles Togian avec eux. Cette fois-ci, c’est un jeune Norvégien, Sebastian, qui atterrit sur le siège voisin du mien.

Lui aussi voyage seul. Il a pas mal baroudé en Afrique, en Inde. Mais c’est sa première fois en Indonésie.

Comme moi, il a ses petits trucs pour supporter les longs trajets en bus : iPhone bien garni en musique, oreiller d’avion pour soutenir la nuque, petite laine pour lutter contre le froid polaire de la clim systématiquement poussée à fond. On éclate de rire en constatant combien nous sommes ridicules, à essayer en vain d’optimiser le confort étroit des sièges à peine inclinables, avec nos petits boudins gonflables calés autour du cou.

À l’aube, nous arrivons à Rantepao. Là, c’est moi qui jouerai les guides.

Je n’ai rien oublié, je reconnais tout. Je fais stopper le bus devant le resto Riman, au nord de la ville. J’ai besoin d’un café. Un bon kopi noir et parfumé, comme ils savent si bien le faire, ici, dans le pays Toraja. Malgré la fatigue, je suis tellement, tellement heureuse d’être là !

  Indonésie : Sulawesi - juillet 2010

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