Dans le détroit de Lembeh, d'énormes cargos croupissent au mouillage.
Dans le détroit de Lembeh, d'énormes cargos croupissent au mouillage.

Lembeh : cargos rouillés et sable noir

Dernier jour à Lembeh, dans le Nord-Sulawesi. Le temps passe décidément trop vite ! Avec ses cargos rouillés et son fond de sable noir jonché de sédiments et détritus, ce détroit est vraiment un spot de plongée singulier, loin des clichés.

Les volcans, le port et les poissons

Coucher de soleil spectaculaire, derrière le volcan qui fait face à Lembeh, auquel s'accrochent les nuages.
Coucher de soleil spectaculaire, derrière le volcan qui fait face à Lembeh, auquel s’accrochent les nuages.

Face à l’île de Lembeh, il y a l’énorme port de Bitung. Les deux grosses industries locales sont la noix de coco et la pêche.

Il y a là des ferries, de gros cargos en escale, un va-et-vient permanent d’embarcations de toutes tailles, qui ravitaillent les différents coins de l’île de Lembeh juste en face ou qui rentrent de la pêche. À quelques encâblures de toute cette activité, on aperçoit, çà et là, de vieilles coques rouillées, à l’abandon, qui se délitent tranquillement dans les eaux du détroit.

Mais il suffit d’à peine quelques minutes de navigation vers le nord pour tomber sur un paysage complètement différent !

On découvre alors des falaises calcaires surmontées de jungle, entrecoupées de petites plages de sable noir, nichées dans leur ceinture de cocotiers. Quelques bicoques en bois, des bateaux traditionnels à balancier amarrés devant. À l’horizon, toujours présente, l’ombre des volcans.

Plage de sable noir dans le détroit de Lembeh.
Plage de sable noir dans le détroit de Lembeh.

On fait en général escale le midi près de l’une de ces plages, pour le déjeuner, suivi d’une petite sieste bien méritée, avant d’attaquer la deuxième ou troisième plongée du jour. Le contraste entre la zone portuaire et le chapelet de plages un peu plus loin surprend au début.

Et c’est toujours une sensation un peu étrange, quand on navigue dans les eaux du détroit, avec le bateau de plongée, de passer devant les gigantesques navires amarrés aux quais de Bitung ou mouillant un peu plus au large.

Dans le détroit de Lembeh, d'énormes cargos croupissent au mouillage.
Dans le détroit de Lembeh, d’énormes cargos croupissent au mouillage.

Je me fais chaque fois cette réflexion, quand nous rentrons : je m’étonne que la faune sous-marine soit encore si riche, ici, avec la pollution sans doute pas négligeable que doit générer une activité portuaire comme celle-là…

Seiche flamboyante et poisson-crapaud clown

Pour l’heure, je savoure mon dernier jour de plongée, en ignorant stoïquement les élancements douloureux dans mon oreille droite… Non mais !

D’ailleurs, une fois sous l’eau, j’oublie complètement cette fichue otite, captivée que je suis par les spectaculaires changements de couleur et de texture d’une bien-nommée seiche flamboyante.

Seiche flamboyante.
Seiche flamboyante.

Très timide, elle se laisse cependant approcher, sans fuir, par nos objectifs. Il suffit d’agiter doucement la main au-dessus de la seiche, pour voir passer des vagues de gris, jaune et rouge sur sa peau, qui semble ainsi ondoyer au moindre de nos mouvements dans l’eau.

Le sujet est, naturellement, bien difficile à capter en photo. L’autofocus de mon petit appareil compact a du mal à jauger la mise au point correcte avec toutes ces variations de couleurs, rapides comme l’éclair, parfois fugaces parfois durables, et soudain remplacées par un hérissement épidermique verruqueux…

Très très bizarre, comme bestiole. Mais tellement fascinante, que ma binôme Teresa et moi restons finalement plus longtemps sous l’eau, pour d’ultimes photos, vidant nos bouteilles et laissant notre guide Atu, transi, remonter se réchauffer sur le bateau.

Mais de toutes les créatures rencontrées dans le détroit de Lembeh, ma préférée reste le clown ou painted frog-fish.

Painted frog-fish (antennaire ou poisson-crapaud).
Painted frog-fish (antennaire ou poisson-crapaud).

De taille modeste, jaune avec de belles taches rouge carmin, ce petit poisson-crapaud arpente vaillamment le fond de sable noir sur ses petites nageoires pectorales devenues pattes. Totalement indifférent à l’émoi qu’il provoque en nous, ignorant superbement les regards passionnés dont nous le couvons, il trace sa route. Apparemment pas plus incommodé que ça par nos bulles et nos flashes. À moins que sa petite randonnée ne soit en réalité qu’une fuite éperdue ?

On se relaye devant l’adorable bestiole, qui a l’heur d’être immortalisée, de longues minutes durant, sous toutes les coutures.

Voir aussi → Tous mes articles sur Lembeh

  Indonésie : Sulawesi - juillet 2007

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