Océans, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, 2010. (Photo : Roberto Rinaldi / Pathé)
Photo : Roberto Rinaldi / Pathé Films

Océans, le film

Le nouveau long-métrage de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud sort ce mercredi. J’ai pu voir Océans en décembre, bien avant la sortie officielle. Et rencontrer l’équipe du film.

Tout ça, pour le boulot… J’adore quand mes obligations professionnelles rejoignent mes passions personnelles !

L’hymne à la mer

Amis plongeurs et amoureux de la mer, foncez voir le film. Les images, réalisées par les plus grands cinéastes subaquatiques, sont à tomber.

De nouvelles techniques de tournage sophistiquées (tête girostabilisée Thetys, torpilles sous-marines et mini-hélico, équipés de caméra) vous immergent comme jamais au cœur des océans. On devient poisson parmi les poissons…

Ce n’est pas vraiment un documentaire, mais plutôt un « hymne à la mer », comme l’écrit avec justesse mon confrère Yvon Lechevestrier dans le papier que je co-signe avec lui ce 25 janvier 2010, dans Ouest-France. Voici la page en PDF, intitulée Perrin et Cluzaud jouent l’hymne à la mer (cliquez sur l’image ci-dessous pour la voir en grand) :

Perrin et Cluzaud jouent l'hymne à la mer (article du 25/01/2010 paru dans Ouest-France pour la sortie du film Océans)
Perrin et Cluzaud jouent l’hymne à la mer (article du 25/01/2010 paru dans Ouest-France pour la sortie du film Océans)

La folie du Sardine Run

Le temps accordé au film (quatre années de tournage) a permis, au fil des expéditions, de saisir des instants rares et fabuleux. La séquence du fameux Sardine Run, cette migration annuelle de millions de sardines au large des côtes orientales d’Afrique du Sud (un festin géant qui attire oiseaux, dauphins et requins), est proprement hallucinante.

Vous n’avez jamais vu passer d’oiseaux sous vos palmes ? Je vous livre ci-dessous un extrait vidéo de mon entretien avec François Sarano. Plongeur professionnel et docteur en océanographie, ancien de l’équipe Cousteau, cofondateur de Longitude 181, il a travaillé comme guide scénaristique pour Océans. J’adore sa façon de raconter le Sardine Run :

Et j’ajoute, en éditant cet article, plusieurs années (janvier 2017) après cette interview, cet extrait du Peuple des océans, montrant la même scène spectaculaire des oiseaux plongeant sous la surface, extrait diffusé par France 2 via Twitter :


Je reste chaque fois scotchée devant ces images fascinantes…

Trombinoscope

Difficile pour moi, qui suis plongeuse et particulièrement sensible aux merveilles du monde sous-marin, d’être impartiale. J’ai adooooré le film Océans ! Mais un autre collègue du journal, moins fan de poiscaille que moi, a trouvé, lui, le temps un peu long en compagnie des baleines. Et il a regretté le manque d’explications « documentaires », justement. Il aurait bien aimé savoir quelles étaient les espèces montrées, en quel lieu de la planète les scènes avaient été tournées, etc.

Moi, évidemment, je n’ai pas eu trop de mal avec l’identification de la plupart des poissons. Et j’avoue que je n’étais pas peu fière d’en avoir personnellement rencontré et photographié un certain nombre, du mola-mola au nudibranche…

Toutes les infos « documentaires » (espèces, localisation) étaient en fait à découvrir après ou avant la projection, sur le site internet d’Océans, mis en place lors de la sortie, très bien fait (le site renvoie désormais sur la page Pathé du DVD). Il y a des tas de vidéos à voir, sur les animaux, sur le making-of… Là encore, fascinant.

Pour les vrais mordus de biologie marine (et j’en connais ! ), il y avait même le trombinoscope des espèces montrées dans le film.

Trombinoscope Océans

Regard optimiste

Pour ma part, j’apprécie beaucoup ce parti pris de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, les coréalisateurs : ils nous offrent là un vrai film de cinéma, pas un documentaire grand format.

→ Voir la fiche du film Océans sur AlloCiné

Bien sûr, c’est un film « écolo », dans l’air du temps. Mais l’écologie n’est pas un phénomène de mode. Et Perrin n’a pas attendu la vogue environnementale pour rendre hommage à la beauté de la nature (on se souvient du Peuple migrateur et de Microcosmos, pour les films les plus connus).

