Le vent souffle sur la plage de corail mort du Sogod Bay Scuba Resort. (Leyte, Philippines, février 2008)
Le vent souffle sur la plage de corail mort du Sogod Bay Scuba Resort. (Leyte, Philippines, février 2008)

Sogod Bay, la baie des requins-baleines

Première étape de mon périple philippin : la pointe sud de l’île de Leyte. Pour des plongées à Sogod Bay, dans l’espoir de croiser la route d’un requin-baleine

Les rares touristes présents dans le coin sont là pour ça, eux aussi. La baie de Sogod est connue pour être fréquentée par ces gentils géants des mers.

Sogod Bay

Je rêve de rencontrer à nouveau cet énorme squale (que j’ai aperçu une fois en Thaïlande, en 2006). C’est le plus grand poisson du monde (il peut dépasser les 10 mètres, je vous renvoie sur la fiche Wikipédia) et il est totalement inoffensif pour l’homme (il n’a pas de dents et se nourrit de plancton).

Mais pour l’instant, rien ! Déjà trois jours que je plonge à Sogod Bay, sans avoir croisé l’ombre de la queue d’un requin-baleine. En même temps, ce n’est pas bien grave. Le corail est superbe ici, remarquablement préservé. Et la faune sous-marine tropicale abonde.

Je me régale de nudibranches (des limaces de mer) inédits, de poissons-crapauds et autres bestioles, dont un bien joli serpent « tricot rayé ». On a même déniché aujourd’hui un minuscule hippocampe-pygmée rose.

Blotti contre le récif, un serpent "tricot-rayé". (Sogod Bay, Leyte, Philippines, janvier 2008)
Blotti contre le récif, un serpent « tricot-rayé ». (Sogod Bay, Leyte, Philippines, janvier 2008)
Un nudibranche de belle taille, d'un superbe rose-mauve, photographié aujourd'hui, sur le site de Napantao, de l'autre côté de Sogod Bay. (Leyte, Philippines, janvier 2008)
Un nudibranche de belle taille, d’un superbe rose-mauve, photographié aujourd’hui, sur le site de Napantao, de l’autre côté de Sogod Bay. (Leyte, Philippines, janvier 2008)

Ferries philippins

Les plongeurs ne sont pas bien nombreux sur les sites. À peine deux-trois resorts opèrent dans le secteur. Et puis cette partie de l’île, à l’écart des circuits touristiques, n’est pas si facile à joindre. Les horaires des ferries au départ de Cebu, l’île centrale des Visayas, ou il y a l’aéroport, sont plus qu’aléatoires.

Le mien, de ferry, enfin, le Cebu-Bato de 18h que je pensais prendre à la sortie de l’avion, avait comme par hasard été remplacé par un autre… à 13h30. Que j’ai donc raté. Pas de bol. Pas de bateau pour Bato…

Le ferry Cebu-Bato est à 13h30... (Philippines, janvier 2008)
Le ferry Cebu-Bato est à 13h30… (Philippines, janvier 2008)

Je me suis rabattue sur celui de 21h, avec couchettes sur le pont pour les billets les moins chers. Mais moi, j’ai voyagé avec les riches, en minuscule cabine dite First Class, de quatre couchettes avec télé ( !) et air conditionné façon frigo. Arrivée à Bato à… 4h du mat !

J’ai heureusement pu téléphoner au Sogod Bay Scuba Resort (SBSR) avec qui j’avais pris contact par e-mail avant le départ, et ils ont envoyé un gars me chercher avant l’aube en voiture à la sortie du bateau. Ensuite, trajet d’une heure environ de Bato à Padre Burgos, bourg minuscule à la croisée de deux routes, près duquel est installé le resort.

Plage de corail mort et messe du dimanche

En cette saison, le vent souffle à fond tous les jours sur Sogod Bay. Sur la plage de coraux morts, de grosses vagues sonores s’écrasent non-stop et bercent mon sommeil. Ma chambre est face à la mer, chez une gentille dame qui accueille les touristes pour le resort, juste à côté. J’aime autant être là. Ma terrasse est plus intime que celle des chambrettes côte à côte du SBSR.

Le vent souffle sur la plage de corail mort du Sogod Bay Scuba Resort. (Leyte, Philippines, février 2008)
Le vent souffle sur la plage de corail mort du Sogod Bay Scuba Resort. (Leyte, Philippines, février 2008)

Sur ma droite, je discerne dans la brume l’ombre bleue de Limasawa, l’île ou accosta Magellan. C’est là que fut célébrée aux Philippines la toute première messe espagnole, en 1521… Premiere étape de la christianisation du pays.

J’habite juste en face d’une chapelle, que je n’avais pas remarquée sur le moment, en arrivant dimanche matin, à l’aube. Je me suis écroulée sur mon lit, épuisée, et quelques heures plus tard, des chants joyeux m’ont réveillée. C’etait la messe du dimanche.

Devant la chapelle, un grand tableau noir, avec marqué « Welcome visitors 2008 ». À l’intérieur, ambiance karaoké, avec un gars au micro pour faire chanter les fidèles sur un air entraînant, tout le monde debout et bras levés, avec paroles à suivre, inscrites au fond sur un tableau blanc.

Ceux des derniers rangs se sont retournés avec sourires et hochements de tête pour me regarder approcher de la porte. Un petit monsieur est venu me serrer la main et me proposer d’entrer… Mais j’avais faim. Je ne suis pas restée. J’ai fait coucou à tout le monde comme la reine d’Angleterre, et j’ai filé au resort prendre mon petit-déjeuner.

Voir tous les articles sur ce voyage → Philippines : Visayas – février 2008

PS. Je réaliserai mon rêve de rencontrer des requins-baleines lors d’autres voyages, des années après ce premier séjour aux Philippines… Tout d’abord au Mexique en 2014, puis aux Philippines en 2018. Voir ci-dessous ces deux posts :

→ Les requins-baleines mexicains ont de la gueule

→ Aux Philippines, laisse le requin-baleine venir à toi

 

  Philippines : Visayas - février 2008

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