Le long du tombant, les requins sont partout. Sipadan, Malaisie. Juillet 2006.

Le grand jour est arrivé. Aujourd’hui, enfin, je plonge à Sipadan. Le site n’usurpe pas sa réputation. C’est spectaculaire. Requins et tortues à foison. Des poissons partout. Le tout le long d’un « mur » vertigineux où abondent les coraux, qui s’enfonce dans le bleu.

Requins et tortues

L’île est en fait le sommet d’un piton calcaire qui plonge à 600 mètres sous la surface. Le tombant se trouve environ 25 mètres de la plage.

C’est là que le bateau nous lâche, sur le site de Barracuda Point.

Le long du tombant, les requins sont partout. Sipadan, Malaisie. Juillet 2006.

Requins pointe-blanche. Sipadan, Malaisie.

Je suis en binôme avec Sabrina, une Française très sympa. Elle baroude depuis une dizaine de mois en Asie du Sud-Est et, entre deux étapes plongées en Thaïlande et en Malaisie, elle est tombée sous le charme de la Birmanie et du Laos.

C’est une plongeuse expérimentée, et comme moi, elle fait de la photo. Ça compte, mine de rien, et ça ajoute au plaisir de la plongée, d’être avec quelqu’un sur la même longueur d’onde. C’est embêtant quand on vous flanque un buddy pas à l’aise face au courant ou aux grosses bêtes, et qui effraie les poissons à trop s’agiter sous l’eau… Bref. Elle et moi sommes parfaitement synchrones pour cette plongée mythique.

La première impression est à couper le souffle (au sens figuré, bien sûr, mieux vaut continuer à respirer dans son détendeur !). Je ne sais où donner de la tête. Le récif pullule de vie.

Requins pointe-blanche. Sipadan, Malaisie.

On commence par descendre dans la zone des 30 mètres, là où croisent les requins de récifs, gris et pointes blanches. Les battements de cœur s’accélèrent lorsque surgit l’ombre du premier requin, qui s’approche très très près des plongeurs, puis s’éloigne, d’une souple ondulation latérale de la queue.

Et puis Mike, notre dive master, cogne sur sa bouteille avec sa tige de fer. Ding, ding. Il nous fait signe de lever la tête. Un énorme banc de barracudas au-dessus de nous.

Mais voilà que déboule un autre requin, et puis deux autres, dans l’autre sens. Zut. J’aurais dû ôter le flash. Ma photo est ratée, la bête est passée un peu trop loin. Je m’empêtre avec mon appareil-photo, passe au mode vidéo et filme un autre white tip qui a l’obligeance de filer droit sur moi… (Voir la vidéo ci-dessous, à la fin de l’article.)

On remonte ensuite à hauteur d’un immense plateau corallien, dans la zone des 14 mètres. Là, il y a du gros et du petit.

Les requins, toujours, qui viennent se reposer sur le fond. Les tortues, partout. Il y en a tellement qu’on a l’impression de marcher dessus. Ce sont les plus grosses que j’aie jamais vues.

Tortue. Sipadan, Malaisie.

La petite faune tropicale

Et puis ici reprend la traque des bestioles de taille plus modestes parmi les coraux : murènes, frog fishes, crevettes, crabes porcelaine, nudibranches, garden eels qui sortent leur petite tête d’anguille du sable comme autant de minuscules périscopes (il faut à tout prix que je retrouve les noms en français)…

Garden-eel. Sipadan, Malaisie.

Ding, ding. Ding, ding. Mike a un truc à nous montrer toutes les 30 secondes. Je n’ai même plus le temps de prendre mes photos tranquillement !

Murène. Sipadan, Malaisie.

La plongée à Barracuda Point se termine en douceur en eau peu profonde sur le récif corallien, fourmillant de vie et de couleurs.

La faune tropicale habituelle est là : poissons anges, balistes, poissons perroquets, poissons clowns, diagrammes, mérous et même un énorme napoléon verdâtre avec sa bosse sur le front…

Napoléon. Sipadan, Malaisie.

Un « mur » de barracudas

Barracuda Point, site bien nommé…

Je le vérifierai les jours suivants, lors d’une autre plongée : dans un courant de folie, qui nous oblige à nous cramponner au récif et nous fait flotter comme des petits drapeaux au vent, nous contemplons, ébahis, l’interminable défilé d’un énorme banc de barracudas.

Barracudas. Sipadan, Malaisie.

Une impressionnante muraille vif-argent, dense, formée d’une masse mouvante de poissons à la gueule patibulaire, qui nagent tous dans la même direction, propulsés à grande vitesse par le courant…

La vidéo

En bonus, donc, une petite vidéo des requins de Sipadan :

Ajout du 02.09.2009

Je suis retournée à Sipadan, trois ans après les plongées que je raconte ci-dessus. Nouveaux récits, photos et films… Voici les liens vers ces articles plus récents :

  Malaisie : péninsule et Bornéo - juil 2006

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