Et puis, surtout, contrairement à d’autres écologistes très médiatisés et parfois donneurs de leçons, les deux Jacques restent optimistes. Ils évitent de marteler un message ou de nous culpabiliser. « La mer est malade, mais il y a des tas de possibilités pour qu’elle soit sauvée », conclut Jacques Perrin à la fin de notre interview pour Ouest-France.

Il y a une vraie élégance dans leur regard de réalisateurs, une immense exigence dans leurs choix de production. Et pour ce qui est de la sensibilisation à la protection des océans, le film s’accompagne d’une opération pédagogique, en direction des enfants et de leurs enseignants. Encore un choix intelligent, je trouve.

Bref, avec ce film, ils ont décidé de nous émerveiller, en laissant les océans parler pour eux-mêmes… Mission accomplie !

Pour finir, je vous remets la bande-annonce ci-dessous, histoire de patienter, d’ici mercredi. Vous me direz vos impressions.

😮

  Entre deux voyages

  1. Bonjour,
    Je suis le blog régulièrement alors Bravo pour ce papier sur Océans avec les liens. En tant que plongeurs, nous avons hate de le voir, sur très grand écran ! D’après les extraits on ne va risquer que d’être émerveillé.
    Moi aussi j’aime bien identifier et comparer avec notre vécu, tout relatif bien sur…
    Il faut rester optimiste pour l’avenir de la mer. Je me souviens de plongées en Méditerranée (Gabinière) où on ne voyait qu’un mérou; qd on voit combien ils sont maintenant…
    A bientot
    Denis

  2. Coucou, ben moi j’ai eu cette chance en octobre 😉 et je confirme pour tous les amoureux de la mer et de la plongée, courez dans les salles, les images sont splendides !!! Mon image coup de coeur, c’est la rencontre du grand blanc, impressionant !!! Vous comprendrez…

    Courez dans les salles et rêvez !
    Bonne toile !

    Rod

    Ps : Corinne, les Andaman, c’est vraiment à part et authentique. De superbes iles, des gens adorables, des sites magnifiques et un endroit resté isolé, mais pour combien de temps encore…

  3. @Denis B: Oui, François Sarano et Jacques Perrin m’ont cité, eux aussi, divers exemples, pour lesquels la situation de la faune et la flore sous-marine s’améliore… Je suis bien contente que mon article donne envie de voir le film!!! Pour ma part, j’ai réellement été émerveillée. Résultat, j’ai une énorme envie de retourner plonger, là, maintenant…
    🙄

    @Manta: Oui, je sais, dur métier… 😆 (En fait, vu la masse de boulot qu’on a par ailleurs, je suis heureuse de pouvoir, de temps à autre, faire des reportages plus “magazine”, surtout quand c’est un sujet qui me tient à cœur).
    😉

    @Rod: Ah… oui. Le grand blanc, encore une séquence fantastique !!! Quant aux Andaman, faudra que j’y aille, c’est sûr… Si seulement je pouvais disposer de mon temps à ma guise!!!
    8)

  4. On n’a pas le mal de mer à force de boire la tasse ? 🙂 Combien de temps passé la tête sous l’eau ? 😆 ❓ Entendu les 2 compères sur France Inter, qui en faisait la promo, ce matin même. Il la faisait sur le Gainbourg itou. Que j’ai bien aimé. Bref, je vais faire confiance à Vincent Josse et enfiler mon maillot de bain. 😉

  5. Coucou
    Superbe article merci de partager cela avec nous
    Moi aussi j ai eu la chance de rencontrer une partie de l equipe sur le salon de la plongee avec plongeur.com.. quelle belle aventure.
    A bientot

