Rizières à Batutumonga. Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.

Les si belles rizières de Batutumonga

Je poursuis le récit de mon périple à Sulawesi, voyage datant de juillet 2007. Je vous ramène dans le pays Toraja, pour une balade à moto dans les spendides paysages de rizières autour du village de Batutumonga, au nord de Rantepao.

Balade à moto dans les rizières de Batutumonga

Rantepao, vendredi 13 juillet 2007. Encore une journée fantastique ! En compagnie de mes nouveaux amis espagnols, Joseba et Ana, je pars donc explorer les villages et rizières du Nord.

Ils ont loué une moto eux aussi et nous prenons ensemble la route en direction de Batutumonga, munis de notre petite carte photocopiée fournie par l’hôtel.

La route grimpe. On s’élève peu à peu dans un décor montagneux, avec des rizières étagées, d’une beauté à couper le souffle.

Rizières à Batutumonga. Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.

Le temps est un peu gris et comme on prend de l’altitude, il fait carrément plus frais. Nous ne tardons pas à enfiler nos vestes et vêtements de pluie.

Rizières à Batutumonga. Sulawesi, Indonésie, juillet 2007.

Après avoir déjeuné et admiré la vue depuis un gros resto touristique à Batutumonga même, nous reprenons la route un peu au hasard et nous égarons dans de petits chemins caillouteux, qui passent entre les rizières et relient des villages dont nous ignorons le nom.

Villages traditionnels du pays Toraja

Partout, les gens sont extrêmement accueillants. Grands sourires et gestes de la main pour nous saluer. Notre visite intrigue toujours beaucoup les enfants.

Les villages sont tout mignons, avec leurs toits tongkonan incurvés, et nous nous arrêtons de temps en temps, pour photographier des maisons et greniers à riz particulièrement beaux, finement sculptés et peints.

Sur certains, la décoration en noir et rouge, avec motifs de taureaux, évoque l’Espagne.

Nous faisons halte à un moment dans un lieu dont j’ignore le nom, mais dont la beauté nous scotche sur place. Une petite vallée entre deux monts, avec des rizières en palier.

Des nuances de vert tendre, semées de grosses roches noires, comme dans un jardin zen. L’endroit est d’une sérénité absolue.

Quelques mètres plus loin, nous découvrons que les plus grosses de ces roches servent aussi de tombes.

Cérémonie funéraire

Dans un petit village perché très haut dans la montagne, nous tombons sur la procession d’une petite cérémonie funéraire. Elle est moins fastueuse que celle de Rembon à laquelle j’ai assisté deux jours plus tôt.

Là, je me sens plus “voyeuse”, plus gênée de prendre des photos qu’à Rembon, malgré l’insistance de nombreux invités qui tiennent absolument à prendre la pose avec nous. Car il y a dans le cortège des femmes qui pleurent et gémissent.

Étrange, car dans le reste du groupe, d’autres gens chantent, rient et crient, avec la gaieté festive que j’avais observée à Rembon, typique de ces cérémonies funéraires Toraja. Le défunt d’ici est sans doute mort depuis moins longtemps que celui de Rembon, ce qui expliquerait la tristesse ouvertement affichée de ces femmes.

Nous ne nous éternisons pas. Il faut rentrer avant la nuit. Elle tombe tôt sous ces latitudes. Et nous ne savons absolument pas où nous sommes. Mais les gens nous indiquent gentiment la route. De toute façon, du moment qu’on descend, on est dans la bonne direction !

Notre présence amuse les enfants, qui se prêtent volontiers à la photo souvenir.
Notre présence amuse les enfants, qui se prêtent volontiers à la photo souvenir.

En chemin, on croise des paysans et des mômes, un peu farouches, qui portent la barbaque du buffle sacrifié à cette cérémonie. D’autres enfants, moins timides, rencontrés dans un village un peu plus bas, nous confirment que nous sommes bien sur la bonne route pour rentrer à Rantepao.

Retour à Rantepao

L’air se réchauffe, nous pouvons enfin ôter nos petites laines. Je songe à acheter avant de partir un sarong comme en portent les montagnards ici. La pièce de tissu est cousue aux extrêmités, et forme comme un tube large, transformable à volonté en robe, jupe, écharpe, capuchon, ou châle pour s’emmitoufler.

Nous retombons pour finir sur la voie principale en contrebas. Un bonheur, cette virée dans le Nord. La plus chouette de toutes mes balades en pays Toraja. Une fois rentrés à Rantepao, nous célébrons comme il convient cette belle journée autour d’une San Miguel et d’un solide repas au Mambo.

Le lendemain, je pars pour le lac Poso avec les Hollandais. Johan nous a déniché et négocié une grosse voiture de type 4×4 adaptée aux routes pourries qui nous attendent, avec un chauffeur sympa, Ynus. Le périple doit durer une journée entière.

Les Espagnols, eux, vont se la jouer routards, avec le bus local, qui fait la liaison. Ils ont pris leurs tickets la veille. On est allé examiner ledit bus, garé devant l’agence, dans la rue principale de Rantepao. Pas de clim, l’engin a l’air fatigué, les sièges sont étroits. Ça promet ! On plaisante sur les affres du long voyage qui les attend. J’avoue que je suis bien contente de bénéficier d’un transport plus confortable.

  Indonésie : Sulawesi - juillet 2007

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