Quand je ne pose pas avec les requins de Sipadan, je loge à Mabul, l’île voisine. J’habite dans une « longhouse », une « maison longue » sur pilotis au coeur du village. Un dédale de bicoques en tôles et planches de bois mal dégrossies, un peu crado, avec des poules et enfants qui courent partout.
L’endroit est plutôt misérable, mais plein de vie. Les gosses interrompent leurs jeux pour saluer gaiement les touristes qui passent, « Hello! Hello! », ils agitent la main, réclament des photos, prennent la pose les doigts tendus.
Et encore une fois, je me sens comme la reine d’Angleterre en visite, à faire ainsi coucou à tous ces gens que je ne connais pas. Les adultes vous saluent d’un hochement d’un tête, d’un sourire radieux.
L’endroit est bruyant, entre le ronflement des générateurs, le volume des télés poussé à fond, les cris des gamins, les coqs qui cocoricotent à plein gosier.
Tandis que les filles sont de corvées de lessive ou de balayage, les jeunes gars se retrouvent le soir au terrain de volley, où ils disputent des parties acharnées.
Certains s’enhardissent à me demander où je vais, quand je traverse le village pour rejoindre le resort de Borneo Divers, avant l’heure du dîner, pour me connecter au wifi. « Jalan, jalan… » je réponds.
La formule magique fonctionne toujours. Je vais, je viens, je me promène, je me balade.
Le confort de ma guesthouse, Arung Hayatt, est rustique, mais c’est plus sympa et moins aseptisé que les grands resorts chics. Et puis ça n’est pas fréquenté que par des plongeurs ou des touristes occidentaux. Des tas de Malaisiens viennent eux aussi passer un jour ou deux à Mabul, et descendent dans ces longhouses bon marché.
Je quitte Mabul demain. Je suis un peu triste de partir. C’est que je commence à me sentir bien, ici, après une semaine. Presque comme chez moi…
Chez Billabong Scuba, la longhouse voisine, avec qui je plonge, l’ambiance est très sympa aussi. Le staff est adorable et toutes les nationalités se mêlent: Malaisiens et Philippins, Sud-Africains, Américains, Thaïlandais…
Je m’amuse bien, ici. Le soir, on boit des coups au milieu des combis qui sèchent, assis à même le ponton de bois. Il y a toujours un gars pour gratouiller « La chanson de Sipadan » sur sa guitare… Je livrerai le son et les paroles dans un prochain post!
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un ponton en bois, une mer bleue et un ciel….sombre, finalement il fait pas si beau dans ton paradis
ou c’est juste pour ne pas trop nous faire regretter de ne pas être en vacances 
….
en tout cas sympas les photos.
Mais tu nous avais annoncé des plongées extraordinaires, donc c’est pas le tout mais on veut des preuves , des photos, des photos
@Laurence: Le « paradis », ici, est sous l’eau. L’île de Mabul ne ressemble pas tellement au cliché exotique « carte postale tropicale » que nous avons tous en tête. Pas de vraie plage de rêve, pas mal de déchets à traîner dans les coins. Quant au temps, il est tropical: trois-quatre jours de grand beau, suivis de deux-trois jours de ciel gris gorgé d’humidité. Nous avons essuyé une grosse tempête un soir, au début de mon séjour. D’où ce ciel sombre et chargé, du plus bel effet, je trouve, par constraste, avec les flots azur. Nettement plus intéressant qu’un ciel uniformément bleu, non?

Pour les nouvelles livraisons de photos subaquatiques, visite les posts suivants…