  6. Je viens à mon tour de plonger dans l’univers d’Océans et je me suis dit que Corinne avait bien dû bloguer sur le film puisqu’elle l’avait vu en avant-avant première.
    Je me suis laissée porter par de somptueuses images sous l’eau, à la surface de la mer. Un régal. Pourtant, je ne plonge pas, mais pas du tout, je ne suis pas fan de documentaire non plus. Je connais par contre un peu le milieu maritime et les espèces. Il y a de sacrées tronches! Et on reste baba devant le tournage de certaines scènes, on se demande où se trouvait le cameraman. Dans la gueule du poisson d’en face?
    C’est vrai que parfois j’aurais apprécié de savoir les lieux. Evidemment, pour le Guilvinec pas de souci… ça manque un peu de vie humaine, mais c’est le choix des réalisateurs. J’aurais aimé un peu plus de batailles entre espèces, de scènes de prédateurs se ruant sur leurs proies. Le propos reste moralisateur, mais il ne faut pas s’en étonner puisqu’on gâche tout. A voir pour ces sublimes séquences de ballets de poissons, la guerre des crabes, les paysages polaires, les navires dans la tempête, les majestueux couchers de soleil…

  7. @Richard: Suffit d’avoir le pied marin… Enfile plutôt une combi néoprène. Le maillot de bain, c’est pour la plage.
    😆

    @Hélène de l’île Maurice: Je crois que quand on est plongeur, on apprécie encore plus, oui !
    🙂

    @Krol55: Oui, l’aventure du film est tout aussi passionnante que le film lui-même…
    😉

    @Nono: Intéressant d’avoir ton avis de non-plongeuse. Pour certains séquences spectaculaires sous l’eau, ils ont remplacé le caméraman par une torpille sous-marine avec une caméra embarquée… Si fait qu’on a vraiment l’impression d’être dans le banc de poissons.
    🙄

  8. Coucou
    Je viens de voir dans ta colonne de droite que tu as un lien vers les Photos de Pierre Poilloux ? Tu le connais ??? C’est un ami à moi… j’ai été surprise de voir le lien ici… pas pour la qualité des photos qui sont superbes, Pierre a en particulier un don pour photographier les gens, mais je ne savais pas que son site était diffusé 🙂
    Bisoux

  9. @Krol55: Non, je ne connais pas « en vrai » Pierre Poilloux, mais nous avons aimé traîner dans les mêmes coins en Asie (îles Togian, Derawan…), et nous avons beaucoup discuté grâce à ce blog, et aussi via le forum Tashi Delek. Ses photos sont fantastiques, j’adore.

    J’avais rédigé un post à propos de ses photos sub de raies mantas :
    » Rêves de mantas

    Un autre où je renvoie sur sa galerie « Derawan » :
    » Bornéo : projets et dilemmes

    Et encore un autre sur le calendrier 2009 de Tashi Delek, où je remettais le lien général vers sa galerie :
    » Une famille de globe-trotters

    Et vu mes projets à venir, il se pourrait bien que je fasse un nouveau lien vers un de ses autres albums, encore… 🙄

  10. Beau film qui donne grave envie de chausser les palmes! Ça me démange là, argh!

    La scène avec les plongeons des oiseaux est impressionnante, comme tant d’autres d’ailleurs!!

    En tout cas, Jacques Perrin doit être un optimiste de nature vu la situation…

  11. Je ne plonge pas, 😥 brasse comme une enclume 😳 , mais ai pris un grand plaisir à regarder ce nouveau regard sur la faune aquatique 🙂 . Pas besoin de 3D ni d’avatars hollywodien. La nature offre tout le relief ( mais encore plus les couleurs non ? ) et toutes les formes possibles et même pas imaginables.
    Il est amusant de constater que le poisson ou crustacé le plus proche de l’humain, d’aspect, rappelle, avec ses bosses, Elephant Man :  » Je ne suis pas un mooooooooonnnnnnnnnnsssssssstreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!!!!!!!! «  » » » » 😆

  12. bonjour
    ça y est, je enfin allée voir Océans,je suis comme tous émerveillée par la qualité des images et les scènes insolites de ce film.
    Mais je reste sur ma faim,1h30 c’est trop court!! quand Jacques Perrin annonce avoir 500h de film, il reste à espèrer que le DVD sera pleins de bonus, encore, encore des images, il y a tellement de choses qui ne sont pas abordées dans ce film, dès que l’expo sort à la cité de la mer de Cherbourg c’est sûr j’y vais!!

  13. @Richard: Même dans Avatar, ils se sont inspirés de certaines créatures sous-marines réelles pour leurs créatures imaginaires…
    😉

    @Laurence: Va voir sur le site officiel, dont je donne le lien plus haut. Y’a déjà plein de « bonus » à visionner en ligne.
    🙂

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

35 Partages
Partagez32
Tweetez2
Enregistrer1
Partagez